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Émile Verhaeren · Modernismo

Les heures claires — VI

francés

Tu arbores parfois cette grâce bénigne
Du matinal jardin tranquille et sinueux
Qui déroule, là-bas, parmi les lointains bleus,
Ses doux chemins courbés en cols de cygne.

Et, d'autres fois, lu m'es le frisson clair
Du vent rapide et exaltant
Qui passe, avec ses doigts d'éclair,
Dans les crins d'eau de l'étang blanc.

Au bon toucher de tes deux mains
Je sens comme des feuilles
Me doucement frôler;
Que midi brûle le jardin,
Les ombres, aussitôt, recueillent
Les paroles chères dont ton être a tremblé.

Chaque moment me semble, grâce à toi,
Passer ainsi, divinement en moi;
Aussi, quand l'heure vient de la nuit blême,
Où tu te cèles en toi-même
En refermant les yeux,
Sens-tu mon doux regard dévotieux,
Plus humble et long qu'une prière,
Remercier le tien sous tes closes paupières.

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Dónde vive
La Biblioteca

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Autor
Émile Verhaeren
Título
Les heures claires — VI
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-les-heures-claires-vi--emile-verhaeren-5c1bf5
Cita recomendada
Émile Verhaeren, «Les heures claires — VI», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-les-heures-claires-vi--emile-verhaeren-5c1bf5.html

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