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PoetósferaLa BibliotecaGustave Le Vavasseur

Gustave Le Vavasseur · Modernismo

Préface des Études d’après nature

francés

Je vous offre, amis lecteurs,

Un bien gros bouquet des fleurs

De ma province ;

Pour vous, quand vous aurez lu,

Et pour moi j’aurais voulu

Qu’il fût plus mince.

L’avais-je cueilli pour vous

Sous l’ombrage frais et doux

De nos futaies,

Dans les champs et dans les prés,

Sur les talus empourprés,

Au pied des haies,

Par les sentiers du bon Dieu

Et sur les chemins de feu

Que font les hommes ?

— Bénins et courtois lecteurs,

Ne nons faisons pas meilleurs

Que nous ne sommes.

C’est pour mon propre plaisir

Que j’ai fait à mon loisir

Cette cueillette.

Quand un flâneur attentif

Cherche d’un regard furtif

La violette,

Il n’attend pas le printemps

Et, s’il voit de temps en temps

Sous une feuille

Un bouton prêt à s’ouvrir,

Une fleur à conquérir,

Vite, il la cueille.

Il guette, les yeux ouverts,

Au milieu des gazons verts

Les pâquerettes

Et souvent, au bord des prés,

Prend les feuillages dorés

Pour des fleurettes.

Quand il a fait son bouquet,

Il y noue un fil coquet

Et dans un verre

Le pose, le pied dans l’eau,

Pour garder du renouveau

La primevère ;

Mais parfois, rentrant chz lui,

Par boutade ou par ennui ;

Manquant d’eau fraîche,

Il jette tout dans un coin ;

La feuille devient du foin

Et la fleur sèche.

Ainsi, nés sous un rayon

Et, fixés par le crayon

Ou par la plume,

Les vers forment un faisceau

Et puis, morceau par morceau,

Un gros volume.

Peut-être à mon herbier sec

Pourrais-je trouver en grec

Quelque mérite :

« Rose sèche a bien son prix. »

C’est un aphorisme pris

Dans Théocrite.

Mais ici, je ne veux rien

Traduire du grec ancien

Ni de Virgile ;

Ma récolte est de mon crû ;

Feuilles et fleurs tout a crû

Dans mon argile.

Lecteurs, prenez, s’il vous plaît,

Ce mien bouquet tel qu’il est

Et, si l’arome

Rural paraît à quelqu’un

Vague comme le parfum

Qui sort du chaume,

S’il est par trop innocent,

Trop bucolique et s’il sent

Un peu l’étable,

On peut en toute saison

Le garder dans sa maison

Et sur sa table.

Vos valets, maître jaloux,

Vos fils, votre femme, vous

Et votre fille

Respireront son odeur

Sans danger pour la pudeur

De la famille ;

Mes fleurs, filles du soleil,

N’ont pas subi l’appareil

De ces étuves

Qui hâtent la floraison ;

Il ne sort pas de poison

De leurs effluves.

On ne les distille pas

Pour rajeunir les appas

Des courtisanes ;

Où finit la fleur des bois ?

Au linge honnête et parfois

Dans les tisanes.

Loin de plaindre son destin

Et de craindre cette fin

Un peu banale,

Je serais charmé, lecteur,

D’avoir trouvé quelque fleur

Médicinale,

Pétale d’azur, d’argent

Ou d’or, herbe de Saint-Jean

Ou camomille

Et je serais très flatté

Qu’on en pût faire le thé

De la famille.

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Por su autor
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Dónde vive
La Biblioteca

← Petit-JeanToast, 12 juillet 1874 →

Expediente

Autor
Gustave Le Vavasseur
Título
Préface des Études d’après nature
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-preface-des-etudes-dapres-nature--gustave-le-vavasseur-7cd5ca
Cita recomendada
Gustave Le Vavasseur, «Préface des Études d’après nature», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-preface-des-etudes-dapres-nature--gustave-le-vavasseur-7cd5ca.html

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