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Cécile d’Ottenfels-Gschwind · Modernismo

Poésie - Les Regains

francés

.mw-parser-output .ws-mpom-strophe{display:inline-block;page-break-inside:avoid;break-inside:avoid}Ce n’était pas encor l’automne,

Ce n’était presque plus l’été ;

Déjà le tic-tac monotone

Disait que le seigle est coupé.

Mais le doux arôme que j’aime

Des prés s’exhalait de nouveau,

Nous apportant l’adieu suprême

Des fleurs qui paraient le coteau,

Des fleurs qui, dans l’herbe touffue,

Ondoyaient, mobile décor,

Fraîche vision disparue,

Que le regard poursuit encor…

Et je songeais à la parole

Du roi qui compare nos jours

À cette éphémère corolle

Que la faux tranche pour toujours.

Et l’amertume du Psalmiste

À son tour s’emparait de moi,

Pareille au refrain grave et triste

Que l’on répète malgré soi…

Oui, comme ces herbes fanées

Que la faucille livre au vent,

J’ai vu s’effeuiller les années

Qui s’ouvraient au soleil levant,

Au soleil ardent de la vie,

Qui dorait si bien le matin,

Et, d’un reflet de poésie,

Colorait l’horizon lointain.

Ah ! les beaux ans si pleins de sève !

Les beaux jours si pleins d’avenir !

Qui dira s’ils étaient un rêve,

Ou bien s’ils sont un souvenir ?

Tant d’ombre a passé sur la route,

Et tant de neige sur les fleurs,

Sur l’espérance tant de doute,

Et sur le rire tant de pleurs,

Que, plus tard, en rouvrant la page

Où rayonna l’enchantement,

L’œil ne retrouve ce mirage

Qu’avec un morne étonnement…

Pourtant, à l’heure où le jour baisse,

Quand le foin répand sa senteur,

C’est tout un parfum de jeunesse

Qui revient m’embaumer le cœur.

Je revois la folâtre enfance

À travers les meules courant ;

Puis, la rêveuse adolescence

Tapie en ce nid odorant ;

Et le poète, chaque année,

S’isolant pour venir encor,

Au milieu de l’herbe fanée,

Chercher la strophe aux ailes d’or.

Aussi, quand l’arome que j’aime

Des prés s’exhale de nouveau,

Nous apportant l’adieu suprême

Des fleurs qui paraient le coteau,

Et quand le tic-tac monotone,

Nous dit que le seigle est coupé,

Je ne sais plus si c’est l’automne,

Tant je me souviens de l’été.

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Autor
Cécile d’Ottenfels-Gschwind
Título
Poésie - Les Regains
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-poesie-les-regains--cecile-dottenfels-gschwind-2ae9b6
Cita recomendada
Cécile d’Ottenfels-Gschwind, «Poésie - Les Regains», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-poesie-les-regains--cecile-dottenfels-gschwind-2ae9b6.html

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