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Émile Verhaeren · Modernismo

Les heures d'après-midi — XXII

francés

C'était en juin, dans le jardin,
C'était notre heure et notre jour;
Et nos jeux regardaient, avec un tel amour,
Les choses,
Qu'il nous semblait que doucement s'ouvraient
Et nous voyaient et nous aimaient
Les roses.

Le ciel était plus pur qu'il ne le fut jamais:
Les insectes et les oiseaux
Volaient dans l'or et dans la joie
D'un air frêle comme la soie;
Et nos baisers étaient si beaux
Qu'ils exaltaient et la lumière et les oiseaux.

On eût dit un bonheur qui tout à coup s'azure
Et veut le ciel entier pour resplendir;
Toute la vie entrait, par de douces brisures,
Dans notre être, pour le grandir.

Et ce n'étaient que cris invocatoires,
Et fous élans et prières et vœux,
Et le besoin, soudain, de recréer des dieux,
Afin de croire.

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La Biblioteca

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Autor
Émile Verhaeren
Título
Les heures d'après-midi — XXII
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-les-heures-d-apres-midi-xxii--emile-verhaeren-3f2db8
Cita recomendada
Émile Verhaeren, «Les heures d'après-midi — XXII», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-les-heures-d-apres-midi-xxii--emile-verhaeren-3f2db8.html

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