J'ay esté de la compaignie
Des amoureux moult longuement,
Et m'a Amour, dont le mercie,
Donné de ses biens largement;
Mais au derrain, ne scay comment,
Mon fait est venu au contraire;
Et, à parler ouvertement,
Tout est rompu, c'est à reffaire
Certes, je ne cuidoye mie
Qu'en amer eust tel changement;
Car, chascun dit que c'est la vie
Où il a plus d'esbatement;
Helas! j'ay trouvé autrement;
Car, quant en l'amoureux repaire
Cuidoye vivre seurement,
Tout est rompu, c'est à reffaire.
Au fort, en Amour je m'affie
Qui m'aidera aucunement,
Pour l'amour de sa seigneurie
Que j'ay servie loyaument;
N'oncques ne fis, par mon serement,
Chose qui lui doye desplaire,
Et non pourtant estrangement,
Tout est rompu, c'est à reffaire.
L'ENVOY.
Amour, ordonnez tellement
Que j'aye cause de me taire,
Sans plus dire de cueur dolent:
Tout est rompu, c'est à reffaire.