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PoetósferaLa BibliotecaFélix Régamey

Félix Régamey · Modernismo

Verlaine Dessinateur

francés

Mais un entre autres me troubla,

Or, ce vieillard était horrible : un de ses yeux.

Crevé, saignait, tandis que l’autre, chassieux,

Brutalement luisait sous le sourcil en brosse !

J’crach’ pas sur Paris, c’est rien chouette !

Mais comme j’ai une âme d’poëte

Tous les dimanches j’sors de ma boîte

Et j’m’en vais, avec ma compagne

À la campagne.

Nous prenons un train de banlieue

Qui nous brouette à quelques lieues

Dans le vrai pays du p’tit bleu…

On n’boit pas tous les jours d’champagne

À la campagne.

Elle met sa rob’ de la Reine-Blanche,

Moi j’emporte ma pip’ la plus blanche,

J’ai pas d’chemis’, mais j’mets des manches,

Car il faut que l’élégance règne

À la campègne.

Paul Verlaine (Félix Régamey pingebat)

Muet, inattentif aux choses de la rue,

Digère, cependant qu’à deux pas l’on se bat,

Sa ration de lard et sa part de morue.

Paul Verlaine (Félix Régamey pingebat)

Muet, inattentif aux choses de la rue,

Digère, cependant qu’au lointain on se bat,

Sa ration de lard et son quart de morue.

Dans la ville de Paris,

M… M… pour Versailles

Dans la ville de Paris

Y a deux académies.

L’une ousqui sont quarante

Qui vivent de leurs rentes,

L’autre au quartier latin,

Qui s’tient chez le chand d’vin.

J’em… l’assemblée (bis),

J’en… Mossieu Thiers

Et la vieille Changarnierrr !

La première fleur m’a dit : Livre

À l’oubli ta brève douleur

Voici le Printemps ! — Mais le givre

A tué la première fleur

Hier la première hirondelle

M’a dit : C’est le Printemps, c’est lui !

La bise a soufflé : d’un coup d’aile

L’hirondelle première a fui

La grimace du vieux Décembre

Masquant le sourire d’Avril,

Je songeais, frileux dans ma chambre,

« L’hiver jamais finira-t-il ? »

Mais voici passer la première

Amoureuse : seins palpitants,

Œil plein d’azur et de lumière.

Et, cette fois, c’est le Printemps !

Ma mignonne, ô mon chère souci,

allons-nous en bien loin d’ici,

bien plus loin que l’île d’Asnières,

où, dédaigneuse de s’asseoir

dans l’herbe pour s’aimer, le soir,

les cocottes font des manières.

Ton caprice vaut des raisons :

il fait luire les horizons

à la distance de cent lieues ;

vient dans la bonne odeur des pains ;

ils sont toujours verts, il sont peints

sur les grandes montagnes bleues.

Nous n’irons pas où chacun va,

tout ce que ton désir rêva

c’est la pente proche ou lointaine

où sur le vieux banc d’un châlet

on a des fraises et du lait

avec le glacier pour fontaine.

Et puis, claires de toutes parts,

la cloche des troupeaux épars,

le tonnerre des avalanches ;

les bonnes vaches qui font peur

l’aube de nacre, ou la vapeur

nocturne aux front des neiges blanches.

Nous reviendrons pourtant, vois-tu ;

l’Oberland a cette vertu

de faire regretter les roses ;

et nous aurions pour nos amours

les longs hivers, et les retours

des avrils frêles et moroses.

Dites n’avez vous pas lecteur, l’âme attendrie

Contemplé quelque fois son image chérie ?

Tête pâle appuyé au revers de la main

César rêve d’hier et pense au lendemain

Il évoque les jours de gloire et d’ordre, et songe

aux jours où le crédit n’était pas un mensonge

au moins, il s’attendrit sur les chemins de fer

Très mous et sur l’emprunt inférieur au pair,

Puis, triste, il rêve, cœur qu’on nâvre et qui s’éffrite

À sa si blanche à sa si pâle marguerite !

L’enfant qui ramassa les balles, le Pubère

Où circule le sang de l’exil et d’un Père

Illustre entend germer sa vie avec l’espoir

De sa figure et de sa stature et veut voir

Des rideaux autres que ceux du Trône et des Crèches.

Aussi son buste exquis n’aspire pas aux brèches

De l’Avenir ! — il a laissé l’ancien jouet. —

Ô son doux rêve ô son bel Enghien* ! Son œil est

Approfondi par quelque immense solitude ;

"Pauvre jeune homme, il a sans doute l’Habitude !"

parce que "Enghien chez soi" !

Ô cloître Saint-Merry funèbre ! sombres rues !

Je ne foule jamais votre morne pavé

Sans frissonner devant les affres apparues.

Toujours ton mur en vain recrépit et lavé,

Ô maison Transnonain ! coin maudit, angle infâme

Saignera monstrueux dans mon cœur soulevé.

Quelques-uns d’entre ceux de Juillet, que le blâme

De leurs livres repus ne découragea point.

Crurent bon de montrer la candeur de leur âme.

Alors, dupes, — eh bien ! ils l’étaient à ce point

De mourir pour leur œuvre incomplète et trahie ! —

Ils moururent contents, le drapeau rouge au poing.

Mort grotesque d’ailleurs, car la tourbe ébahie

Et pâle des bourgeois, leurs vainqueurs étonnés,

Ne comprit rien du tout à leur cause haïe.

C’étaient des jeunes gens francs qui riaient au nez

De tout intrigant comme au nez de tout despote,

Et de tout compromis désillusionnés.

Ils ne redoutaient pas pour la France la botte

Et l’éperon d’un czar absolu beaucoup plus

Que la molette d’un monarque en redingote.

Ils voulaient le devoir et le droit absolus,

Ils voulaient « la cavale indomptée et rebelle »,

Le soleil sans couchant, l’Océan sans reflux.

La République ! ils la voulaient terrible et belle,

Rouge et non tricolore, et demeuraient très froids

Quant à la liberté constitutionnelle.

Ils étaient peu nombreux, tout au plus deux ou trois

Centaines d’écoliers ayant maîtresse et mère,

Faits hommes par la haine et le dégoût des rois.

Ils savaient qu’ils allaient mourir pour leur chimère

Et n’avaient pas l’espoir de vaincre ; c’est pourquoi

Un orgueil douloureux crispait leur lèvre amère ;

Et c’est pourquoi leurs yeux réverbéraient la foi

Calme ironiquement des martyres stériles

Quand ils tombèrent sous les balles de la loi.

Et tous, comme à Pharsale et comme aux Thermopyles,

Vendirent cher leur vie et tinrent en échec,

Par deux fois, le courroux des généraux habiles.

Aussi, quand sous le nombre ils fléchirent, avec

Quelle rage les bons bourgeois de la milice

Tuèrent les blessés indomptés à l’œil sec !

Et dans le sang sacré des morts, où le pied glisse.

Barbotèrent, sauveurs tardifs et nasillards

Du nouveau Capitole et du Roi, leur complice !

— Jeunes morts, qui seriez aujourd’hui des vieillards,

Nous envions, hélas ! nous vos fils, nous la France,

Jusqu’au deuil qui suivit vos humbles corbillards.

Votre mort, en dépit des serments d’allégeance,

Fut-elle pas pleurée, admirée, et plus tard

Vengée, et vos vengeurs sont-ils pas sans vengeance ?

Ils gisent, vos vengeurs, à Montmartre, à Clamart,

Ou sont devenus fous au soleil de Cayenne,

Ou vivent diffamés et pauvres à l’écart.

Oh ! oui, nous envions la fin stoïcienne

De ces calmes héros, et surtout jalousons

Leurs yeux clos à propos en une époque ancienne.

Car leurs yeux contemplant de lointains horizons

Se fermèrent parmi des visions sublimes,

Vierges de lâcheté comme de trahisons,

Et ne virent jamais, jamais ce que nous vîmes.

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Por su autor
Félix Régamey
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Autor
Félix Régamey
Título
Verlaine Dessinateur
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
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Cita recomendada
Félix Régamey, «Verlaine Dessinateur», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-verlaine-dessinateur--felix-regamey-d68d40.html

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