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PoetósferaLa BibliotecaAlbert Glatigny

Albert Glatigny · Romanticismo

Théâtre de Lunéville

francés

Nous arrivons, Messieurs, avec notre bagage

D’amour et de jeunesse, et, dans notre langage,

Modulé savamment sur un rhythme amoureux,

Prêts à vous raconter les belles aventures

De ceux dont le Mystère et les choses futures

Tentent le cœur aventureux.

Chacun, suivant notre manière,

Nous vous dirons notre chanson

Demandée à chaque buisson

Gazouillant près de nous dans la grande lumière !

Divertir les honnêtes gens

Ainsi que le voulait Molière,

Tel est le but, Messieurs, de nos soins diligents !

Vous pourrez, avec nous, quand viendra la soirée,

Assister à ces jeux où la Muse effarée,

Rit aux éclats, ou bien vient se percer le flanc

Au dernier acte avec un poignard en fer blanc,

Et voir se préciser les visions du rêve

Derrière ce rideau qu’un machiniste enlève ;

Vous rafraîchir, enfin, dans les clairs horizons

Que nous cachent les murs de ces noires prisons

Dont l’éternel labeur est le geôlier ; revivre

Dans ce monde idéal où toute âme s’enivre

Et noie, en souriant, ses déboires défunts,

Dans la musique, dans les chants et les parfums !

Ainsi, venez, Messieurs, la maison est ouverte,

Entrez, et nous ferons pour vous la forêt verte ;

Belles, les pieds cachés dans les gazons naissants,

Vous entendrez le chœur des filles de seize ans,

Et Luna passera sa tête par les branches

Pour baigner de lueurs tendres leurs formes blanches !

Dans l’air empli de frissons,

Mille divines chansons

Trempent l’azur de leurs ailes

Et, riant aux claires eaux,

A travers les grands roseaux,

Glissent, vertes demoiselles !

Les victimes dont le cœur

Exhale un chant de langueur,

Ici, vous les verrez toutes,

Et, près d’elles, ces bouffons

Dont le rire et les chiffons

Chassent les pleurs et les doutes !

Sans souci du lendemain,

Nous couvrirons le chemin

Des fleurs de la poésie ;

Commençons le carnaval,

Car notre faim d’idéal

Jamais ne se rassasie.

Puis, nous évoquerons ces temps évanouis,

Fêtes de chaque jour pour les yeux éblouis,

L’époque où Girardet éternisait la Grâce

Dans ses toiles où l’âpre Aphrodite s’embrasse !

Écoutez ! l’air frémit encor

Au bruit de la chasse et du cor,

Et, dans les parcs qu’ombrage un ravissant mystère

Où l’âme des rêveurs se plaît,

J’entends les madrigaux que récite Voltaire

À madame du Châtelet !

Époque élégante et frivole !

Boufflers chante ses premiers vers,

Et les Amours joyeux, en route par les airs,

Secouant au hasard leur torche ardente et folle,

Unissent, en jouant, dans l’éther éclairci,

La cour de Lunéville à la cour de Nancy !

Hélas ! où m’emporte le rêve !

Messieurs, quand je voulais vous dire simplement :

Nous venons tous à vous, pleins d’ardeur et de sève,

Faisant de notre mieux pour que tout soit charmant.

Soyez-nous doux ; prêtez l’oreille à nos histoires ;

Pleurez sur nos malheurs fictifs ; riez aussi

Lorsque l’acteur bouffon vous dira : Me voici !

Ne nous refusez pas ces légères victoires

Qui haussent notre cœur et font que nous allons

Plus fermes, sur la route âpre et mal aplanie,

Et continuons mieux la tâché non finie !

Au Chef d’orchestre :

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Por su autor
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Expediente

Autor
Albert Glatigny
Título
Théâtre de Lunéville
Lengua
francés
Época
Romanticismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-theatre-de-luneville--albert-glatigny-7c2d6e
Cita recomendada
Albert Glatigny, «Théâtre de Lunéville», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-theatre-de-luneville--albert-glatigny-7c2d6e.html

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