CADA PIEZA VIVE EN UNA DIRECCIÓN · NADA VIVE EN UNA SOLA SALA  

PoetósferaLa BibliotecaJean-Marie Guyau

Jean-Marie Guyau · Modernismo

Poésie (Guyau)

francés

Venise, octobre 1879.

LA MÉDITERRANÉE.

Pour mieux te regarder, j’irai sur la colline,

Sur la colline abrupte, où, dans les vallons verts,

Le pâle citronnier vers le myrte s’incline,

Penchant ses fruits amers.

De là je te contemple:inondé de lumière,

Ton horizon lointain se mêle avec les cieux ;

Je sens mon œil s’y perdre, et je t’admire, ô mère

De Vénus aux yeux bleus.

Au sein des flots déserts on voit un point qui tremble ;

Ce sont des alcyons en troupe, blancs oiseaux ;

On dirait un seul corps lorsque, bercés ensemble,

Ils dorment sur les eaux.

Soudain un bruit se fait, et la troupe s’égrène,

Effrayée et fuyant au plus profond des airs.

Et l’on voudrait comme eux monter à perdre haleine

Dans les cieux entr’ouverts.

Toi qui bornes le monde en nous ouvrant l’espace,

Toi qui suspends nos pas sans arrêter nos yeux,

C’est surtout sur tes bords que l’œil aime, envieux,

Suivre un oiseau qui passe.

Tu rends l’immensité si tentante qu’un jour.

Dit la fable, un enfant voulut d’un seul coup d’aile

Te franchir : ivre, il part ; son aile qui chancelle

L’emporte sans retour.

Il va:le vent des mers a rempli sa poitrine ;

Il voit devant ses yeux l’horizon s’élargir,

L’attirer en fuyant ; l’espace le fascine,

Grand comme son désir.

Il monte… il tombe, il meurt ; mais de sa longue ivresse

Quelque chose en nos cœurs, j’imagine, est resté :

Et c’est de là que vient, devant l’immensité,

Ce trouble qui m’oppresse.

Je te dédaigne, ô terre à l’étroit horizon ;

Ta montagne au front dur me semble une muraille,

Dans tes noires forêts comme en une prison

Mon cœur ailé défaille.

Ouvre-toi, mer : au loin je veux, audacieux,

Courir, comme au soleil courent tes flots de flamme.

Et le double infini de ton onde et des cieux

N’est pas trop pour mon âme.

Qu’il est doux de pouvoir sans regret s’élancer,

D’être libre, de voir l’horizon vous sourire,

D’aller sans retourner la tête, et de se dire :

Vivre, c’est avancer !

Sigue explorando

Por su autor
Jean-Marie Guyau
Dónde vive
La Biblioteca

Expediente

Autor
Jean-Marie Guyau
Título
Poésie (Guyau)
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-poesie-guyau--jean-marie-guyau-b6cfb0
Cita recomendada
Jean-Marie Guyau, «Poésie (Guyau)», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-poesie-guyau--jean-marie-guyau-b6cfb0.html

Las obras de dominio público se reproducen íntegras, con atribución y en la ortografía de su impreso. ¿Ves una errata o conoces una fuente mejor? Escríbenos desde Sobre la casa.