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PoetósferaLa BibliotecaPierre-Jacques-René Denne-Baron

Pierre-Jacques-René Denne-Baron · Romanticismo

Naissance de S. M. le Roi de Rome

francés

C’est ainsi que les bords de l’Èbre

Répétaient les divins accords

Du chantre amoureux et célèbre

Dont la voix sut toucher les morts :

« Race vouée à tous les crimes,

« Fils de Japet, justes victimes

« Des vengeances de Jupiter,

« Laissez à l’ours son cœur sauvage ;

« Soyez hommes, et de cet âge

« Que vos vertus domptent le fer.

« En vain vos soupirs à Cybèle

« Redemandent un âge d’or ;

« De son sein devenu rebelle

« S’est tari l’antique trésor,

« Et, par vos bras fertilisée,

« Vos sueurs seront la rosée

« D’où naîtront ses fruits les plus doux.

« Ah ! soyons heureux par nous-mêmes,

« Puisque, lassé de nos blasphèmes,

« Jupiter s’éloigne de nous. »

Laissons l’Hémus et le Rhodope

Admirer ces vaines chansons

Qu’un fils chéri de Calliope

Jadis érigeait en leçons :

Il crut sur sa lyre indiscrète

Dénoncer cette loi secrète

Qui régit ce vaste univers ;

Sons inutiles ; la nature

Accuse aujourd’hui d’imposture

Le chantre divin et ses vers.

Un siècle nouveau se révèle

Des champs du soir à l’orient ;

La jeune Aurore renouvelle

Les roses de son front riant ;

La Nuit en épurant ses voiles

Laisse éclater l’or des étoiles

Dont ses noirs lambris sont semés ;

Et déjà nos maîtres célestes

Ont éteint les astres funestes

Dans leur saint courroux allumés.

Telle qu’aux premiers jours du monde,

De ses plus pompeux vêtemens

La Terre, désormais féconde,

Reprend les chastes ornemens :

De mille couronnes parée,

Elle marche dans l’Empyrée

Sous l’œil amoureux du Soleil,

Comme aux yeux d’un époux fidèle

Vers sa couche riche et nouvelle

Marche une vierge au front vermeil.

De tels prodiges vous étonnent,

Fils de Japet ; peuple pervers !

— Quoi ! dites-vous ; ces dieux qui tonnent

Pardonnent-ils à l’univers ! —

Rassurez-vous ; réduits en poudre,

Quelques rochers seuls de la foudre

Attesteront le vain courroux :

Par un serment le ciel s’engage ;

Sa clémence vous donne un gage

Du pacte qu’il fait avec vous.

Aux yeux l’Olympe se découvre ;

Un rayon coule de son sein ;

Une noble argile s’entr’ouvre,

Et reçoit le rayon divin :

Le Ciel nous sauve ; un roi respire :

Tout s’accomplit ; sur son empire

Cette étoile naissante a lui ;

Enfant qui ne sait point encore

Que l’Univers entier l’adore,

Et que l’Univers est à lui.

Les dieux, qui font à leur image

L’âme des héros et des rois,

Par un salutaire esclavage

L’enchaînent aux communes lois ;

Ils bâtissent de même argile

Son séjour étroit et fragile,

Pour que ces terrestres moteurs,

Par ce côté frères des hommes,

Soient de nous tous, tant que nous sommes,

Les amis et les protecteurs.

À peine aux portes de la vie,

Fils sacré des rois, tu parais,

Qu’aux Enfers la Haine et l’Envie

Se plongent et brisent leurs traits :

Le double trident de Neptune

Est le jouet dont la Fortune

Amusera tes jours nouveaux ;

Oui, tant que fileront les parques

D’un or si pur, jamais monarques

N’auront appauvri leurs fuseaux.

De l’écharpe d’Iris Cyrnée

Revêt les brillantes couleurs ;

Au sein de la vague étonnée,

Prince, elle t’offre un lit de fleurs :

De ce globe antiques merveilles,

Un essaim de jeunes abeilles

Sur ces plages descend du ciel ;

Sans crainte des plantes amères,

Pour toi ces nourrices légères

Distillent l’ambre de leur miel.

Du creux de ses grottes profondes,

L’œil fier, le front cicatrisé,

Le Tibre regardait ses ondes

Rouler sur son sceptre brisé,

Quand, au doux cri qui vient de naître,

Il croit encore reconnaître

La voix de ses Césars éteints ;

Rempli d’amour et d’espérance,

Il abandonne à ton enfance

Son lit, sa gloire et ses destins.

Du trône branche fleurissante,

Illustre Enfant, croîs sur nos bords ;

La Seine à ta bouche innocente

De son sein ouvre les trésors ;

De violettes et de roses

Le long de ses rives écloses

Elle te compose un berceau :

Nourrice belliqueuse et tendre,

Elle seule a droit de prétendre

Aux honneurs d’un emploi si beau.

Du moins l’oreille de ta mère

Sera voisine de tes cris ;

Là du moins tu verras ton père

Sourire à ton premier souris :

Un jour si la Gloire, jalouse,

Des caresses de son épouse

Lui dérobe quelques instans,

Près de ta mère aux temps d’absence

Tu lui rendras par ta présence

Du héros les traits éclatans.

Tel sur les sommets de Norwège,

Bientôt rival de l’aquilon,

Parmi de purs flocons de neige

S’essaie au vol un jeune aiglon ;

Son œil sans baisser la paupière

Fixe du roi de la lumière

Le diadème radieux,

Tandis qu’aux plaines inconnues

Son père, l’habitant des nues,

Promène la foudre des dieux.

Près de ton trône indestructible

La Force, déployant son bras,

Sur une base incorruptible

Affermit tes vastes états :

Ton palais fournira les sources

Où, pour nous féconds en ressources,

Les dieux puiseront leurs bontés ;

Et, dieu toi-même sur la terre,

Sans armer ta main du tonnerre

Tu verras tes droits respectés.

Ainsi dans un ciel pacifique

Purgé de foudres et d’éclairs,

L’astre du jour, roi magnifique,

Règne sur le trône des airs,

Et, sans voiles et sans obstacle,

Du monde admirable spectacle,

De fleurs couronne les buissons,

Des fruits anime la semence,

Enfante la forêt immense,

Et fait germer l’or des moissons.

Du chantre amoureux et célèbre

Dont la voix sut toucher les morts :

Silvestreis homines sacer interpresque deorum

Cædibus et victu fœdo deterruit Orpheus ;

Dictus ob hoc lenire tigreis rapidosque leones.

Fils de Japet, justes victimes

Des vengeances de Jupiter,

Ἰαπετιονίδη, πάντων περὶ μήδεα εἰδὼς,

Χαίρεις πῦρ κλέψας, καὶ ἐμὰς φρένας ἠπεροπεύσας ;

Σοι τ’ αὐτῳ μέγα πῆμα καὶ ἀνδράσιν ἐσσομένοισι.

Τοῖς δ’ ἐγὼ ἀντὶ πυρὸς δώσω κακὸν, ᾧ κεν ἅπαντες

Τέρπωνται κατὰ θυμὸν, ἑὸν κακὸν ἀμφαγαπῶντες.

Vos sueurs seront la rosée

D’où naîtront ses fruits les plus doux.

Et déjà nos maîtres célestes

Ont éteint les astres funestes

Dans leur saint courroux allumés.

Carminé divinas artes, et conscia Fali

Sidera diversos hominum variantia casus,

Cœlestis rationis opus, deducere mundo

Àggredior..........

.....(viderunt) Crinemque timendi

Sideris, et terris mutantem régna conieten.

Rassurez-vous ; réduits en poudre,

Quelques rochers seuls de la foudre

Attesteront le vain courroux :

Le tonnerre, ayant pour guide

Le père même de ceux

Qu’il menaçait de ses feux,

Se contenta de leur crainte ;

Il n’embrasa que l’enceinte

D’un désert inhabité :

Tout père frappe à côté.

Qu’arriva-t-il ? Notre engeance

Prit pied sur cette indulgence :

Tout l’Olympe s’en plaignit,

Et l’assembleur de nuages

Jura le Styx, et promit

De former d’autres orages :

Ils seraient sûrs. On sourit ;

On lui dit qu’il était père,

Et qu’il laissât, pour le mieux,

À quelqu’un des autres dieux

D’autres tonnerres à faire.

Vulcain entreprit l’affaire :

Ce dieu remplit ses fourneaux

De deux sortes de carreaux ;

L’un jamais ne se fourvoie,

Et c’est celui que toujours

L’Olympe nous envoie :

L’autre s’écarte en son cours ;

Ce n’est qu’aux monts qu’il en coûte ;

Bien souvent même il se perd,

Et ce dernier en sa route

Nous vient du seul Jupiter.

Le double trident de Neptune

De l’écharpe d’Iris Cyrnée

Revêt les brillantes couleurs ;

De ce globe antiques merveilles,

Un essaim de jeunes abeilles

Sur ces plages descend du ciel ;

Protinus aërii mellis cœlestia dona

Exequar.........

C’est du séjour des dieux que les abeilles viennent ;

Les premières, dit-on, s’en allèrent loger

Au mont Hymette, et se gorger

Des trésors qu’en ces lieux les zéphyrs entretiennent.

Quand on eut des palais de ces filles du ciel

Enlevé l’ambroisie en leurs chambres enclose,

Ou, pour dire en français la chose,

Après que les roches, sans miel,

N’eurent plus que la cire, on fit mainte bougie ;

Maint cierge aussi fut façonné.

Sans crainte des plantes amères,

Pour toi ces nourrices légères

Distillent l’ambre de leur miel.

Sic tua Cyrneas fugiant examina taxos.

(Satan) ........And call’d

.mw-parser-output .ws-mpom-strophe{display:inline-block;page-break-inside:avoid;break-inside:avoid}His legions, angel forms ; who lay intranc’d

Thick as autumnal leaves that strow the brooks

In Vallambrosa, where th’ Etrurian shades

High over-arch’d imbow’r......

(Satan) Contemple ses guerriers de frayeur éperdus,

Et sur le lac en feu tristement étendus.

Rien ne peut s’égaler à leur foule nombreuse ;

Sous les profonds berceaux des bois de Vallombreuse,

Moins pressés, moins épais, des feuillages flétris

Au retour des hivers s’entassent les débris.

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Autor
Pierre-Jacques-René Denne-Baron
Título
Naissance de S. M. le Roi de Rome
Lengua
francés
Época
Romanticismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-naissance-de-s-m-le-roi-de-rome--pierre-jacques-rene-denne-ba-593c9a
Cita recomendada
Pierre-Jacques-René Denne-Baron, «Naissance de S. M. le Roi de Rome», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-naissance-de-s-m-le-roi-de-rome--pierre-jacques-rene-denne-ba-593c9a.html

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