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Catulle Mendès · Modernismo

Spleen d’été

francés

L’orageux crépuscule oppresse au loin la mer

Et les noirs sapins. L’ombre, hélas ! revient toujours.

Ah ! je hais les désirs, les espoirs, les amours,

Autant que les damnés peuvent haïr l’enfer.

Car je n’étais point né pour vivre : j’étais né

Pour végéter, pareil à la mousse ou pareil

Aux reptiles, et pour me gorger de soleil

Sur un roc d’un midi sans trêve calciné.

Aux plantes contigu, voisin de l’animal,

Famélique sans crainte et repu sans remord,

Je n’aurais pas connu ce que c’est que la mort ;

Mais, je vis ! et je sais qu’il est un jour fatal.

Le soir qui m’avertit, lugubre et solennel,

Que d’un soleil éteint le temps est plus âgé,

Accable abondamment mon cœur découragé

Du dégoût d’un bonheur qui n’est pas éternel.

Ô pins ! comme la nuit fonce vos mornes deuils !

La cigale avec ses grêles cris obsédants

Fait le bruit d’une scie aux innombrables dents

Dans l’arbre détesté dont on fait les cercueils.

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Por su autor
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Dónde vive
La Biblioteca

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Expediente

Autor
Catulle Mendès
Título
Spleen d’été
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-spleen-dete--catulle-mendes-959af0
Cita recomendada
Catulle Mendès, «Spleen d’été», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-spleen-dete--catulle-mendes-959af0.html

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