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Alice de Chambrier · Modernismo

Poésie, Éloge de Lamartine — L’Atlantide

francés

Quand le léger vaisseau, dans sa course rapide,

Tendant sa voile au vent, fuit sur l’onde limpide,

Et trace sur la mer un sillon lumineux,

Il semble que l’on voit sous le flot écumeux

Se dresser tout au fond de l’ancien Atlantique

Les palais d’une ville étrange et fantastique ;

Et sur l’onde ridée au souffle du zéphyr,

On entend murmurer, ainsi qu’un long soupir,

Celle qui dort ici sous la nappe liquide.

Comme dans son linceul : c’est la belle Atlantide.

Hélas ! ce lieu n’est plus qu’un immense tombeau.

Un vaste continent repose sous cette eau,

Presqu’ignoré de tous, englouti par les ondes ;

Nul bruit ne vient troubler ses retraites profondes,

Rien ne réveille plus les antiques cités.

De grands coraux ont crû dans les murs incrustés,

Et seuls de noirs requins viennent d’un air avide

Errer sous les palais de l’ancienne Atlantide.

Et pourtant cette ville eut ses jours de grandeur :

Avant de s’engloutir en cette profondeur,

Le grand Océan bleu venait mouiller ses plages,

Et les verts orangers ombrageant ses rivages

Inclinaient mollement leurs cimes sur les eaux,

Lorsqu’un zéphyr léger caressant leurs rameaux

Couvrait de leurs fruits d’or la rive verdoyante ;

Et plus loin vers les monts, magnifique, imposante,

On voyait se dresser la Ville aux grandes tours,

Avec ses hauts palais, pleins d’étranges contours,

Et le peuple joyeux dans la cité splendide,

Disait : « Vis à toujours ! éternelle Atlantide ».

Ils disaient : éternelle. ― Ah ! ne savaient-ils pas,

Les pauvres malheureux, que tout passe ici-bas ?

Pensaient-ils retenir cette gloire éphémère ?

Un soir d’été pourtant ils sentirent la terre

Vaciller sous leurs pas. Puis un sourd grondement

Les frappa de terreur... Quand vint le jour naissant,

Tout avait disparu, rien que la mer immense.

... À l’horizon... partout, un horrible silence ;

Sur les vagues encor quelques tristes débris ;

Et comme un point perdu dans le vaste ciel gris,

Fuyait un Aigle noir, et son aile rapide

Effleurait les grands flots où dormait l’Atlantide.

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Autor
Alice de Chambrier
Título
Poésie, Éloge de Lamartine — L’Atlantide
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-poesie-eloge-de-lamartine-latlantide--alice-de-chambrier-8c51d5
Cita recomendada
Alice de Chambrier, «Poésie, Éloge de Lamartine — L’Atlantide», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-poesie-eloge-de-lamartine-latlantide--alice-de-chambrier-8c51d5.html

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