En la forestz de Biere, renommée
Sur tous les boys, pour ce qu’elle est aymée
Du dieu Sylvan, qu’on y void en plain jour
S’y promener et y faire sejour,
Je veis l’autre hyer, près de la claire source.
D’une forest accourir a grant course
Dieux, demy-dieux, deesses, nymphes belles,
Pour escouter les joyeuses nouvelles
Que recitoit, à voix doulce et hautaine,
Callirhoé, nymphe de la fontaine.
A tant se teust Callirhoé la fée,
Tout en esprit ravye et eschauffée.
Et croy pour vray que la posterité
Un jour verra qu’elle dict verité.
O si les dieux me vouloient faire grace
De vivre tant ! Le poëte de Thrace,
Bien qu’il soit filz de la premiere muse,
Ne le dieu Pan, avec sa cornemuse.
Me me vaincront ; toute leur gloire antique
J’effacerois en veine poëtique
Sur ce subjet ; car ce qu’en mil années
Le temps coulant, les filz des destinées
Ont pu monstrer de excellent et beau
Est aujourd’huy dedans Fontaine-bleau.