Quand un auguste prince habite ce séjour,
Quand ce palais superbe et ces jardins tranquilles
.mw-parser-output .ws-mpom-strophe{display:inline-block;page-break-inside:avoid;break-inside:avoid}Souvent de sa pompeuse cour
Sont les agréables asiles,
De tout ce qui s’offre à vos yeux
Est-il rien qui doive surprendre ;
Et ne devrait-on pas s’attendre
À voir tant de trésors enrichir ces beaux lieux ?
On fait renaître ici les heureux jours de Rhée ;
Les chagrins en craignent l’entrée,
Ils en sont pour jamais bannis.
L’innocence, les jeux, les plaisirs et les ris
Y règnent partout à leur place :
Ces bocages charmans, ces parterres fleuris
Ne craignent point l’effort de la saison de glace.
Voyez que le ciel est serein ;
Jamais un importun nuage,
Du soleil, en ces lieux, ne couvre le visage ;
Mille couleurs de Flore embellissent le sein ;
Voyez quelle vive verdure
De tant d’aimables fleurs relève la peinture :
Dans ces bois enchantés, écoutez les oiseaux ;
Voyez dans ces fertiles plaines
Errer ces paisibles troupeaux,
Et sur l’émail des prés serpenter les fontaines ;
Voyez jusques aux cieux ces bondissantes eaux ;
Jusqu’au fond des vallons ces bruyantes cascades,
Ces ténébreuses promenades
Dont tous ces bois sont embellis.
Les bergers y sont plus polis,
Les bergères plus gracieuses.
On cesse de vanter, en voyant ces beaux lieux,
Les retraites délicieuses
Qu’habitaient autrefois les dieux.
Dans le sein d’une paix durable,
Ici règne la majesté ;
Ici d’une agréable bonté
La grandeur est inséparable :
Mais rien toutefois d’admirable
Ne vient ici frapper mes yeux,
Que la princesse incomparable
Pour qui s’embellissent ces lieux.