CADA PIEZA VIVE EN UNA DIRECCIÓN · NADA VIVE EN UNA SOLA SALA  

PoetósferaLa BibliotecaVictor Hugo

Victor Hugo · Romanticismo

Que nous avons le doute en nous

francés

De nos jours, — plaignez-nous, vous, douce et noble femme ! —
L’intérieur de l’homme offre un sombre tableau.
Un serpent est visible en la source de l’eau,
Et l’incrédulité rampe au fond de notre âme.
Vous qui n’avez jamais de sourire moqueur
Pour les accablements dont une âme est troublée,
Vous qui vivez sereine, attentive et voilée,
Homme par la pensée et femme par le cœur,
Si vous me demandez, vous muse, à moi poète,
D’où vient qu’un rêve obscur semble agiter mes jours,
Que mon front est couvert d’ombres, et que toujours,
Comme un rameau dans l’air, ma vie est inquiète ;
Pourquoi je cherche un sens au murmure des vents ;
Pourquoi souvent, morose et pensif dès la veille,
Quand l’horizon blanchit à peine, je m’éveille
Même avant les oiseaux, même avant les enfants ;
Et pourquoi, quand la brume a déchiré ses voiles,
Comme dans un palais dont je ferais le tour,
Je vais dans le vallon, contemplant tour-à-tour
Et le tapis de fleurs et le plafond d’étoiles ?
Je vous dirai qu’en moi je porte un ennemi,
Le doute, qui m’emmène errer dans le bois sombre,
Spectre myope et sourd, qui, fait de jour et d’ombre,
Montre et cache à la fois toute chose à demi !
Je vous dirai qu’en moi j’interroge à toute heure
Un instinct qui bégaie, en mes sens prisonnier,
Près du besoin de croire un désir de nier,
Et l’esprit qui ricane auprès du cœur qui, pleure !
Aussi vous me voyez souvent parlant tout bas ;
Et comme un mendiant, à la bouche affamée,
Qui rêve assis devant une porte fermée,
On dirait que j’attends quelqu’un qui n’ouvre pas.
Le doute ! mot funèbre et qu’en lettres de flammes,
Je vois écrit partout, dans l’aube, dans l’éclair,
Dans l’azur de ce ciel, mystérieux et clair,
Transparent pour les yeux, impénétrable aux âmes !
C’est notre mal à nous, enfants des passions
Dont l’esprit n’atteint pas votre calme sublime ;
A nous dont le berceau, risqué sur un abîme,
Vogua sur le flot noir des révolutions.
Les superstitions, ces hideuses vipères,
Fourmillent sous nos fronts où tout germe est flétri.
Nous portons dans nos cœurs le cadavre pourri
De la religion qui vivait dans nos pères.
Voilà pourquoi je vais, triste et réfléchissant,
Pourquoi souvent, la nuit, je regarde et j’écoute.
Solitaire, et marchant au hasard sur la route
A l’heure où le passant semble étrange au passant.
Heureux qui peut aimer, et qui dans la nuit noire,
Tout en cherchant la foi, peut rencontrer l’amour !
Il a du moins la lampe en attendant le jour.
Heureux ce cœur ! Aimer, c’est la moitié de croire.

Fuente: https://fr.wikisource.org/wiki/Les%20Chants%20du%20cr%C3%A9puscule%2FQue%20nous%20avons%20le%20doute%20en%20nous

Sigue explorando

Por su autor
Victor Hugo · 404 piezas más en la casa
Dónde vive
La Biblioteca
Parientes
« Puisque nos heures sont remplies » Victor Hugo · Dédain Victor Hugo · Les Metamorphoses Du Vampire Charles Baudelaire · Recueillement Charles Baudelaire · Ciel brouillé Charles Baudelaire
Sácame de aquí
In the Night Amy Levy — otra lengua (inglés); otra época (Modernismo); comparten el amor

← "Que le sort, quel qu'il soit, vous trouve toujours grande!"« Que t’importe, mon cœur… » →

Expediente

Autor
Victor Hugo (1802–1885) · Wikidata Q535
Título
Que nous avons le doute en nous
Lengua
francés
Época
Romanticismo
Fuente
Les Chants du crépuscule (1835)
Sala
La Biblioteca
Identificador
que-nous-avons-le-doute-en-nous--hugo
Cita recomendada
Victor Hugo, «Que nous avons le doute en nous», Poetósfera, poetosfera.com/p/que-nous-avons-le-doute-en-nous--hugo.html

Las obras de dominio público se reproducen íntegras, con atribución y en la ortografía de su impreso. ¿Ves una errata o conoces una fuente mejor? Escríbenos desde Sobre la casa.