Ne vaut il pas bien mieus avaler un breuvage
D’amertume confit, dont le goust desplaisant
Avecqu’un peu de mal chasse le mal cuisant,
Qui le cors affoiblis cruellement outrage :
Que boire le dous suc exprimé de l’herbage
D’une froide ciguë, ou Toxique nuisant,
Qui plaisant à humer, de son goust seduisant
Nous donne incontinant le sepulchre en partage ?
Pour attaindre, Mortel, à l’immortalité,
Il faut un peu souffrir, car la felicité
Sous ombre de salut à la mort nous convie.
Ainsi le bon soldat lequel à combattu
L’espace d’un moment en proüesse & vertu,
En recoit de l’honneur tout le long de la vie.