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Marc Legrand · Modernismo

Revue du Pays de Caux N°5 novembre 1902 — IV

francés

Droite, comme un énorme éperon de vaisseau,

La Falaise entre dans la mer et la domine.

Le vent du large y souffle et l’haleine marine

Sème l’embrun salé sur l’herbe et l’arbrisseau.

Chaque jour, subissant l’infatigable assaut

Du flot, du vent, du froid, elle s’use et se mine.

Son flanc jaune se creuse et, par mainte ravine,

La marne et le silex s’éboulent en monceau.

Voici le soir ; montons le sentier qui serpente

Vers son sommet, parmi les ronces de sa pente ;

Allons voir se coucher le merveilleux soleil :

Et déjà, le pleurant de leurs voix enrouées,

Des taureaux noirs, là-haut, le mufle au ciel vermeil,

Interrogent la marche lente des nuées…

Les maisons du village au creux de la vallée

Descendent, tels dans un ravin roulent des rocs.

L’Église est au milieu, vénérable, et son bloc

Surplombe, en l’arrêtant, l’immobile coulée.

Séculaire, elle veille. À peine ravalée,

Sa muraille résiste aux invisibles chocs

Du temps, et l’or reluit, au clocher, sur son coq

Qui tourne et garde la Colombe immaculée.

Ses piliers, sous la voûte en bois, ont des dessins

De sirènes, de fleurs et de bateaux. Des saints,

Clair, qui porte sa tête, et Roch, son chien fidèle,

Décorent ses parois, du baptistère au chœur ;

Et, la nuit, sur les toits dormants, un bruit vient d’elle :

C’est l’horloge qui bat, doucement, comme un cœur.

Des champs bruns, qu’un labour opiniâtre raie :

L’homme y conduit la herse oblique ou le soc lourd.

Le sol, côtelé, semble un manteau de velours

Que borde un chemin blanc et que frange une haie.

Des meules de froment blond, que la fourche étaie,

Comme des ruches, sont debout aux alentours.

Un chemin creux s’enfonce en un vert demi-jour.

Dans les mûriers, l’oiseau voltige sur la baie.

Sous une arche d’ormeaux, de saules, de buissons,

Un flot clair fait trembler les grilles du cresson

Et se rue au moulin grondant qui broie et pile.

La ferme montre ses chaumes bas et moussus

Et ses murs où noircit la solive. Au dessus,

La mer lointaine étend son azur immobile.

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Por su autor
Marc Legrand
Dónde vive
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Expediente

Autor
Marc Legrand
Título
Revue du Pays de Caux N°5 novembre 1902 — IV
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-revue-du-pays-de-caux-n5-novembre-1902-iv--marc-legrand-1450c3
Cita recomendada
Marc Legrand, «Revue du Pays de Caux N°5 novembre 1902 — IV», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-revue-du-pays-de-caux-n5-novembre-1902-iv--marc-legrand-1450c3.html

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