Pièce traduite de l'anglais.
Quelque soit ton destin, ô ma Nouvelle-Écosse—
Doux nid que le devoir, dans sa rigueur atroce,
M'ordonna de quitter—jusqu'au dernier soupir
Je jure de garder ton tendre souvenir!
A tes monts que l'été couronne de verdure,
A ton sol généreux qui donne sans mesure,
Aux côtes de granit qui te font un rempart,
J'accorde volontiers de mon coeur une part!
Dans tes vieilles forêts—grandes comme un royaume—
Le sapin résineux répand son doux arôme;
Et, défiant toujours l'ouragan furieux,
Le chêne y dresse aussi son front majestueux!
Puis dans tes champs rayonne, à travers la rosée,
Une fleur que ma main à souvent caressée;
Son nom est May flower, l'orgueil de l'Écossais,
Témoin de ses revers et de tous ses succès!
Je n'aurai plus peut-être, un jour, l'heureuse chance
De pouvoir t'admirer, lieu cher de ma naissance!
Mais du moins quand mes yeux verront la May flower,
Ils la contemplerons longtemps avec bonheur...
Adieu, Nouvelle-Écosse, ô ma belle patrie!
Quoique éloigné de toi, je t'aime à la folie!
Si les ans entre nous passent comme les flots,
Mon amour grandira nourri par mes sanglots!
1er mai 1883