Las de ses fers, le siècle dix-huitième
D’un bras d’airain balayait trône, autel ;
Peuples et rois, traînant son anathème,
S’enveloppaient d’un suaire éternel.
Tout périssait dans ce vaste naufrage ;
Tout n’était plus qu’un immense tombeau ;
Quand pour sauver du monde le vaisseau,
Dieu d’un sourire a dissipé l’orage ;
Et son amour, calmant notre douleur,
Dans ce danger nous promet un sauveur.
« Dis aux chrétiens que les vœux du Messie
« Sont incompris de leurs sens égarés,
« Que trop longtemps ils se sont massacrés,
« En altérant sa sainte prophétie. »
Dieu dit. Alors à sa puissante voix,
L’homme nouveau commence ses exploits.
« Assez de sang inondait la planète.
« Dieu ne veut plus d’héroïques bourreaux ;
« Et fatigué, soldat, de la tempête,
« Brise ton glaive et change tes drapeaux.
« Vois d’Albion, de la jeune Amérique,
« Du saint travail l’étendard noble et fort !
« Que l’industrie, embrasant ton essor,
« Te donne enfin la gloire pacifique ! »
À cet appel du saint révélateur
Tout sol répond, tout peuple est travailleur.