Puisque Mort a prins ma maistresse,
Que sur toutes amer souloye,
Mourir me convient en tristesse,
Certes plus vivre ne pourroye;
Pour ce, par deffaulte de joye
Tres malade, mon testament
J'ai mis en escript doloreux,
Lequel je presente humblement
Devant tous loyaulx amoureux.
Premierement, à la haultesse
Du Dieu d'amours donne et envoye
Mon esperit, et en humblesse
Lui supplie qu'il le convoye
En son Paradis, et pourvoye;
Car je jure que loyaument
L'a servi de vueil desireux;
Advouer le puis vrayement
Devant tous loyaulx amoureux.
Oultre plus, vueil que la richesse
Des biens d'Amours qu'avoir souloye,
Departie, soit à largesse,
A vraiz amans, et ne vouldroye
Que faulx amans, par nulle voye,
En eussent part aucunement;
Oncques n'euz amistié à eulx;
Je le prans sur mon sauvement
Devant tous loyaulx amoureux.
L'ENVOY.
Sans espargnier or, ne monnoye,
Loyaulté veult qu'en terre soye
En sa chapelle grandement;
Dont je me tiens pour bien eureux,
Et l'en mercie chierement
Devant tous loyaulx amoureux.