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PoetósferaLa BibliotecaPaul Avenel

Paul Avenel · Modernismo

Séance du 7 avril 1864

francés

Écoutez-moi, mes amis, je commence

À vous chanter notre procès-verbal,

Mais pour mon vers ayez de l’indulgence,

Car il n’est pas toujours original.

Pour une fois, par pure courtoisie,

Je veux, ce soir, dans un gai pot-pourri,

Vous endormir avec ma poésie

En vous parlant des membres du Jeudi.

Oui, sachez bien que dans cette séance,

Je foule aux pieds l’amour-propre d’auteur,

Et Triboulet me permettra, je pense,

Pour le dessert des vers de confiseur.

Depuis dix ans un festin… délectable

Nous réunit au restaurant Richard ;

Mais quand chacun a pris place à la table

On voit entrer Richebourg et Gérard.

On les connaît : leur inexactitude

Est tolérée à nos brillants repas ;

Être en retard pour eux c’est habitude,

Aussi, Messieurs, ne leur en voulons pas.

Lefebvre, hélas, brille par ses absences :

C’est que, Messieurs, ou du moins je le crois,

L’invention a bien des exigences,

Et l’inventeur est soumis à ses lois.

Du bon Welty la mine rabelaisienne

Sourit, deux fois, par an, à nos festins.

Mais son esprit, d’allure parisienne,

Reste au-dessous de l’esprit de ses vins.

Nous pouvons bien ici, sans honte,

Parler un peu de nos travers,

Et vous savez que pour mon compte,

J’ai celui de faire des vers.

Quand Borrel a la présidence,

Il serait digne autant que beau,

S’il présidait par son silence,

Et s’il buvait son vin sans eau.

Pour lui peut-on être sévère,

Lorsque l’on sait que la gaîté

Peut sortir du fond de son verre,

Comme d’un puits la vérité.

Si Galilée avait pu faire

Boire à ses juges du bon vin,

Ils auraient vu tourner la terre

Et l’eussent absous, c’est certain.

Pour notre excellent camarade

Ne soyons donc pas sans pitié ;

S’il a du goût pour la rasade,

Il est prodigue en amitié.

Je pourrais maintenant

Donner un peu de flatterie,

Puisqu’à l’Académie

Cela se fait communément.

Je pourrais, vil flatteur,

Vous poser là, tous en grands hommes,

Mais, humbles que nous sommes,

Contentons-nous d’avoir du cœur.

Nous avons, entre nous,

Place grande ou petite,

Mais notre grand mérite

Est de nous aimer tous.

Et nous avons surtout

Un côté sympathique,

Plus ou moins artistique,

Que guide notre goût.

Notre docteur Coffin

Se fait un jeu de la science,

Quand la jurisprudence

Embête l’avocat Paulin ;

Le musicien Dancla

Aime concert et sérénade,

Suffit, son camarade,

Voudrait construire l’Opéra.

Lacoste a ses pinceaux,

Navier a sa palette,

Morin sur le bois jette

Des dessins pour journaux.

Si nous avons Pillet,

C’est pour mettre aux enchères

L’œuvre de ses confrères

Au bruit de son maillet.

Beaucé, qui dut partir…

Et nous déplorons son absence ;

Mais, s’il n’est plus en France,

Nous conservons son souvenir !

Gaudet, les p’tits bateaux

Qui vont sur l’eau

Ont-ils des jambes ?

Mais oui, répond Bourgoin,

S’ils n’avaient pas

Y march’raient pas.

N-i ni, j’ai fini

Ma petite balançoire.

J’en ai p’être trop dit

Sur les membres du Jeudi.

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Por su autor
Paul Avenel
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Autor
Paul Avenel
Título
Séance du 7 avril 1864
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-seance-du-7-avril-1864--paul-avenel-4da06e
Cita recomendada
Paul Avenel, «Séance du 7 avril 1864», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-seance-du-7-avril-1864--paul-avenel-4da06e.html

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