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François Coppée · Modernismo

Une Famille de Soldats

francés

L’AÏEUL

Né sous le chaume et fils de pauvres paysans,

Mais sachant lire, il vient à la ville, à seize ans,

Chez son oncle, un charron, pour son apprentissage

Ce solide garçon, laborieux et sage,

Ne s’imagine pas qu’il doive, un jour, chercher

Aventure et quitter l’ombre de son clocher.

Quand son patron, un soir, au repas de famille,

Annonce qu’à Paris on a pris la Bastille,

Et raconte plus tard qu’on y traite en vaincu

Ce roi dont le profil brille sur chaque écu,

L’enfant, certe, est surpris, mais il ne comprend guère ;

Et ce n’est que trois ans après, quand vient la guerre,

Que, jeune homme, il s’émeut pour le danger public.

« Vive la nation ! » L’outrage de Brunswick.

Le soufflette et lui met la chaleur à la joue.

Un jour qu’il est en train de ferrer une roue,

Il entend le tambour, là-bas, près du marché.

Il y court. Le tribun, sur l’estrade juché,

Criant, gesticulant et parlant comme un livre,

La foule, les soldats, les drapeaux, tout l’enivre.

Bras nus, tenant encore d’une main son outil,

Vite, il signe, il s’enrôle, il réclame un fusil.

A son robuste corps, du premier coup, adhère

Cet habit bleu qui va devenir légendaire

Et qui, pendant vingt ans, fera fuir l’ennemi ;

Et, devant le moulin mitraillé de Valmy,

Voilà qu’il sent en lui battre un cœur intrépide.

C’était alors un temps d’avancement rapide ;

Mais le simple soldat Jean Morel, — c’est son nom, —

Malgré son brave instinct de marcher au canon

Et le fusil d’honneur que Jourdan lui décerne

Pour ses hauts faits, n’a nul bâton dans sa giberne.

La main près de la tempe et de respect roidi,

Quand il vient saluer Bonaparte, à Lodi,

Du nom du caporal, il n’a pas d’autre grade.

Il n’avancera pas comme le camarade

Fait empereur, après avoir été consul ;

Il n’aura pas, le soir de Wagram ou d’Eckmühl,

Quelque titre princier à graver dans l’histoire ;

Mais ce Français, quand même, aura sa part de gloire.

Son temps est encombré de héros, mais l’un d’eux,

C’est lui. Sur un vieux sphinx datant de Rhamsès deux,

Près du Caire, il inscrit, sous son nom qu’il parafe :

« Sergent de grenadiers, » sans faute d’orthographe,

Et Kléber, qui l’embrasse au combat du Thabor,

Lui fait enfin donner une épaulette d’or.

Officier ! Lui ! L’enfant du peuple se demande

Si c’est possible. Il porte une épée, il commande

Et même aux vieux soldats doit parler d’un ton bref.

Quel rêve ! Il veut alors s’instruire, étant un chef.

On lui prête un Corneille, un Homère ; il s’exalte

Pour Ossian, et, quand le régiment fait halte,

Près des faisceaux formés sur le bord du chemin,

On voit le lieutenant, pensif, un livre en main.

Mais souvent le canon interrompt sa lecture.

Après cette campagne en Égypte, si dure,

— Pas de chance ! — il revient trop tard pour Marengo.

L’empereur, murmurant : Delenda Carthago,

Devant la flotte anglaise, à Boulogne, où la brise

Travaille et fait flotter sa redingote grise,

Reconnaît en passant cet obscur officier.

De son œil pénétrant et clair comme l’acier,

Qui, d’un coup, juge et pèse un homme, il le regarde,

Sourit, lui prend l’oreille et le met dans sa garde.

Voilà donc, pour dix ans, Morel dans les grognards.

Il n’aura qu’à Smolensk la graine d’épinards

Et la croix d’or qu’après Champaubert. Mais qu’importe !

Lorsque, suivi de son éblouissante escorte,

Calme sur un ardent cheval, simple, — et si beau ! —

Paraît le demi-dieu, l’homme au petit chapeau,

Fanatique, Morel n’a qu’un désir, le suivre.

Depuis le froid matin où, sur l’aigle de cuivre,

Des hauts bonnets à poil rangés en bataillons,

Le soleil d’Austerlitz a jeté ses rayons,

Cet homme s’habitue à l’extraordinaire.

Il vit tranquillement dans un bruit de tonnerre.

Sans s’étonner, il fait ce rêve épique et fou,

Entre à Vienne, à Berlin, à Madrid, à Moscou.

Il est présent, lorsque les rois font antichambre

Chez l’Empereur qui prend l’Europe, la démembre,

Et leur en jette avec dédain quelques lambeaux.

Après ce que Morel a vu sous les drapeaux,

Il sait être, dans cette Iliade sublime,

Un Diomède obscur, un Ajax anonyme.

Le triomphe est si grand que la postérité,

Songe-t-il, doutera de la réalité.

Au fond de l’avenir lointain et sans limite,

Ils seront confondus par la fable et le mythe,

Tous ces héros autour d’un héros sans pareil,

Avec le zodiaque aux ordres du soleil ;

Et, tôt ou tard, — cet humble en frémit jusqu’aux moelles,

Sa croix d’honneur sera l’une de ces étoiles !

Tel est l’homme qu’après le retour des Bourbons,

Quand on change drapeaux, cocardes et pompons,

Et qu’on gratte les N couronnés, son village

Voit revenir un jour, pauvre, vieux avant l’âge,

Pour toujours triste, mais plein de gloire et d’honneur.

Il se marie, un fils lui naît et — quel bonheur ! —

Quand, avec un bâton, l’enfant dit : « Portez… arme ! »

Le commandant contient avec peine une larme

Et, depuis lors, dans sa retraite, a moins d’ennui.

D’ailleurs on le vénère et tous sont fiers de lui.

Pour qu’il sourie un peu sous sa moustache austère,

Tous les gamins lui font le salut militaire ;

Et quand, dans son jardin, il s’attarde, le soir,

Les gars, en le voyant poser son arrosoir

Et regarder, songeur et redressant sa taille,

Un ciel ensanglanté comme un champ de bataille,

S’imaginent aussi qu’au-dessus de leurs fronts,

Passe le furieux galop des escadrons

Devant Napoléon, là-bas, dans la fumée,

Et se disent : « Le vieux pense à la Grande Armée ! »

Enfin il meurt, et c’est un deuil dans le canton.

On tire sur sa tombe un feu de peloton.

Il meurt, las et vaincu, mais l’âme consolée,

Et certain qu’après tant de gloire accumulée,

Malgré bien des revers et des revers encor,

La France ne peut pas épuiser ce trésor !

LE PÈRE

L’enfant qui, tout petit, apprenait l’exercice

Et faisait, en papier, des bonnets de police,

Prosper Morel s’engage, ayant le diable au corps,

Pour partir en Alger, comme on disait alors.

Les lauriers poussent vite en ce climat féerique.

Ce spahi devient l’un de ces héros d’Afrique,

Coiffés de la chéchia, drapés dans le burnous,

Viveurs, élégamment débraillés, mais qui tous

Doivent le martial éclat qui les entoure

A des actes de mâle et superbe bravoure,

Comme à Sidi-Brahim et comme à Mazagran.

Ce charmant cavalier au cœur de vétéran,

Dont les beaux yeux et les allures pittoresques

Font, sous leurs voiles blancs, rêver bien des Moresques,

Charge comme Murat. Plusieurs fois, des témoins

L’ont vu, sabre au fourreau, cravacher les Bédouins.

Mainte face bronzée en garde encor l’empreinte.

A la cantine, on conte, à l’heure de l’absinthe,

Que, devant vingt fusils que sur lui l’on braquait,

Il alluma sa pipe en battant le briquet.

Il est fameux dans cette admirable conquête

Où les clairons français qui sonnaient la « casquette »

Et vers le Sahara guidaient nos bataillons,

Repoussaient devant eux Arabes et lions.

Aussi quelle carrière heureuse ! Alger la Blanche,

Quand, du Sud, il y vient parfois, voit, sur sa manche,

Deux, trois, quatre galons se tordre en trèfles d’or.

Le vieux Bugeaud le prend dans son état-major.

Plus tard, en Kabylie, encore il se distingue.

Puis l’Empereur — que les frondeurs nomment Badingue —

Près du trône, à Paris, veut ce bel africain.

Il s’y plaît, bien qu’il soit trop souvent en pékin ;

Mais, le matin, sur les boulevards plantés d’ormes,

Autour du Champ-de-Mars, quels brillans uniformes !

Le voilà, sans regret de son vieux yatagan,

Colonel des chasseurs au talpack d’astrakan.

C’est en cinquante-sept, le plein midi du règne.

L’heureux homme ! Il galope aux chasses de Compiègne.

Aux bals de cour, il est le valseur — combien chic ! —

De la Castiglione et de la Metternich.

La fortune le traite encor mieux qu’il n’espère.

Il prend femme et d’un bel enfant il devient père,

Il passe général, le soir de Magenta ;

Et que de fleurs, que de baisers on lui jeta

Des balcons de Milan pleins de toilettes fraîches,

Dans ce jour triomphal ou le Dôme aux cent flèches,

Bouquet de marbre blanc, flambait au gai soleil !

Sa vie est un bien beau songe !

Hélas ! quel réveil !

Le canon d’outre-Rhin, brutal, vient de répondre

Aux « oui » du plébiscite, et l’Empire s’effondre.

« A Berlin ! A Berlin ! » criait-on tous les soirs,

Mais, soudain, l’innombrable armée aux casques noirs

Bat les murs de Strasbourg, couvre toute l’Alsace.

A Wœrth, grâce aux canons chargés par la culasse,

Les Prussiens ont fauché cuirassiers et turcos ;

Et Paris croit entendre, en de lointains échos,

Tout en accumulant poudre, armes, blés et viandes,

Le bruit lourd et rythmé des bottes allemandes.

Le général Morel campe sous Metz, et là,

L’ancien spahi, le beau sabreur de la Smala,

Devant ses escadrons est stupéfait et sombre ?

Quoi ? Les Français seraient écrasés sous le nombre !

Jamais ! Ses cavaliers vaincront, dix contre cent.

« Chargez ! » Mais un obus éventre son pur sang

Et lui-même est criblé d’éclats, à Gravelotte.

A l’ambulance, dans la ville où déjà flotte

L’odeur de trahison, Morel hors de combat,

Pendant tout le blocus, se tord sur un grabat,

Furieux, maudissant la fièvre et la tisane ;

Et quand, bien fait le en cor, mais rejetant sa canne,

Il réclame son sabre et son cheval sellé,

— O honte ! ô désespoir ! — Metz a capitulé.

Quels jours affreux ! Dans les wagons où l’on entasse

Les tristes prisonniers de guerre, il prend sa place,

Les yeux mornes, le front baissé, n’en pouvant plus ;

Et quand le train s’ébranle, il voit, sur le talus

Où les ont enfoncés les vainqueurs pleins de haine,

Nos aigles, nos drapeaux que leur livra Bazaine.

Oui, nos drapeaux plantés dans la boue !

Oh ! cela,

Pour le fils d’un vainqueur d’Arcole et d’Iéna,

C’est la pire, la plus atroce des tortures.

Il pousse un cri d’horreur qui rouvre ses blessures.

Moribond, il arrive à Dantzig, et là-bas,

Voilà qu’il pense au fils qu’il ne reverra pas,

Au fils qu’il a laissé dans Paris, au collège,

Et qui, dans bien des jours, quand finira le siège,

Apprendra seulement qu’il est un orphelin.

Pauvre père ! Il sanglote alors. Son cœur est plein,

Pour son unique enfant, de tendresse infinie.

Pourtant il a la force, avant son agonie,

D’écrire, en relevant sous le drap ses genoux :

« Je meurs. Adieu, mon fils. Sois soldat. Venge-nous. »

LE FILS

Se rappelant toujours cet ordre laconique,

Le fils du général entre à Polytechnique.

Il en sort en bon rang, bourré d’algèbre et d’x ;

Et — l’annuaire est là — Morel (Victor-Félix),

Depuis plus de vingt ans, sert dans l’artillerie.

C’est l’officier modèle et, dans sa batterie,

Ses hommes qu’il a su conquérir par le cœur,

Étant bon sans faiblesse et juste sans rigueur,

Quand ils disent entre eux ce mot : « le capitaine, »

Ont, dans leur regard jeune, une fierté soudaine.

Ils sentent, pour ce chef pourtant peu galonné,

L’affectueux respect qu’inspire un frère aîné.

Sur son ordre, ils sont prêts à toutes les prouesses,

Et ces braves garçons, pour défendre leurs pièces,

Se feraient avec lui tuer jusqu’au dernier.

D’ailleurs le capitaine est un beau cavalier

Et, sans abandonner les livres et l’étude,

De tous les rudes sports il garde l’habitude.

Il a l’air martial et fort comme pas un,

Quand il conduit, si bien campé sur son bai-brun,

Son long train de canons, d’affûts et de prolonges.

Alors, dans ses yeux clairs, flottent encor les songes

De sa jeunesse, hélas ! si lointains maintenant,

Lorsque, sous son képi tout neuf de lieutenant,

Il rêvait de brandir au soleil de l’Argon ne

L’acier de son épée et l’or de sa dragonne

Et de montrer à ses canonniers au trot lourd,

Là-bas, à l’horizon, la flèche de Strasbourg.

C’est l’intime douleur de ce soldat de race

De sentir que toujours de plus en plus s’efface

Et pâlit l’héroïque espoir de ses vingt ans.

Oh ! longtemps il a pris patience ; longtemps

Il s’est dit :

« La blessure est-elle bien fermée ?

« Travaillons ! Il nous faut une invincible armée,

« Et nous crierons alors vers l’Est : Quand vous voudrez ! »

Que d’excellens soldats il nous a préparés,

Ce bon Français, dans la « réserve » et dans l’ « active ! »

Combien de fois il s’est redit — âme naïve —

Le mot si décevant sur l’Alsace et sur Metz :

« Pensons-y tous les jours et n’en parlons jamais ! »

Mais, un jour, il comprit qu’à force de silence,

Le pays oubliait l’atroce violence

Et la frontière ouverte, ainsi qu’un amputé

S’accoutume à la longue à son infirmité,

Et qu’ainsi la revanche était plus qu’incertaine.

Oui, c’est là le constant chagrin du capitaine.

Que sa triste carrière ainsi doive finir,

Qu’il reste un officier pauvre et sans avenir,

Il s’y résigne. On peut tout aussi bien combattre

Pour sa patrie avec trois galons qu’avec quatre.

Non, aujourd’hui, ce qui le navre, c’est qu’il sent

Que son pauvre pays vers l’abîme descend,

Grisé d’un idéal pour la race future,

Que démentent, hélas ! l’histoire et la nature.

Il sait que, sous les mots de paix, d’humanité,

La chimère souvent masque la lâcheté.

Longæ mala pacis, a dit le vieux Tacite.

On devient veule et mou. Le plaisir seul excite.

Il faut jouir par tous les pores de la peau.

La vie est bonne. On craint la mort, et le drapeau,

Muet témoin blâmant l’égoïsme et ses vices,

Semble un faux dieu qui veut de sanglans sacrifices.

L’armée existe encore, oui, celle qu’on rêvait

Victorieuse, aux bords du Rhin. Qu’en a-t-on fait ?

Elle sert maintenant à dompter des tumultes,

Avec l’ordre formel de subir les insultes

Et, sans jamais broncher, de recevoir les coups.

Elle applique des lois infâmes. Nos pioupious,

Au siège d’un couvent de femmes en cornette,

Ont armé leurs fusils du sabre-baïonnette,

— Quelle dérision ! — comme si l’on allait

Les mitrailler avec des grains de chapelet.

L’abjecte politique ici répand ses lèpres.

Tel brave commandant — sa femme allant aux vêpres —

Ne doit plus obtenir un grade mérité.

Au mess des lieutenans, où la franche gaîté

Régnait jadis, chacun se tient sur la réserve

Et par le peu, songeant que la Loge l’observe

Et que peut-être, à table, est assis un Judas.

Voilà le nouveau sort de nos pauvres soldats,

Mais ce qui, plus que tout, épouvante et désole

Le capitaine, c’est que des maîtres d’école,

Qui jadis montraient Metz et Strasbourg sur l’atlas,

Pervertis par Hervé, Jaurès et Thalamas,

Enseignent aux petits Français que la patrie

N’est plus qu’une stupide et vieille idolâtrie

Et que « Guerre à la guerre ! » est le plus beau des cris.

El Morel, accablé, songe aux futurs conscrits,

Dès l’enfance infectés de sottise primaire

Et certains — sauront-ils seulement la grammaire ? —

Qu’ils auront pour devoir, en cas d’invasion,

Le refus d’obéir et la désertion !

C’en est trop ! Le vaillant homme se décourage.

Pourtant, lorsque, le soir, rongeant sa sourde rage,

Il rentre dans sa chambre et qu’il voit, sur le mur,

Des armes que le temps ternit d’un souffle obscur,

— Souvenirs vénérés, reliques de famille, —

Il relève son front chagrin et son œil brille.

Oui, tout son patrimoine est là : Fusil d’honneur,

Paire de pistolets donnés par l’Empereur,

Insignes de combat aux formes surannées,

Hausse-col avec l’aigle, épaulettes fanées,

Et, près des vieilles croix au ruban tout pâli,

Le sabre d’Austerlitz et le sabre d’Isly.

Le patriote alors respire une bouffée

D’orgueil français devant son intime trophée.

Rassuré par l’aspect de ce trésor, le seul

Qu’il possède, il se dit qu’au temps de son aïeul,

La France en armes fut presque surnaturelle.

L’évêque, attendri, son père mort pour elle.

Dans l’avenir — lointain, qu’importe ? — il reprend

Chère patrie ! Il se souvient qu’avant Rocroi,

Avant Denain, avant Zurich, sous la poussée

D’invasion, sa vie était bien menacée,

Mais qu’alors son génie immortel lui donna,

Pour la sauver, Condé, Villars et Masséna.

Puis le rêveur la suit dans sa longue légende.

Que de temps il fallut pour la faire si grande !

Mais il la voit, malgré guerres et factions,

Lentement devenir reine des nations

Et vaincre les malheurs dont son histoire est pleine,

Du bûcher de Rouen au roc de Sainte-Hélène.

« Non, la France n’est pas en décadence ! Non !

« Que le danger surgisse ! Un seul coup de canon

« Chassera les affreux nuages d’anarchie ! »

C’est terrible pourtant, la frontière franchie,

La guerre, tant de sang !… Ce brave hésite un peu

Et, comme il est chrétien, il songe à prier Dieu.

Mais les armes sont là, de l’aïeul et du père.

L’héritage d’honneur ordonne qu’il espère.

Le capitaine alors, d’un cœur religieux,

Implore avec ardeur le ciel et les aïeux,

Et, l’âme d’un courage inébranlable emplie,

Fait un signe de croix devant la panoplie.

FRANÇOIS COPPEE.

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Autor
François Coppée
Título
Une Famille de Soldats
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-une-famille-de-soldats--francois-coppee-0c1060
Cita recomendada
François Coppée, «Une Famille de Soldats», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-une-famille-de-soldats--francois-coppee-0c1060.html

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