L’un dell’altro ogn’un ſi burla
Si tal’hor ſono i viventi
Nella ſorte contraria al par contenti,
Quel che canta, è quel che urla
L’un del’altro ogn’un ſi burla.
Coſi à me ſola è dato,
A me, che ſon di Corte Hoſpite eterna,
E’à gli infimi, e ſupremi
Diſpenſatrice egual d’armi da ſcherzo,
Dato è (dico) à me ſola
Farui concordi ò Qualitadi òppoſte
Sempre à beffarui à gara ambo diſpoſte
E di non ridere
Com’è poſſibile ?
Di per tua fè
Laſciarmi uccidere
Meno inſoffribile
Sarebbe a mè
E di non ridere. &c.
Che colei ſolo col pondo
De leggieri
Suoi penſieri
Voglia ogn’hor peſare il Mondo
Che torcendo eſſa il timone
Di ſua Prora
Fede ogn’hora
Nieghi al polo di Ragione
E di non ridere. &c.
Ma voi Dee di beltà,
Che de piu veri amanti
Con ſuperba impietà
Prendet’à giuoco il duolo, à rifo i pianti.
Sapete che fia ?
Amor, che nulla oblia
Di tal Sorte anche un di voi punirà
Si vuol giuſto Fato
Chi beffa, è beffato.
PAr tout l’un ſe moque de l’autre ;
Le ſimple artiſan rit autant
Que le Riche & que l’important :
Mortelz, quel eſprit eſt le voſtre ?
Chacun de ſon ſort eſt content,
Soit en heurlant ſoit en chantant
Par tout l’un ſe moque de l’autre.
C’eſt en moy que toutes les Cours
Ont de tout temps trouvé des charmes ;
C’est moy que l’on void tous les jours
Aux petits comme aux grands fournir d’égales armes :
Armes pourtant de qui les coups
Ne ſont qu’agreables & doux
Et ne couſtent ny ſang ny larmes ;
Enfin, c’eſt moy qui dans mes plaiſans jeux
(Quoy que par tout vous ſoyez oppoſées)
Semble vous avoir diſpoſées
A vous reünir toutes deux.
Qui de nous en bonne foy
Pourroit s’empeſcher de rire ?
Je confeſſe que pour moy
Ce ſeroit un grand martyre
Que de ne rire pas voyant ce que je voy.
Quoy ? par ces caprices divers
Celle-cy de tout l’Univers
Voudra regler le ſort & la conduite ?
Quoy ? par tout mal-reglée & de tout mal-inſtruite
On verra celle-là mettre tout à l’envers
Et devant la raiſon prendre toujours la fuite ?
Qui de nous, en bonne foy,
Pourroit s’empeſcher de rire ?
Je confeſſe que pour moy
Ce ſeroit un grand martyre
Que de ne rire pas voyant ce que je voy.
Vous, auſſi fieres que belles,
Qui voyez d’un œil mocqueur
Les peines les plus cruelles
Que cauſe voſtre rigueur ;
Amour a bonne memoire,
Et lors que l’on l’a choqué
Il ſçait bien vanger ſa gloire ;
Le ſort le veut ainſi, qui ſe mocque eſt mocqué.