Peut-être as-tu raison. Ce sont des fleurs étranges,
Et traîtresses, avec leurs airs de sceptres d’anges,
De thyrses lumineux pour doigts de séraphins :
Leurs parfums sont trop forts, tout ensemble, et trop fins.
Elle prend la touffe et la regarde.
Peut-être as-tu raison : ce sont des fleurs mauvaises !
On contracte, à frôler ces candeurs, des malaises ;
Leur orgueil solitaire est d’un fâcheux conseil,
Et le rire vaut mieux des roses au soleil.
Respirant les lys.
Ah ! ce parfum ! Je ne sais plus ce qu’il me verse.
Cette mysticité n’est-elle pas perverse ?
Avec une frivolité forcée !
Soit, vivons : trouvons-nous de petits passe-temps !
J’ai mandé mon marchand génois. Mais oui. J’attends
Squarcialico !… J’en suis à me faire des joies
Avec les curieux objets, les pâles soies,
Et j’use de longs jours à choisir des dessins
Imprévus, et des tons mourants pour mes coussins.
Elle s’est assise parmi les coussins du divan.