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Émile Verhaeren · Modernismo

Les heures d'après-midi — XIII

francés

Les baisers morts des défuntes années
Ont mis leur sceau sur ton visage,
Et, sous le vent morne et rugueux de l'âge,
Bien des roses, parmi tes traits, se sont fanées.

Je ne vois plus ta bouche et tes grands yeux
Luire, comme un matin de fête,
Ni, lentement, se repeser ta tête,
Dans le jardin massif et noir de tes cheveux,

Tes mains chères qui demeurent si douces
Ne viennent plus comme autrefois,
Avec de la lumière au bout des doigts,
Me caresser le front, comme une aube les mousses.

Ta chair jeune et belle, ta chair
Que je parais de mes pensées,
N'a plus sa fraîcheur pure de rosée,
Et tes bras ne sont plus pareils aux rameaux clairs.

Tout tombe, hélas, et se fane sans cesse;
Tout est changé, même ta voix,
Ton corps s'est affaissé comme un pavois,
Pour laisser choir les victoires de la jeunesse.

Mais néanmoins, mon cœur ferme et fervent te dit:
Que m'importent les ans jour à jour alourdis,
Puisque je sais que rien au monde
Ne troublera jamais notre être exalté
Et que notre âme est trop profonde
Pour que l'amour dépende encor de la beauté.

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Autor
Émile Verhaeren
Título
Les heures d'après-midi — XIII
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-les-heures-d-apres-midi-xiii--emile-verhaeren-66c77d
Cita recomendada
Émile Verhaeren, «Les heures d'après-midi — XIII», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-les-heures-d-apres-midi-xiii--emile-verhaeren-66c77d.html

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