CADA PIEZA VIVE EN UNA DIRECCIÓN · NADA VIVE EN UNA SOLA SALA  

PoetósferaLa BibliotecaHippolyte Raynal

Hippolyte Raynal · Modernismo

Revue chantante de la cavalcade bordelaise

francés

Le ciel a tout réglé : chaque chose à son heure ;

Trop de joie ou trop de mot pourrait nous endurcir ;

La gaîté, mal séante où la souffrance pleure,

Est acquise de droit à qui sait l’adoucir.

Des héros vont annoncer

 la fête promise ;

On les verra s’avancer

 Peu fiers de leur mise ;

Leur trompe sera d’argent,

 Pour qu’ils s’en souviennent :

Va-t-en voir s’ils viennent, Jean,

 Va-t-en voir s’ils viennent.

François premier prend le devant

Ainsi qu’on le doit en ménage.

Femme varie assez souvent,

Dit-il, après le mariage.

Nous en avons par son trépas

Une preuve bien manifeste ;

Car ce grand roi ne mourut pas

Sans regretter certain faux pas :

Daignez m’épargner le reste.

Voici venir monseigneur de Lalande,

Portant bannière à l’écu de Bordeaux.

Gais bannerets, nés aussi de la lande,

Des artisans l’assiègent par le dos.

Puis vient la garde,

Que le roi garde,

Conduite par…

Voyez les noms à part.

Monsieur La Palisse est mort,

 Toi qui me l’assures,

 Attends à dîner, s’il mord

Pour croire aux mor…sures.

Le beau cheval !

C’est le mot d’habitude,

Quand l’écuyer plaît moins que l’animal.

Pauvres huissiers, en deuil de votre étude,

Chacun se dit, à voir votre attitude :

Le beau cheval !

Arrêtons-nous ici : l’aspect de ces gens-d’armes,

D’ivresse et de chaleur fait ruisseler nos fronts.

Un instant de repos ne sera point sans charmes :

Nous prendrons nos mouchoirs et nous nous essuirons.

Salut, fourrés d’hermine,

Orgueil des Parlements !

C’est par vous qu’on termine,

Après les chars… (je ments.)

Pour t’épuiser, folle série,

Comptons un groupe encor trois fois :

Mais à présent, ô ma chérie,

Tu vas courir au bruit des fouets.

Gens de l’Adriatique,

Pays d’eau,

Nous n’aimons la musique,

 Qu’en cadeau ;

Fa, ré, la, mi, do, do ;

Sol, do, ré, fa, sol, la, mi,

Fa, la, si, mi, fa, do, do,

La, do, do,

Do, do.

Braves marins, nos hardis devanciers,

Qui, dans l’orage osant aplanir l’onde,

Vers l’inconnu sans frayeur avanciez,

Honneur à vous des conquêtes du monde !

Des longs travaux qu’en paix nous achevons,

Nous n’avons plus que la moindre partie ;

Et quand, au but que nous suivons,

La voile au vent nous arrivons,

C’est grâce à vous qu’elle est partie !

Respect aux vendangeurs coiffés de pampres d’or !

Voyez-vous de leurs yeux rayonner les effluves ?

Un broc vide à la main, piétinant dans les cuves,

Ils se grisent d’un vin qu’on mangerait encor !

L’allégorie a des bornes :

Quoi ! l’on pense, avec des cornes,

Parer l’homme du sillon !

Puisqu’enfin, lui c’est sa bête,

Tous deux travaillant de tête,

Sous peine de l’aiguillon…

L’emblème est donc bien hasardeux,

Car j’entends dire en parlant d’eux :

Quand les bœufs vont deux-à-deux

Le labourage en vaut mieux.

Ange d’amour, modeste poésie,

Ta place est vide au char des nations :

Ton souffle pur, parfumé d’ambroisie,

S’exhale et meurt aux cris des factions.

Sœur des beaux-arts dont tu fus le modèle,

Voile, en pleurant, tes pudiques appas ;

La gloire, un jour, te reviendra fidèle :

Espère en Dieu, souffre, et ne maudis pas !

Ici, douze ânes sans bâts,

Puis la Basoche en nature :

Or, pourquoi les uns en bas

Et les autres en voiture ?

Place au malheur ! Silence ! Tête nue !

Ô Charité ! doux lien des mortels,

Écoute ici les chants de bienvenue

D’une cité pieuse à tes autels.

L’or enfoui ne profite à personne ;

Aux biens du monde un jour on dit adieu.

Heureux qui sème où l’indigent moissonne,

Il fait sa part dans les trésors de Dieu !

Riches, donnez ; humbles, donnez quand même

L’obole, offerte acquiert un prix divin ;

N’hésitez pas ; car, au moment suprême,

À votre tour, vous gémiriez en vain.

Faibles, donnez : la bonté fortifie ;

L’effort suivant passe un premier effort.

Le méchant, seul, hésite ou se défie,

Et le méchant, lui seul, n’est jamais fort.

Femmes, donnez : l’amour vous rend plus belles ;

Or, si nous plaire est l’espoir de vos jours,

La Charité, c’est l’Amour moins les ailes :

Pratiquez-là, vous nous plairez toujours.

L’âme ulcérée à tort parfois s’alarme :

Au malheureux, en proie à ses tourments,

Toi qui n’as rien, pauvre, donne une larme

De pareils pleurs valent des diamants.

C’est bien à vous de quêter dans les formes,

Des fleurs en main, le sucre au bout du gant,

Masques joyeux, splendides uniformes,

Types connus du Bordeaux élégant !

De la beauté, pour vous prête à souscrire,

Craignez, Messieurs, le fatal contre-coup

Que de périls cachés dans un sourire !

Beaucoup vouloir force à risquer beaucoup.

Jeune talent qu’eût envié la Grèce,

Et dont la mort a brisé les pinceaux,

Que n’es-tu là partageant notre ivresse,

Pour voir ces fleurs décorant leurs berceaux !

Un mien ami, gros et gras comme un moine,

Mais, d’autre part, plus borné qu’un ânon,

Me demandait : quel est ce Belle-Avoine,

Est-ce un seigneur de grand renom ?

— Je réfléchis, — À quoi ? mon cher,

— À rien, sinon

Qu’il nous siérait assez d’avoir en patrimoine,

Chacun la moitié de son nom.

Sigue explorando

Por su autor
Hippolyte Raynal · 2 piezas más en la casa
Dónde vive
La Biblioteca

← L’Homœopathie, épître aux allopathes

Expediente

Autor
Hippolyte Raynal
Título
Revue chantante de la cavalcade bordelaise
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-revue-chantante-de-la-cavalcade-bordelaise--hippolyte-raynal-18d6e7
Cita recomendada
Hippolyte Raynal, «Revue chantante de la cavalcade bordelaise», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-revue-chantante-de-la-cavalcade-bordelaise--hippolyte-raynal-18d6e7.html

Las obras de dominio público se reproducen íntegras, con atribución y en la ortografía de su impreso. ¿Ves una errata o conoces una fuente mejor? Escríbenos desde Sobre la casa.