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Émile Verhaeren · Modernismo

Les heures claires — III

francés

Ce chapiteau barbare, où des monstres se tordent,
Soudés entre eux, à coups de griffes et de dents,
En un tumulte fou de sang, de cris ardents,
De blessures et de gueules qui s'entre-mordent,
C'était moi-même, avant que tu fusses la mienne,
O toi la neuve, ô toi l'ancienne!
Qui vins à moi, du fond de ton éternité
Avec, entre les mains, l'ardeur et la bonté.

Je sens en toi les mêmes choses très profondes
Qu'en moi-même dormir,
Et notre soif de souvenir
Boire l'écho, où nos passés se correspondent.

Nos yeux ont dû pleurer aux mêmes heures
Sans le savoir, pendant l'enfance;
Avoir mêmes effrois, mêmes bonheurs,
Mêmes éclairs de confiance;
Car je te suis lié par l'inconnu
Qui me fixait, jadis, au fond des avenues
Par où passait ma vie aventurière;
Et, certes, si j'avais regardé mieux,
J'aurais pu voir s'ouvrir tes yeux
Depuis longtemps, en ses paupières.

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La Biblioteca

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Autor
Émile Verhaeren
Título
Les heures claires — III
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-les-heures-claires-iii--emile-verhaeren-572fb8
Cita recomendada
Émile Verhaeren, «Les heures claires — III», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-les-heures-claires-iii--emile-verhaeren-572fb8.html

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