Frères chéris, je vous revois encore,
Et sur vos fronts, que le ciel a bénis,
Les purs rayons du feu qui me dévore
Vont resplendir et chasser les ennuis ;
Chantons, chantons, notre carrière est belle,
Les ans pour nous s’échappent sans regrets,
Des cœurs aimants la vie est éternelle,
Les bons enfants ne périront jamais.
Oui, la bonté seule ennoblit les âmes,
L’homme chérit sa sainte autorité ;
En s’animant de ses célestes flammes,
Il prend son vol vers l’immortalité !
En vain l’erreur auprès du Capitole
Dresse au pontife autel, et temple, et dais ;
Nos souvenirs sont pour Vincent de Paule :
Les bons enfants ne périront jamais.
Allons, allons, notre règne commence,
Par notre foi soyons tous transportés ;
Car pour celui que berce l’espérance
Les jours heureux ne sont jamais comptés,
Toujours, toujours il s’agite, il se presse,
Il marche, il court, quelquefois tombe ! mais
La gloire est là, qui vient et le redresse :
Les bons enfants ne périront jamais.
Puis pour sauver notre race indolente,
Troupeaux maudits, famille sans berceau,
De Jésus-Christ, communion sanglante,
La sainte chair est livrée au bourreau ;
Mais d’un sang pur s’il paya nos misères,
Les fils de rois jusqu’au fond des palais
Dans sa parole épellent leurs prières :
Les bons enfants ne périront jamais.