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Émile Verhaeren · Modernismo

Les heures d'après-midi — XVIII

francés

Les jours de fraîche et tranquille santé,
Lorsque la vie est belle ainsi qu'une conquête,
Le bon travail prend place à mes côtés,
Comme un ami qu'on fête.

Il vient des pays doux et rayonnants,
Avec des mots plus clairs que les rosées,
Pour y sertir, en les illuminant,
Nos sentiments et nos pensées.

Il saisit l'être en un tourbillon fou;
Il érige l'esprit, sur de géants pilastres;
Il lui verse le feu qui fait vivre les astres;
Il apporte le don d'être Dieu tout à coup.

Et les transports fiévreux et les affres profondes,
Tout sert à sa tragique volonté
De rajeunir le sang de la beauté,
Dans les veines du monde.

Je suis à sa merci, comme une ardente proie.

Aussi, quand je reviens, bien que lassé et lourd,
Vers le repos de ton amour,
Avec les feux de mon idée ample et suprême,
Me semble-t-il—oh! qu'un instant—
Que je t'apporte, en mon cœur haletant,
Le battement de cœur de l'univers lui-même.

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La Biblioteca

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Autor
Émile Verhaeren
Título
Les heures d'après-midi — XVIII
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-les-heures-d-apres-midi-xviii--emile-verhaeren-2ed787
Cita recomendada
Émile Verhaeren, «Les heures d'après-midi — XVIII», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-les-heures-d-apres-midi-xviii--emile-verhaeren-2ed787.html

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