… Courage ! étouffe en toi le désespoir qui gronde !
L’existence est ailleurs qu’en ce visible monde,
Misérable séjour où rampent vos orgueils,
Et qui pourrit lui-même avec tous ces cercueils…
L’amour et le bonheur ont une autre patrie ;
Songe à nous y rejoindre, ami ; médite et prie !
Puise, aux champs, aux forêts où tu t’en vas pleurant,
De saints avis, perdus pour l’œil indifférent…
Pense à l’arbre privé de la sève divine,
Que pour jeter au feu le maître déracine ;
A la Mort qui moissonne, au Vanneur souverain
Qui sépare d’abord la paille du bon grain,
Et, pour ensemencer les célestes domaines,
Ne prend que le meilleur des récoltes humaines…
Tous ressuscitent, mais la suprême équité
Ne donne pas à tous la même éternité.
Dans la grande vallée, à la source vivante,
Il en est qui boiront l’opprobre et l’épouvante…
– Surtout ces ouvriers qui viennent là s’asseoir,
Ayant osé quitter leur tâche avant le soir.