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Maurice Ourry · Romanticismo

Paris volant, ou La Fabrique d’Ailes

francés

Plumons d’une main légère ;

Les instans sont précieux.

Aux habitans de la terre

Ouvrons la route des cieux.

Travaillez, mes demoiselles,

Votre profit est bien clair :

Vous verrez, grâce à vos ailes,

Bientôt tout Paris en l’air.

Plumons d’une main légère, etc.

Dédaignant les vieilles coutumes,

Mon maître qui volera,

Des oiseaux ne prend que les plumes,

Je prends ce qui restera.

Plumons d’une main légère, etc.

Le mécanicien Dédale

Fait savoir à la Capitale

Qu’il vient de perfectionner

L’invention, vraiment nouvelle,

De s’envoler à tire d’aile ;

Et ce qui va bien étonner,

Il a fait confectionner

Deux cent mille ailes mécaniques,

Qu’on ne trouve qu’en ses fabriques ;

Au moyen desquelles on peut

S’envoler, même quand il pleut ;

Par cette manœuvre savante,

On verra bientôt, il s’en vante,

À la tête des bons voleurs,

Huissiers, recors et procureurs,

Auteurs comiques et tragiques,

Tailleurs, intendans, empyriques,

Pédans, commerçans et traitans,

Gens par nature assez pesans ;

Pour le prompt débit de ses ailes,

Il compte beaucoup sur les belles ;

Sans aucun risque l’on pourra

Apprendre chez lui ce jeu là.

Si quelques poltrons, moins ingambes,

Craignaient de se casser les jambes,

Le marchand d’ailes avertit

Qu’il le fait et les garantit.

Pour faire fortune, en volant,

Monsieur Dédale est passé maître ;

Je rends justice à son talent ;

Mais un jour, tout en l’admirant,

Je le surpasserai peut-être.

Il me traite comme un enfant ;

Mais il saura de mes nouvelles,

Je crois que je suis assez grand

Pour voler (bis) de mes propres ailes.

Plumons d’une main légère, etc., etc.

Le mieux est l’ennemi du bien,

C’est une maxime prudente ;

Quant à moi, qui n’invente rien,

De ce qu’on fait je me contente.

Souvent par trop d’ambition,

Au lieu d’avancer on recule.

On court à la perfection ;

On n’arrive qu’au ridicule.

Tous trois nous étions déjà

De différens caractères :

De Jupin et de ses frères

L’exemple nous dirigea.

À votre humeur trop sévère ;

La médecine dût plaire ;

Notre aîné se fit corsaire

L’Océan combla ses vœux…

Docteur, qu’avez-vous à dire ?

Vous prîtes le sombre empire ;

Je prends l’empire des cieux.

Vous avez placé mille louis

En fantasmagorie ;

Deux mille se sont évanouis

En secrets de chimie

Vous avez perdu deux mille écus

En murs de nouvelles fabriques

Et vous avez mangé le surplus

En fonts économiques.

Pour votre fantasmagorie

Vous vous nommiez monsieur Lenoir ;

Quand vous raffoliez de chimie,

Vous étiez monsieur l’Entonnoir.

Votre inconstance est sans égale ;

Et je prédis votre destin.

Aujourd’hui vous êtes Dédale,

Vous serez Icare demain.

N’imitons pas ces charlatans fameux,

Qui pleins de fiel et pleins de jalousie,

En s’affichant, prouvent à tous les yeux

Que l’ignorance est la sœur de l’envie.

Ah ! loin d’avoir un tort pareil,

À ce vieillard rendons hommage.

De son courage il prend conseil ;

Et se rapproche du soleil,

Pour fondre les glaces de l’âge.

Mon père ; accourez donc bien vite,

La foule arrive à chaque instant.

Douterez-vous de mon mérite ?

Tout Paris est là qui m’attend ?

Soyez bien fier de son suffrage.

Chacun voudra voir mes talens.

Vous partagez cet avantage

Avec les animaux savans.

Combien cette grande affluence

Doit flatter un homme à talent !

De ma sublime expérience

Je veux hâter l’heureux instant.

Vraiment une telle affluence

À mes yeux n’a rien d’étonnant ;

Et mon frère à Paris, je pense,

N’est pas le seul extravagant.

Combien je sens d’impatience

De voir un prodige si grand !

Pouvais-je croire, en conscience,

Qu’on volait si facilement ?

Grâce au vol, qu’on me verra prendre,

Je veux éterniser mon nom.

Au Panthéon j’irai descendre.

Je vous attends à Charenton.

combien cette grande affluence, etc.

Vraiment une telle affluence, etc.

combien je sens d’impatience, etc.

L’homme est, dit-on, bien léger.

Dans son inconstante ivresse,

De séjour et de maîtresse,

Souvent on le voit changer.

Il prie toujours près des belles

Les papillons pour modèles ;

Et de chaînes éternelles,

Jamais il ne se chargea.

L’expérience est certaine :

L’homme volera sans peine,

Puisqu’il voltige déjà.

Rien n’égale ma colère :

N’est-il pas bien chagrinant

D’être connu pour le frère

D’un pareil extravagant.

Je ne veux pas (tant j’enrage

De voir mes soins superflus)

Revenir, qu’il ne soit sage.

Ah ! vous ne reviendrez plus.

Rien n’égale, etc.mon père,

Ah ! calmez votre colère,

Restez encore un moment ;

Car, si vous quittez mon père,

Je vais perdre mon amant.

Toujours plus fidèle,

Près de mon Adèle,

Cherchant le plaisir,

L’amour me ramène vers elle ;

Lui porter mon cœur, c’est l’offrir

À la plus belle.

Modérez un transport si doux

On veut que je renonce à vous ;

Mais je brave ces lois cruelles :

S’il fût promptement mon vainqueur,

L’amour, pour sortir de mon cœur,

Ne trouvera plus ses ailes.

Aimable assurance ;

De notre Constance

Attendons le prix,

L’amour aura sa récompense ;

On dit que le bonheur est fils

De l’espérance.

Qu’un serin déserte sa cage,

Qu’il arrive un poisson nouveau,

Que quelque dispute s’engage,

Que quelque chien tombe dans l’eau,

Les oisifs accourent en foule,

Et sur les ponts on en verra

Tant que la Seine coule coule,

Tant que la Seine coulera.

Qu’un charlatan vienne à paraître,

Qu’on promène un bœuf, un cheval ;

Chacun se met à sa fenêtre ;

L’empressement est général,

De Paris la mode est connue ;

Ici les maris savent mieux

Ce qui se passe dans la rue,

Que ce qui se passe chez eux.

Et gai, gai, gai, nous voulons tous

Voler à tire d’ailes ;

Et gai, gai, gai, nous voulons tous

Prendre un plaisir si doux.

Messieurs, point de querelles ;

Tout le monde en aura ;

Et vous, mesdemoiselles,

On vous enlèvera.

Et gai, gai, gai, etc.gai, gai, ga

Ah ! révoquez, mon père,

Un ordre rigoureux.

Non, vous devez, ma chère,

Plus haut porter vos veux.

Et gai, gai, gai, nous voulons tous

De ces nouvelles

Ailes :

Et gai, gai, gai, nous voulons tous

Prendre un plaisir si doux.

Loin de me faire un injuste reproche,

Vous allez me remercier ;

Les voyageurs arrivés par le coche

Sont faits pour vous apprécier.

Vos grands talens en mécanique,

Par moi leur seront indiqués ;

Et vous pouvez compter sur la pratique

De tous les nouveaux débarqués.

Ne pouvant faire sentinelle

Quand ma fabrique s’ouvrira,

De vous ici, mademoiselle,

Un tour de clé me répondra

(Il l’enferme dans le pavillon.)

Pour me fuir vous n’avez point d’ailes.

Protégeant les amants fidèles,

Va, l’amour nous en prêtera ;

Et ton oncle nous soutiendra.

Allez, messieurs, allez par là ;

Tour-à-tour on vous servira,

Et tout le monde volera.

J’ai pris un certain embonpoint ;

Mais à le cacher je m’applique ;

On ne l’aperçoit presque point

Quand j’ai ma ceinture élastique,

Pour l’état léger, qui m’a plu,

Je suis un peu gros : comment faire ?

Hélas ! avec son superflu

Je n’aurais pas le nécessaire.

Fils légitime d’Apollon,

Je veux de ces ailes uniques,

Qui lestement sur l’hélicon

Firent voler nos grands tragiques.

En fait de plumes j’ai tout vu,

Et je vous comprends à merveille,

Mais, jusqu’ici l’on a pas pu

Retrouver celle de Corneille.

Il faut en avoir l’habitude

Pour savoir prendre son essor ;

S’élever demande une étude,

Que vous n’avez pas faite encor.

J’admire votre noble envie ;

Pour vous aider à la remplir

J’aurai les ailes du Génie :

Mais, saurez-vous vous en servir ?

Non, je ne perdrai point mes pas

Dans l’étroit sentier de la gloire.

Ce faquin là ne croit-il pas

Aller au temple de mémoire ?

Haut.

Moi seul je dois être cité,

Mes vers me donnent l’assurance

D’aller à la postérité.

Il ira comme je danse.je danse0

Quel brillant

Élan

Je prendrai !

Je saurai

Contenter,

Enchanter,

Grâce à vous

Tous les goûts,

Léger.

Sans danger,

Ce moyen

Va soudain,

De plaisir,

Rajeunir

Le Zéphir.

Avec audace,

Sur le Parnasse,

Un vol marquant,

M’installe sur le champ.

Oui, je suis garant

De vos droits ;

Je vous vois

Cette fois

Un talent

Surprenant.

Quel brillant

Élan etc.

Quel brillant, etc.

J’étais cité comme un grand nouvelliste

Du Luxembourg je fus long-temps l’appui.

Mon cher monsieur, l’état de publiciste

Ne va vraiment que d’une aile aujourd’hui.

Tous nos discours passent pour bagatelles ;

Mais je sens trop que ce métier m’est cher ;

Et je n’ai plus d’espoir que dans vos ailes,

Pour débiter des nouvelles en l’air.

Le moyen serait unique

Pour narguer mes créanciers ;

Mais les recors, les huissiers,

Ne seraient pas les derniers

Qui le mettraient en pratique ;

Et jusqu’au ciel, ces vautours

pourchasseraient toujours.

Je croirais, rempli de joie,

Tromper leur bec affamé ;

Mais par ces oiseaux de proie

Je serais toujours plumé.

Ce n’est point une gasconade,

On voit de ces exemples-là :

Et j’ai lu dans la Dunciade,

Qu’un âne un beau jour s’envola.

On a donc tort quand on condamne

Ce secret pour moi plein d’appas :

Puisqu’on a vu voler un âne,

Pourquoi ne volerais-je pas ?

Au même instant où nous irons,

Prendre à la file

Leur asile,

Les oiseaux viendront, sans façons,

leur tour prendre nos maisons.

Je les vois, réglant leur course :

Les corbeaux vont au palais ;

Les vautours vont à la bourse ;

Les canards dans le marais ;

Au collège les perroquets ;

Et les cailles chez les dévotes

Les linottes

En même temps,

Descendront chez les pauvres gens

Les geais chez les plagiaires

Les hiboux chez maint savant ;

Et sur ses ailes légères

La pie arrive au couvent.

Les bécasses, suivant

Le vent,

Chez les vieilles iront descendre ;

L’étourneau, chez maint élégant,

Ira prendre

Son logement.

Chez les époux, sans obstacle

Les coucous iront dormir.

Tous les merles, au spectacle,

Pourront siffler à loisir.

La fauvette

À Feydeau viendra

Redire encor sa chansonnette ;

Et je suis sûr qu’à l’Opéra

Le chat-huant s’installera.

Tous, dans la même journée

Voudront trouver leur salut ;

Les dindons à l’Athenée,

Les cygnes à l’Institut.

Mais quand j’y pense je gémis

Sur la tourterelle

Fidelle ;

Elle est la seule dans Paris

Qui ne trouvera pas d’abris

Chez les faiseurs de libelles,

Je vois courir les pinsons,

Les moineaux-francs chez les belles ;

Le rossignol aux bouffons :

Et, fier d’obéir à la voix

Du Dieu qui lance le tonnère,

Sur la terre

Gardant ses droits,

L’aigle veille au palais des rois.

Oui, je cours au fond du jardin

Chercher de ces ailes

Nouvelles :

Je vais voler ; mais, cher voisin,

Chez vous je descendrai demain.

Courez vite au fond du jardin

Chercher de ces ailes

Nouvelles,

Pour moi j’aime mieux, cher voisin,

Vous laisser à moitié chemin.

Oui, je cours au fond du jardin etc.

Est-il exigeant et sévère ?

Non, son humeur est débonnaire

Mais, c’est le plus froid des époux.

Envolez-vous, envolez-vous.

Pour me plaire,

Il ne sait rien faire ;

Et, pourtant, je ne puis le taire,

Il rend justice à mes appas…

Ne vous envolez pas, (bis.)

Il est vrai, je suis la maîtresse ;

Mais quoique tout cède à mes vœux,

Mon époux je vous le confesse,

Ne fait pas tout ce que je veux.

D’ailleurs, chaque ordre que je donne,

De point en point serait suivi,

Que commander à mon mari

C’est ne commander à personne.

Je cherche à fuir un triste époux,

C’est un exemple pour les femmes ;

Et je compte bien entre nous,

Qu’il sera suivi par ces dames.

Pour punir Messieurs les maris

De leur peu de galanterie…

Les femmes comme les perdrix

Vont s’envoler par compagnie.

La beauté doit toujours voler à des conquêtes.

Jusques aux deux que son vol soit porté.

Sur nos maris planons avec fierté :

Nos ailes désormais vont ombrager leur tête.

Vous voyez une fillette

Brûlant de changer d’état :

Et qui voudrait en cachette

Quitter son pensionnat.

Comment ?

Vraiment,

Ma belle enfant,

Vous auriez ce courage

À vôtre âge !

Pourtant fillette qui s’en va,

Le loup dit-on, la croquera.

Croquer les filles ? Pas du tout.

En pension, j’en vois beaucoup, (bis.)

Qui n’ont vraiment pas peur du loup.

Il est des amusemens

Permis dans notre retraite

Nous jouons, de temps en temps

Au volant, à la cachette.

Mais je suis vive et grandelette ;

À mon âge on peut, je le sens,

S’ennuyer des jeux innocens.

Voler vraiment

C’est charmant,

C’est charmant pour une fille.

Je sais, je sais bien pourquoi,

En secret déjà je grille

De ne plus voir une grille

Entre le plaisir et moi.

Honneur, honneur au mandarin

Qui, pour voir notre expérience,

Ou de Pékin,

Ou de Nankin,

Chez nous arrive en palanquin.

Par quelques dons

De nos cantons

Voulant honorer la science,

Je n’ai pu trouver, entre nous,

Un seul magot digne de vous.

Honneur, honneur, etc.

Reconnais-moi, ma chère Adèle.

Allons, mon ami,

Ouvrez une aile.

La voici.

Partons : tout nous seconde ici.

Décidez-vous.

Trémoussez-vous.

Décidez-vous.

Trémoussez-vous, déployez l’autre aile.

Vous le voyez bien.

On peut partir sans craindre rien.

Examinez bien,

Messieurs, voilà votre modèle.

Vous le voyez bien,

On peut partir sans craindre rien.

Décidez-vous donc et suivez-moi ma chère Adèle,

Vous le voyez bien,

Tous ces nigauds n’en verront rien.

Allons ; vite, apprête-toi.

N’hésitez plus mon amie,

Chez votre oncle suivez-moi.

À votre foi je me fie.

Bien ; tout comble mon envie.

Je veux que dans peu d’instant,

Ici prouvant mon génie

Tout s’enlève (bis) en même temps.

Allons prendre nos ailes,

Et volons avec elles,

Dans les routes nouvelles

Que l’on va nous montrer.

Partez, partez sans différer,

Mes disciples fidèles

En bas moi, je veux demeurer,

Pour mieux vous admirer.

Allons prendre, etc.

La colère m’enflamme.

Quoi ! vous ici madame !

Est-ce ainsi qu’une femme,

Quand l’hymen la réclame,

Plante son mari là ?

Ah ! ah ! ah ! ah !

Voyez la vieille folle !

Regardez comme il vole.

L’amour, sur ma parole,

N’est pas mieux fait, que ça.

Ah ! comme il vole, vole !

Ah ! comme il volera !

Comme elle vole !

Comme elle volera !

Une fille est un oiseau,

Nous dit une chansonnette,

Tant quelle est toute jeunette,

Son nid peut lui sembler beau.

Mais, quand sa quinzième aurore

Est déjà tout près d’éclore,

Quitter un lieu qu’elle abhorre

Est ce que l’instinct lui dit.

Or, je viens ici, ma mère,

Sous votre aile tutélaire,

Apprendre à quitter mon nid.

Sur un immense échafaudage,

Exprès dressé dans le jardin,

Munis d’ailes, avec courage,

Nous étions tous montés soudain.

Monsieur Dédale

D’abord étale

Tous ses ressorts avec art inventés.

Il examine

Chaque machine ;

Frappe des mains, en nous disant « partez. »

Nous prenons un vol téméraire ;

Les spectateurs lèvent les yeux.

Chacun nous cherche dans les cieux

Nous étions tous par terre.

Quelle malheureuse aventure

De moi que va dire Paris !

Je crains d’avoir quelque foulure.

J’ai le nez, le menton meurtris.

À peine je respire.

Moi, j’étouffe de rire !

On ne volera pas.

Hélas ! hélas ! hélas !

Long-temps, monsieur, sur ma parole,

En France on vous admirera :

On vous citera ;

On vous vantera ;

On vous chantera.

S’envole, (bis).

Désormais qui voudra.

Ah ! les beaux oiseaux vraiment !

Comme ils battent bien des ailes !

Dites-moi, peuple volant

Des nouvelles

Du firmament.

Ces Messieurs vous donneront,

Mon frère, mainte louange :

Et je suis sûr qu’ils diront

Que vous volez comme un Ange.

Ah ! le bel oiseau vraiment,

Avec ces ailes

Nouvelles !

Comme il vole lestement !

Comme il vole mon argent !

D’un voyageur ingénieux

Vous vouliez devenir l’émule,

Mais son vol l’a rendu fameux :

Vous ne seriez que ridicule,

De ceux qui suivirent ses pas

Ici la troupe est rassemblée

Vos ailes les ont mis bien bas :

Et la seule qui n’en eut pas

A pris aujourd’hui (bis) sa volée.

Dans tous les états de la vie,

Amis souvenez-vous en bien,

Marcher, terre à terre est folie,

Voler voilà le grand moyen ;

Amant d’une beauté rebelle,

Quand elle vous voit, s’enfuit-elle ?

Volez donc, volez, volez donc,

Volez sur les pas de la belle

Volez donc nigaud, volez donc,

L’occasion fait le larron.

Que je plains ces auteurs timides,

Qui dans leurs travaux trop prudens,

Modestement prennent pour guides,

Les grands auteurs du bon vieux temps ;

Loin de marcher dans la carrière,

En admirant toujours Molière,

Volez donc, messieurs, volez donc ;

Volez, vous ne saunez mieux faire ;

Volez donc, messieurs volez donc

Jusqu’au sommet du double Mont.

Lorsqu’ils atteignent certain âge,

Les hommes, du sort mécontens,

Voudraient bien parvenir, je gage,

À couper les ailes du temps.

Mais, dans leur pension captives,

J’entends dire aux filles naïves,

Volez donc, heures, volez donc :

Volez donc heures trop tardives ;

Volez donc heures volez donc ;

Nos quinze ans jamais ne viendront.

Quand un héros nous sert de guide

Nous ne craignons aucun rêve ;

Rien n’arrête l’aigle intrépide ;

Son vol embrasse l’univers.

Dignes du Temple de mémoire ;

Dans le beau chemin de la gloire,

Volez donc Français volez donc,

Sur les ailes de la victoire,

Volez donc, Français, volez donc ;

De lauriers ceindre votre front.

Messieurs un voyageur habile,

Par vos suffrages accueilli,

Vous a fait courir à la file,

Dans les jardins de Tivoli.

Sans imiter son vol agile,

Nous disons à toute la ville ;

Volez donc, volez, volez donc ;

Volez au petit vaudeville ;

Que ne peut-il en ce moment ;

Voir chez lui tout Paris volant !

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Por su autor
Maurice Ourry
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Expediente

Autor
Maurice Ourry
Título
Paris volant, ou La Fabrique d’Ailes
Lengua
francés
Época
Romanticismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-paris-volant-ou-la-fabrique-dailes--maurice-ourry-25455b
Cita recomendada
Maurice Ourry, «Paris volant, ou La Fabrique d’Ailes», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-paris-volant-ou-la-fabrique-dailes--maurice-ourry-25455b.html

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