.mw-parser-output .personnage{font-weight:bold;font-variant:small-caps}ARGENIE. Croyant voir l’ombre du Duc de Candale ſon premier amant.
Condamner mes plaiſirs & troubler mon repos ;
Va reporte aux Enfers ta noire jalouſie,
Et ne te mêle plus de cenſurer ma vie,
Chargé de tant d’horreurs, de quoi t’aviſes-tu,
De revenir ici me prôner la vertu.
Ne te ſouvient-il plus que je ſuis une Femme,
De qui le C. brûlant ſent ſa plus vive flâme,
Et que de ton vivant, loin de me ſoulager,
Cruel tu débandois à me faire enrager ;
Non je ne te crains plus, tes menaces ſont vaines,
Par ton heureux trépas la mort briſa mes chaînes,
Depuis ce doux moment, prodiguant mes faveurs,
J’ay dans mes intérêts réuni tous les cœurs,
Il faut foutre ou mourir.
LIZE.
De l’eſtime où mon feu pouvoit te maintenir,
Dans le nombre des morts je n’étois pas encore,
Quand tu m’aſſocias Marcelin & Bigdore,
Criſante, Caſtellor, l’Avanturier, l’Abbé,
Le reſte ne vaut pas l’honneur d’être nommé.
Que tu m’a fait ſouffrir, mais mon plus grand ſuplice,
Fut de voir quels amants, étoient à ton ſervice,
Que ſans diſcretion, & ſans cacher ton feu,
Tu fis de plus en plus, à tous venants beau jeu.
Va ton abaiſſement fait honte à ma memoire,
Ma paſſion à part, il y va de ma gloire :
Les Dieux pour t’accabler de malheurs inſinis,
Vont t’élargir le Con, & raçourcir les Vits,
Les plus jeunes fouteurs auront mille foibleſſes,
Toûjours à contre tems tu leveras les feſſes,
Et tes Amants contraints par une dure loi,
Au milieu du coït s’endormiront ſur toi.
Pour un gueux impuiſſant l’amour te rendra folle,
Tes moindres maux ſeront chaude-piſſe ou verolle ;
Enfin Bougreſſe, enfin pour avoir trop foutu,
Un chancre confondra ton con avec ton cul,
L’ombre à peine eut fini ces mots épouvantables :
Qu’il diſparoît :
LIZE.
ARGENIE.
Abandonnez-vous donc à vôtre humeur lubrique,
Et mêlant l’étranger avec le Domeſtique,
Le Prince, le Bourgeois, & le premier venu,
Foutés, foutés Madame, à coüillons rabatu.
ARGENIE.
D’un garçon de vingt-ans, d’un aimable vainqueur,
Qui me dit chaque jour qu’il m’aime & qu’il m’adore,
Vous le connoiſſez bien, c’eſt le charmant Bigdore,
Qui véritablement en reſſentant vos coups,
N’a pas eu de ſujet de ſe plaindre de vous.
Le croyez-vous mon fait, eſt-il homme ſolide,
Vous m’entendez fort bien, ma chere Gelonide.
GELONIDE.
ARGENIE.
Que d’ozer, pour l’ôter, le toucher de la main.
Mais quittons ce propos, chacun fout à ſa guiſe,
Banniſſons les façons, parlons avec franchiſe,
Que me conſeillez-vous ſur ce nouveau fouteur ?
GELONIDE.
Et que faiſant ſemblant de le mettre en levrete,
Le drole en vous parlant toûjours du grand chemin,
Comme s’il ſe trompoit enfiloit le voiſin.
Par inclination c’eſt un branleur de pique.
GELONIDE.
Mais je ſois la brebis, pour f. & vous la Louve.
ARGENIE.
ARGENIE.
BIGDORE.
BIGDORE.
Mon cœur te deſtinoit en ſecret ſa tendreſſe,
Il eſt vrai que le bruit de ton peu de vigueur,
Avoit non ſans raiſon ralenti mon ardeur,
Mais puis qu’il eſt certain, & qu’enfin tu m’aſſure,
Que tout ce qu’on a dit eſt autant d’impoſture,
Je viens t’offrir mon con, m’abandonner à toi,
Et me faire un plaiſir de recevoir ta foi.
BIGDORE.
Aprenez, aprenez enfin à vous connoître,
Sortez, où je vous fais jetter par la fenêtre.
BIGDORE.
Voilà ce qu’à peu près ma colere lui dit ;
Toi qui fais le vaillant quand tu ne vois perſonne,
Et ſur la foi duquel eſt fou qui s’abandonne,
Infame traître à qui je peux donner le nom,
D’une partie honteuſe, avec juſte raiſon,
Toi qui ne prit jamais les gens que par derriere,
Et par qui je reſſemble au Maréchal mon pere,
Dis-moi pourquoi la peur t’a ſi fort racourci,
Que t’ai-je fait ingrat pour me traiter ainſi,
Mais le lache, l’œil morne, & la tête baiſſee,
Sembloit ſe conformer à ma triſte penſée,
C’étoit du tems perdu que lui rien reprocher,
Il étoit à ma voix auſſi ſourd qu’un rocher.
ARGENIE.
Si faut-il convenir qu’on n’en peut voir un autre,
Plus haut, ni plus branlant, plus charmant que le vôtre,
N’eſt-il pas vrai mon cœur ?
ARGENIE.
Comte Jaloux de la Comteſſe,
.mw-parser-output .ws-mpom-strophe{display:inline-block;page-break-inside:avoid;break-inside:avoid}Crois-moi, ne me reproche rien,
Mon ſort eſt moins doux que le tien,
Je ne fous que ta femme, & tu f. ma maîtreſſe.