Partout, d'herbes en Mai, d'orges en Juillet pleines,
De lieue en lieue, au loin, depuis le sable ardent
Et les marais sur la Campine s'étendant,
Des plaines, jusqu'aux mers du Nord, partout des plaines!
Autour du plus petit village, où le clocher,
Aigretté d'un coq d'or et reluisant d'ardoises,
Grandit, sur des maisons hautes de quatre toises,
Auprès du bourg pêcheur et du bourg maraîcher,
Toujours, si large et loin que se porte la vue,
Là-bas, où des boeufs noirs beuglent dans les terreaux,
Où des charges de foin passent par tombereaux,
Et puis encor, là-bas, où quelque voile entrevue,
Toute rouge, sur fond diaphane et vermeil,
Fait deviner les flots, la chanson matinière
Des marins qui s'en vont au large, et la rivière
Que sabrent les rayons lamés d'or du soleil,
Partout, soit champ d'avoine, où sont les marjolaines,
Coins de seigle, carrés de lins, arpents de prés,
Partout, bien au-delà des horizons pourprés,
La verte immensité des plaines et des plaines!