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José-Maria de Heredia · Modernismo

La magicienne

francés

En tous lieux, même au pied des autels que j'embrasse,
Je la vois qui m'appelle et m'ouvre ses bras blancs.
Ô père vénérable, ô mère dont les flancs
M'ont porté, suis-je né d'une exécrable race?

L'Eumolpide vengeur n'a point dans Samothrace
Secoué vers le seuil les longs manteaux sanglants,
Et, malgré moi, je fuis, le coeur las, les pieds lents;
J'entends les chiens sacrés qui hurlent sur ma trace.

Partout je sens, j'aspire, à moi-même odieux,
Les noirs enchantements et les sinistres charmes
Dont m'enveloppe encor la colère des Dieux;

Car les grands Dieux ont fait d'irrésistibles armes
De sa bouche enivrante et de ses sombres yeux,
Pour armer contre moi ses baisers et ses larmes.

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Autor
José-Maria de Heredia (1842–1905) · Wikidata Q334970
Título
La magicienne
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-la-magicienne--jose-maria-de-heredia-c8af94
Cita recomendada
José-Maria de Heredia, «La magicienne», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-la-magicienne--jose-maria-de-heredia-c8af94.html

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