ÉCRIT SUR LE TOMBEAU D’UN PETIT ENFANT AU BORD DE LA MER.
Vieux lierre, frais gazon, herbe, roseaux, corolles;
Église où l’esprit voit le Dieu qu’il rêve ailleurs;
Mouches qui murmurez d’ineffables paroles
À l’oreille du pâtre assoupi dans les fleurs;
Vents, flots, hymne orageux, chœur sans fin, voix sans nombre;
Bois qui faites songer le passant sérieux;
Fruits qui tombez de l’arbre impénétrable et sombre,
Étoiles qui tombez du ciel mystérieux;
Oiseaux aux cris joyeux, vague aux plaintes profondes;
Froid lézard des vieux murs dans les pierres tapi;
Plaines qui répandez vos souffles sur les ondes;
Mer où la perle éclôt, terre où germe l’épi;
Nature d’où tout sort, nature où tout retombe,
Feuilles, nids, doux rameaux que l’air n’ose effleurer,
Ne faites pas de bruit autour de cette tombe;
Laissez l’enfant dormir et la mère pleurer!
Fuente: https://fr.wikisource.org/wiki/LesRayonsetlesOmbres (Victor Hugo, fr.wikisource)