I
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II
Ils naissent, vivent et meurent
Où le bon Dieu les a mis.
Ils ne craignent rien, hormis
Les ciseaux qui les effleurent ;
Leurs rameaux grimpent et pleurent
En écoliers insoumis.
C’est moi qui leur fais la classe,
Ils font les beaux quand je passe,
Ils se sentent, Dieu merci,
Libres sous ma sauvegarde,
Mais je crois qu’ils sont aussi
Bien contents qu’on les regarde.
IV
Sous un coup de vent hautain,
D’un air demi-libertin
Les jeunes semblent sourire.
Les vieux couvrent leurs fronts gris
Et leurs rameaux rabougris
De feuille verte ou vermeille
Et mettent, en vrais lurons,
Leur casquette sur l’oreille
Quand passent les bûcherons.
V
L’orme, quatre fois séculaire,
Offre son ombre circulaire
Aux siestes du troupeau normand.
Le chêne usé dit au vieux hêtre :
Séchons sur pied tranquillement,
Frère, nous avons un doux maître.
VI
— Votre misère me fend l’âme,
Brr ! Quel froid vous devez avoir !
Voilà cent sols, ma bonne femme.
VII