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Émile Verhaeren · Modernismo

Les heures du soir — XXIV

francés

Peut-être,
Lorsque mon dernier jour viendra,
Peut-être
Qu'à ma fenêtre,
Ne fût-ce qu'un instant,
Un soleil frêle et tremblotant
Se penchera.

Mes mains alors, mes pauvres mains décolorées
Seront quand même encor par sa gloire dorées;
Il glissera son baiser lent, clair et profond
Une dernière fois, sur ma bouche et mon front,
Et les fleurs de mes yeux, pâles, mais encore fières
Avant de se fermer lui rendront sa lumière.

Soleil, ai-je adoré ta force et ta clarté!
Mon art torride et doux, de son geste suprême,
T'a retenu captif au cœur de mes poèmes;
Comme un champ de blé mûr qui houle au vent d'été,
Telle page t'anime et t'exalte en mes livres,
O toi, soleil qui fais éclore et qui délivres,
O toi, l'immense ami dont l'orgueil a besoin,
Fais qu'à cette heure grave, impérieuse et neuve
Où mon vieux cœur humain sera lourd sous l'épreuve,
Tu sois encor son visiteur et son témoin.

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Dónde vive
La Biblioteca

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Expediente

Autor
Émile Verhaeren
Título
Les heures du soir — XXIV
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-les-heures-du-soir-xxiv--emile-verhaeren-3a997e
Cita recomendada
Émile Verhaeren, «Les heures du soir — XXIV», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-les-heures-du-soir-xxiv--emile-verhaeren-3a997e.html

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