CADA PIEZA VIVE EN UNA DIRECCIÓN · NADA VIVE EN UNA SOLA SALA  

PoetósferaLa BibliotecaÉmile Verhaeren

Émile Verhaeren · Modernismo

Chanson de fou

francés

Je les ai vus, je les ai vus,
Ils passaient par les sentes,
Avec leurs yeux, comme des fentes,
Et leurs barbes, comme du chanvre.

Deux bras de paille,
Un dos de foin.
Blesses, troués, disjoints,
Ils s'en venaient des loins,
Comme d'une bataille.

Un chapeau mou sur leur oreille,
Un habit vert comme l'oseille;
Ils étaient deux, ils étaient trois,
J'en ai vu dix, qui revenaient du bois.

L'un d'eux a pris mon âme
Et mon âme comme une cloche
Vibre en sa poche.

L'autre a pris ma peau
—Ne le dites à personne—
Ma peau de vieux tambour
Qui sonne.

Quant à mes pieds, ils sont liés,
Par des cordes au terrain ferme;
Regardez-moi, regardez-moi,
Je suis un terme.

Un paysan est survenu
Qui nous piqua dans le sol nu,
Eux tous et moi, vieilles défroques,
Dont les enfants se moquent.

Et nous servons d'épouvantails qui veillent
Aux corbeaux lourds et aux corneilles.

Sigue explorando

Por su autor
Émile Verhaeren · 252 piezas más en la casa
Dónde vive
La Biblioteca

← Chanson de fouChanson de fou →

Expediente

Autor
Émile Verhaeren
Título
Chanson de fou
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-chanson-de-fou--emile-verhaeren-ee0833
Cita recomendada
Émile Verhaeren, «Chanson de fou», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-chanson-de-fou--emile-verhaeren-ee0833.html

Las obras de dominio público se reproducen íntegras, con atribución y en la ortografía de su impreso. ¿Ves una errata o conoces una fuente mejor? Escríbenos desde Sobre la casa.