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PoetósferaLa BibliotecaThéodore de Banville

Théodore de Banville · Modernismo

Hymnis

francés

Il dort encore, une main sur la lyre !

Il ne verra ni mon triste délire

Ni ces longs pleurs qui tombent de mes yeux.

Charmeur divin, tandis que tu sommeilles,

Autour de toi voltigent les abeilles :

Le doux poëte est l’envoyé des Dieux !

La blanche étoile errante aux cieux t’adore.

Ferme tes yeux ravis, sommeille encore,

Anacréon, chanteur mélodieux !

Tandis que fuit la nuit enchanteresse,

Qu’un rhythme heureux te berce et te caresse :

Le doux poëte est l’envoyé des Dieux !

.mw-parser-output .ws-mpom-strophe{display:inline-block;page-break-inside:avoid;break-inside:avoid}Avant de s’endormir, le maître

Écrivait là. Des vers, peut-être,

Pour charmer ces ombrages verts ?

Lisons-les. J’aime tant ses vers !

Que vois-je ? ô cruel ! ô perfide !

« Anacreon à Simonide :

» Tu dis que mon esclave Hymnis

» A la fière beauté d’un lys

» Et remplit tes regards de joie.

» Accepte-la, je te l’envoie.

» Elle excelle à mêler un chant

» Aux soupirs du luth !... »

» Aux soupirs du luth !… »Ô méchant !

Hymnis ! Tes yeux de violettes

Pleurent ?

Pleurent ?Oui. J’ai lu ces tablettes.

Me donner ! moi ! Cruel !

Me donner ! moi ! Cruel !Eh bien !

Pourquoi pas ?

Pourquoi pas ?Dieux ! Ce n’est donc rien

D’avoir en esclave fidèle

Servi mon maître !

Servi mon maître !Que dit-elle ?

Ce n’est donc rien d’avoir été

Chaque jour, hiver comme été,

Soumise à ton moindre caprice,

Sans que mon zèle s’amoindrisse ?

D’avoir vécu toute pour toi ?

Je ne connaissais qu’une loi,

Ta volonté !

Ta volonté !Bon. Qui le nie ?

Être fière de ton génie,

T’environner comme un enfant

Qu’on encourage et qu’on défend,

Avec qui l’on rit et l’on pleure,

C’était ma vie !

C’était ma vie !À la bonne heure.

Tous mes regards suivaient tes pas.

Et tu me donnes !

Et tu me donnes !Pourquoi pas ?

Sous nos pas le ciel a mis

Tous les trésors les plus rares !

Sachons n’être point avares,

Et donner à nos amis

Les biens dont toujours s’affame

Notre esprit.

Notre esprit.Même une femme !

Une femme ? Assurément !

Donner, quoi de plus charmant ?

Le clair soleil donne au monde

L’or de sa lumière blonde,

L’éclair de son feu vermeil,

Et la rose avec délice,

Nous donne son frais calice

À ton sourire pareil !

Le ruisseau d’argent nous donne

Son frais murmure, et l’automne

Le raisin noir et le vin.

À leur exemple fidèle,

Comme eux je donne, ma belle,

Ce que j’ai de plus divin !

Hélas ! comme il me méprise !

Ô mon pauvre amour en fleur !

Je sens que mon cœur se brise

De colère et de douleur !

Comme la chèvre au cytise,

Je ris à la vie en fleur ;

Tous les biens, je les méprise,

Car l’avare est un voleur !

J’obéis, et d’un pas rapide,

Je vais aller chez Simonide.

Poëte aux paroles de feu,

On dit qu’il est beau.

On dit qu’il est beau.Comme un dieu.

Mais par ses vers on le devine.

La strophe, musique divine,

Sur ses lèvres semble un doux miel !

Il parle la langue du ciel.

Je vais donc le trouver.

Je vais donc le trouver.Barbare !

Mais dis, faut-il que je me pare,

Pour ravir ses yeux étonnés,

Des joyaux que tu m’as donnés ?

Sans doute. Prends les pierreries,

Les joyaux aux flammes fleuries.

Quand on donne, il faut donner bien.

Qu’un diadème lydien

Environne ta chevelure.

Sur ton épaule blanche et pure

Jette les colliers de rubis.

Que l’émeraude en tes habits

Coure avec la lueur des vagues.

Mets des bracelets et des bagues !

Je ne laisserai rien ici…

Que mon cœur !

Que mon cœur !Oui, prends tout.

Que mon cœur !Oui, prends tout.Merci.

Je m’en vais t’obéir sur l’heure,

Mon maître !

Mon maître !On dirait qu’elle pleure.

Mais les femmes pleurent toujours !

Dans leurs chagrins, dans leurs amours,

Elles conservent la ressource

De pouvoir se changer en source.

Je sais qu’elles aiment les fleurs

Et les colliers d’or, mais les pleurs

Sont la parure préférée

Des Grâces et de Cythérée.

Quand par un jour de soleil

Le roi Zeus créa la femme,

Il mit sur son front vermeil

Les douceurs d’un pur dictame.

Il mit sur ses bras tremblants

Et sur ses lèvres mi-closes

La majesté des lys blancs

Et l’éclat sanglant des roses.

Ce Roi dans ses fiers sourcils

Où sommeille la nuit noire,

Mit les Désirs indécis

Et l’orgueil de la victoire.

Il mit dans sa douce voix

Pour bercer tous nos délires,

Le vivant frisson des bois

Pleins de chants et de sourires.

Puis, pour augmenter encor

Ces attraits et tous ces charmes,

Enfin, pour dernier trésor

Dans ses yeux il mit des larmes.

Si vous voulez être adorés,

Beaux yeux, c’est le moyen, pleurez !

Moi, je ris. Nature, ô ma mère !

Fou qui trouve la vie amère,

Lorsque, pour nous charmer, les Dieux

Ont fait le chant mélodieux

Et le vin de pourpre et le rire.

Quel est ce doux bruit qui m’attire ?

Ô toi, qui domptant le vautour,

Mets le même frisson d’amour

Dans les ailes et les corolles,

Et qui courbes les herbes folles !

Ô Reine qu’appellent nos vœux,

Toi qui souffles dans nos cheveux

Et qui transfigures notre être,

Aphroditè, désir de naître,

C’est toi, Déesse aux pieds légers,

Que nomment sous les orangers,

Unissant leurs chansons aux miennes,

Les jeunes filles samiennes.

Blanche perle du flot dormant,

Elles chantent folâtrement

Ta joie et tes métamorphoses,

En effeuillant les pâles roses

Et les églantines des bois.

Écoutons leurs charmantes voix.

Aphroditè, l’Aurore

AphroditèT’adore.

Sous les clairs firmaments,

La mer bleue et sonore

Baise tes pieds charmants !

La vague enchanteresse

La VagueCaresse

Tes bras glacés encor,

Et sur ton cou, Déesse,

Frissonnent des fleurs d’or.

Ô toi qui d’étincelles

Ô toi quiRuisselles

Parmi les frais zéphyrs,

Répands sur nous les ailes

De tes fils, les Désirs !

Avec ce chant qui me caresse,

Je ne sais quelle folle ivresse

M’environne et vient me saisir.

Ô tyran des âmes, Désir,

C’est toi qui me prends à ton piège !

Hymnis ! J’aime son bras de neige

Sous ce bracelet rayonnant !

Suis-je assez belle maintenant

Pour être offerte à Simonide ?

Comment me trouves-tu ?

Comment me trouves-tu ?Splendide.

Et je donne ce trésor ! Mais

Par Bacchos ! je n’ai fait jamais

Rien de plus fou !

Rien de plus fou !Donc, je suis belle ?

Telle de l’écume rebelle

Naquit Cypris au divin nom !

Eh bien ! sois content. Je pars.

Eh bien ! sois content. Je pars.Non,

Pas encor.

Pas encor.Viens. Le soleil joue

Parmi les roses de ta joue ;

J’en veux faire un friand repas,

Hymnis !

Hymnis !Non ! Tu ne m’aimes pas !

Eh ! qu’importe, blancheur de cygne !

Le sang glorieux de la vigne,

Le vin adorable et vainqueur,

Lorsqu’il me met la joie au cœur

Me demande-t-il si je l’aime ?

Enivre-moi, vivant poème !

Sommeille ! Laisse-moi poser

Sur tes bras nus un long baiser

Et baisse ta prunelle noire !

L’Amour, si j’ai bonne mémoire,

Est de la race des Titans ;

On l’a vu jeune, mais du temps

Des Typhons et des Polyphèmes.

Il doit être mort !

Il doit être mort !Tu blasphèmes !

Tais-toi !

Tais-toi !Non !

Tais-toi ! Non !Tiens ! Au ciel serein

La foudre avec sa voix d’airain

Gronde ! Tiens, la pluie et l’orage

Se sont déchaînés avec rage.

C’est Zeus qui pleure dans l’éther.

Les fauves serpents de l’éclair

Poursuivent l’aigle dans son aire !

Tout succombe et meurt.

Tout succombe et meurt.Le tonnerre

Éclate !

Éclate !Vois. Ses derniers coups

Ont déraciné près de nous

Cet arbre, géant comme Antée !

C’est vrai. La terre épouvantée

Gémit. On dirait qu’en ce lieu

Hymnis, il va venir un dieu !

Pan, pan, pan ! Ouvrez la porte

Et daignez me secourir !

On a frappé.

On a frappé.Que m’importe !

Ouvrez-moi ; je vais mourir

Si votre cœur me repousse !

N’ouvre pas, c’est un voleur.

Avec cette voix si douce !

Prends pitié de son malheur.

Accueillez-moi, je succombe.

Je ne suis qu’un pauvre enfant.

Contre l’orage qui tombe

Nul abri ne me défend.

Sur mes yeux, qu’en vain j’essuie,

Tressaille un souffle inconnu ;

Mon manteau trempé de pluie

Ruisselle, et mon front est nu !

Vois, l’orage augmente encore !

Le ciel est tout obscurci.

J’ouvre au passant qui t’implore.

Entre, voyageur.

Entre, voyageur.Merci.

Qu’il est beau ! ses grands yeux

Qu’il esSous leurs voiles,

Ses yeux délicieux

Ont l’éclat radieux

Qu’il esDes étoiles !

Ah ! prends garde à mes yeux !

Qu’il esSous leurs voiles,

Mes yeux malicieux

Ont l’éclat radieux

Qu’il esDes étoiles !

Errant, chasseur lassé

Qu’il esDans la plaine,

Les ronces m’ont blessé ;

L’eau du ciel a glacé

Qu’il esMon haleine !

Son front de flamme et d’or

Qu’il esÉtincelle ;

Mais sur ce fier trésor

Je sens la pluie encor

Qu’il esQui ruisselle !

Donc les Dieux inhumains

Qu’il esT’abandonnent !

J’errais par les chemins !

Viens, réchauffons ses mains

Qu’il esQui frissonnent !

Qu’il est beau ! ses grands yeux

Qu’il esSous leurs voiles,

Ses yeux délicieux

Ont l’éclat radieux

Qu’il esDes étoiles !

Ah ! prends garde à mes yeux !

Qu’il esSous leurs voiles,

Mes yeux malicieux

Ont l’éclat radieux

Qu’il esDes étoiles !

Le pauvre enfant ! Vois comme il tremble.

Ce n’est rien, mon hôte.

Ce n’est rien, mon hôte.Il ressemble

À Cypris. Ses yeux ingénus

Pleurent !

Pleurent !Essuyons ses bras nus.

Donc, tandis que l’ouragan sombre

Dans les sentiers du bois plein d’ombre

Met en fuite même les loups,

Et tandis que le vent jaloux

Gémit éploré dans les feuilles,

Toi, bon étranger, tu m’accueilles !

Oui, par la déesse Erato !

Hymnis, fais sécher ce manteau.

Va.

Va.Je ne sais quelle espérance

Naît en moi !

Naît en moi !J’ai vu ta souffrance,

Ô pauvre lys déjà penchant !

Mais, dis, —

Mais, dis,Veux-tu que ce méchant

Tombe à tes pieds et ne respire

Que pour épier ton sourire,

Et désormais n’aime plus rien

Que toi ?

Que toi ?Si je le veux !

Que toi ?Si je le veux !Eh bien…

J’obéirai !

J’obéirai !Goûte, cher hôte.

À ces fruits. Ne t’en fais pas faute.

Tiens, prends.

Tiens, prends.Non. Je n’en mange pas.

Quoi ! Tu dédaignes les appas

De ces raisins aux lueurs chaudes

Semblables à des émeraudes,

Et ces figues, dont le doux miel

Attire les oiseaux du ciel,

Caché sous une écorce dure ?

Oui.

Oui.Quelle étrange nourriture

Aimes-tu donc ?

Aimes-tu donc ?Je me nourris

De vains désirs, d’espoirs flétris,

D’un soupir joyeux ou frivole,

D’un parfum de rose, qui vole

Près de moi dans l’air adouci,

Comme en un rêve.

Comme en un rêve.Oh ! qu’est ceci ?

Voilà de la viande bien creuse.

Avec sa mine aventureuse

Cet enfant se moque de moi.

Bois donc ce vin digne d’un roi,

Dont le flot, plein de soleil jaune,

Fait délirer le jeune faune

Qui danse en riant dans les bois !

Tiens.

Tiens.Non.

Tiens.Non.Que bois-tu donc ?

Tiens.Non.Que bois-tu donc ?Je bois

Un vin amer et plein de charmes,

Qui parfois a le goût des larmes.

Voilà de quoi mourir de faim

Et de soif !

Et de soif !Tu crois ?

Et de soif !Tu crois ?Mais enfin,

Réponds, enfant à l’âme fière ;

Pour errer seul dans la clairière

Avec le pâtre et le bandit,

Qui donc es-tu ?

Qui donc es-tu ?Je te l’ai dit :

Un chasseur.

Un chasseur.Un voleur, sans doute !

Soir et matin, je suis en route

À travers chemins et ruisseaux,

Chassant la biche ou les oiseaux

Dans l’herbe, de rosée humide,

Et poursuivant le cerf timide

Jusque dans son dernier abri.

Quoi donc ! Tu n’es pas attendri

De voir sur sa tremblante vie

Pleurer la biche poursuivie,

Triste, et déjà morte à moitié ?

Je ne connais pas la pitié.

L’oiseau qui se lamente

LaEn de longs appels,

La gabelle charmante,

LaLes aigles cruels,

Tout ce que la nature

Cache en sa nuit obscure,

Craint la folle morsure

LaDe mes traits mortels !

Dans le ciel roseAh !

DansC’est mon bonheur, dès que l’aurore

Dans le ciel rose au loin prend son essor,

DansD’éveiller la forêt sonore

Et les vallons dormants, au bruit du cor !

Parmi les monts sublimes

PaErrant à loisir,

Tourmenter des victimes,

PaVoilà mon désir.

Lorsque ma proie expire,

Je ne fais que sourire,

Et son cruel martyre

PaEst mon seul plaisir !

Dans le ciel roseAh !

DansJ’éveille la forêt sonore

Et les vallons dormants, au bruit du cor,

DansEt la même ardeur me dévore

Quand sur les monts paraît le soleil d’or !

Dans le ciel roseAh !

DansC’est son bonheur, dès que l’aurore

Dans le ciel rose au loin prend son essor,

DansD’éveiller la forêt sonore

Et les vallons dormants, au bruit du cor !

Mais toute la nature en fête

S’éveille. Au revoir, mon poëte.

Car, tandis qu’ici nous parlons,

Le gai soleil, sur les vallons

D’où montent de blanches fumées,

Verse des roses enflammées

Et paraît dans son char de feu,

Mon hôte.

Mon hôte.Quoi ! tu pars !

Mon hôte.Quoi ! tu pars !Adieu.

Oh ! ne me prive pas de ta vue adorable,

Mystérieux chasseur, de grâce revêtu !

Si. Tu m’as accueilli souffrant et misérable,

Et maintenant, je pars.

Et maintenant, je pars.Bel enfant, où vas-tu ?

Au bois sombre, où gémit, près du chêne abattu,

Au bois sLe vert feuillage de l’érable !

Au bois somVoyons, pour m’enfuir là-bas,

Plus léger que l’hirondelle,

Si les pleurs du ciel n’ont pas

Détendu mon arc fidèle.

Que fais-tu ?

Que fais-tu ?Rien. C’est par jeu.

Tu m’as blessé.

Tu m’as blessé.Chose sûre.

Je t’ai blessé, mais dans peu

Tu chériras ta blessure.

Peut-être, bel enfant ; mais reste encor !

Peut-être, bel enfant ; mais reste encor !Adieu.

Voyez ! j’encourage

Ce cruel enfant,

Et contre l’orage

Mon toit le défend !

L’ingrat tout à l’heure

M’en fait repentir :

Et pourtant je pleure

De le voir partir !

Sans craindre ma rage,

Ce poëte enfant

Jetait son outrage

Au dieu triomphant !

Mon arc tout à l’heure

L’en fait repentir :

Cependant il pleure

De me voir partir !

Reste, enfant à l’œil de feu

Éclatant comme une aurore !

Je m’enfuis vers le ciel bleu

Et vers la forêt sonore.

Ainsi je perds tes yeux, ta voix, ton front de lys !

Je ne te verrai plus !

Je ne te verrai plus !Si. Dans les yeux d’Hymnis !

Voyez ! j’encourage

Ce cruel enfant,

Et contre l’orage

Mon toit le défend !

L’ingrat tout à l’heure

M’en fait repentir :

Cependant je pleure

De le voir partir !

Sans craindre ma rage,

Ce poëte enfant

Jetait son outrage

Au dieu triomphant !

Mon arc tout à l’heure

L’en fait repentir :

Cependant il pleure

De me voir partir !

Venu dans l’orage,

Ce divin enfant

A rempli de rage

Mon cœur triomphant !

C’est moi tout à l’heure

Qui devais partir :

Mais l’ingrat qui pleure

Va se repentir !

Dieux ! Hymnis ! pâle, épouvantée

Sous la nébride tachetée !

Enfant, quel est ce cruel jeu ?

Dis ?

Dis ?Je vais où m’emporte un dieu !

DansÀ toi Lyæos,

DansGlorieux Bacchos !

Dans l’ardeur qui me déchire,

DansLe cœur plein de toi,

DansJe t’offre, ô mon roi,

Ma fureur et mon délire !

Dans lePour t’accueillir

Dans leJe vais cueillir

Dans leJe vaLa menthe,

Dans leEt dans les bois

Dans leJe suis ta voix

Dans leJe vaCharmante.

DansVerse, ô jeune dieu,

DansTon nectar de feu

Dans le cœur de ton amante !

Hymnis !

Hymnis !Le plaisir est ma loi !

Viens, ma colombe.

Viens, ma colombe.Laisse-moi.

Chère Hymnis !

Le remEffeuillons les roses !

Le remède aux ennuis moroses,

C’est la volupté.

C’est la volupté.C’est l’amour !

Non ! Je veux au bruit du tambour,

Mener les danses provocantes,

Bromios ! avec tes bacchantes !

PleiLe thyrse à la main,

PleiJe suis ton chemin

Plein de chants et de lumière.

PleiMon pied bondissant

PleiVers les bois descend,

Et mon front est ceint de lierre !

Et monÔ dieu des forts,

Et monQui seul endors

Et mon fronNos haines,

Mets leQui d’un baiser

Mets leSauras briser

Mets leSaurMes chaînes,

MetsDieu ressuscité

MetsPour la volupté,

Mets le soleil dans mes veines !

MetsPlus de lendemain !

MetsSon chant inhumain

Vole et fuit vers la lumière !

MetsSon pied bondissant

MetsVers les bois descend

Et son front est ceint de lierre !

Et son Amour des forts,

Et son Qui, seul, endors,

Et son fronNos peines,

Et son Que ton baiser

Et son Vienne embraser

Et son fronSes veines !

MetsÔ fils d’Astarté

MetsBrillant de clarté,

Reprends son cœur dans tes chaînes !

Non, ce n’est pas toi que j’entends,

Hymnis ! Quand l’aile du printemps

Ouvre le cœur de l’églantine,

C’est toi, vierge pâle et divine,

Front d’innocence couronne,

Qui chantes cet hymne effréné !

J’ai fait ce que tu me conseilles !

J’égrène les grappes vermeilles

Dans la coupe au robuste flanc,

Pour goûter leur précieux sang.

Je me voue au plaisir frivole,

Et ma chevelure s’envole,

Ivre et flottante, sur mon cou !

J’étais insensé. J’étais fou.

Mais ce passé, je le renie,

Et je vois ton âme infinie

Profonde comme le ciel bleu !

Pardonne-moi.

Pardonne-moi.Jamais. Adieu.

Je te quitte.

Je te quitte.Non. Que ta bouche

Ne dise plus ce mot farouche.

Oh ! reste encor pour m’enchanter !

Mais quoi ! tu ne peux me quitter ;

Comme Zeus la tremblante Europe,

Mon regard brûlant t’enveloppe.

Ô toi, seul trésor qui m’est cher !

Comme un trait fixé dans ta chair,

Partout, sur l’or du frais rivage,

Dans les bois, dans l’antre sauvage

Avec toi tu l’emporteras.

Où le fuiras-tu ?

Où le fuiras-tu ?Dans tes bras !

Hymnis ! ô moitié de moi-même,

Chère Hymnis ! je t’aime.

Chère Hymnis ! je t’aime.Je t’aime !

Ah ! nous sommes bénis !

Ah ! noPlus de fièvres !

Comme dans les doux nids,

Les chants naissent unis

Ah ! noSur nos lèvres !

Mais quel est ce chasseur

Mais qQui me garde

Ta charmante douceur,

Ô ma gloire ! ô ma sœur ?

Mais qTiens ! regarde !

C’est l’Amour !

C’est le dieuC’est l’enfant

C’est leQue la terre

Idolâtre et défend :

C’est le dieu triomphant

C’est leDe Cythère !

Ce héros dont le cœur

Ce HérEst sans voiles,

C’est le Roi, le vainqueur :

Sa voix guide le chœur

Ce HérDes Étoiles !

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Por su autor
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Autor
Théodore de Banville
Título
Hymnis
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-hymnis--theodore-de-banville-5f3eee
Cita recomendada
Théodore de Banville, «Hymnis», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-hymnis--theodore-de-banville-5f3eee.html

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