Non, mon âme jamais de toi ne s'est lassée!
Au temps de juin, jadis, tu me disais:
«Si je savais, ami, si je savais
Que ma présence, un jour, dût te peser.
Avec mon pauvre cœur et ma triste pensée
Vers n'importe où, je partirais. »
Et doucement ton front montait vers mon baiser.
Et tu disais encore:
«On se déprend de tout et la vie est si pleine!
Et qu'importe qu'elle soit d'or
La chaîne
Qui lie au même anneau d'un port
Nos deux barques humaines!»
Et doucement tes pleurs me laissaient voir ta peine.
Et tu disais,
Et tu disais encore:
«Quittons-nous, quittons-nous, avant les jours mauvais.
Notre existence fut trop haute
Pour se traîner banalement de faute en faute.»
Et tu fuyais et tu fuyais
Et mes deux mains éperdûment te retenaient.
Non, mon âme jamais de toi ne s'est lassée.