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PoetósferaLa BibliotecaJoachim Durandeau

Joachim Durandeau · Modernismo

Les Poètes du terroir T I — J. Durandeau

francés

Je voudrais te chanter, ô mon pays d’Auxois,

Où le sabot sonore aux pieds du villageois

Retentit ! Petits monts dénudés dont les crânes

Cachent de vieux tombeaux et de sombres arcanes,

Où le fer des labours rebondit sous la main

Au choc des os gaulois et du glaive romain.

Qu’il me plairait de dire en ta langue rustique

Les exploits de tes preux à cette époque antique

Qui charme notre esprit et fait germer au cœur

L’épi d’or de la gloire et du libre bonheur !

C’est là, sol du Druide, où s’éleva mon âme !

Sur tes dolmens sacrés, où la vaillante lame

De Vercingétorix autrefois se brisa.

L’eau coule au lieu de sang, et l’on m’y baptisa.

Dans un calme village assis près de la Brenne

(Comme ce nom gaulois que l’on connait à peine

Est doux au prononcer !), tout au creux de l’Auxois

Serpenta mon enfance à travers monts et bois.

J’étais sauvage alors ! J’aimais tant à répandre

Partout mon libre instinct ! À monter, à descendre

J’excellais, et souvent mon absence jeta

L’alarme et la douleur au sein qui me porta.

On me croyait perdu lorsque sur toi, Nature,

Je me roulais, fuyant, trop fière créature,

Ce premier pas qui mène aux études sans fin !

Ah ! les fortes leçons qu’exhalait ton grand sein !

Quand maintenant je viens, de mes luttes lointaines

Meurtri, me retremper au frais de tes fontaines

Et contempler encor tes verdoyants contours,

Terre aux flancs argileux chargés de tant de jours,

Il me semble renaître à ton grave sourire,

Tel qu’aux temps où sur moi s’exerçait ton empire !

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Nul barde n’a chanté ta gloire et ta rudesse,

Cependant ! nul n’a dit ce que tient de tendresse

Et d’agreste bonheur ton sein fauve et rugueux !

Nul n’ayant peint tes bois, tes monts, tes vallons creux

Et les robustes cœurs qui luttent sur ta terre,

Auxois, sol ferme et fort, où Buffon, solitaire

Dans sa tour de Montbard, tenta de déchirer

Ce voile où la Nature aime à se retirer,

Hors Buffon, qui de toi prit l’haleine puissante,

Et, durant soixante ans, d’une main incessante,

Compulsant, écrivant, te peignit par endroits,

Nul ne t’ayant chanté, j’élève, moi, la voix !

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Por su autor
Joachim Durandeau
Dónde vive
La Biblioteca

Expediente

Autor
Joachim Durandeau
Título
Les Poètes du terroir T I — J. Durandeau
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-les-poetes-du-terroir-t-i-j-durandeau--joachim-durandeau-62ab97
Cita recomendada
Joachim Durandeau, «Les Poètes du terroir T I — J. Durandeau», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-les-poetes-du-terroir-t-i-j-durandeau--joachim-durandeau-62ab97.html

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