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PoetósferaLa BibliotecaMarie le Pech de Calages

Marie le Pech de Calages · Barroco

Mademoiselle de Calage

francés

Il porte dans ses mains la foudre et le trepas,

La crainte et la terreur volent devant ses pas,

« Tu sentiras bientôt la peine de tes crimes.

Lorsque j’immolerai les Hébreux à mon roi,»

Je jure ici par lui de commencer par toi :

Va respiror chez eux ta dernière journée… »

Le front couvert de cendre et les larmés aux yeux,

La face contre terre et le cœur vers les cieux…

Et le corps sur la terre, et l’esprit dans le ciel.

D’un rayon lumineux il couronne sa tête,…

Et tous ses traits font voir son immortalité.

Du haut du firmament il se trace une voie,

À peine à l’œil du jour son aile se déploie,

Que le ciel réfléchit ses brillantes couleurs.

Les airs sont parfumés des plus douces odeurs…

Plus prompt que la pensée, au milieu des éclairs,

Il a franchi les cieux et traversé les airs.

Elle touche, et cent fois elle arrose de larmes,

L’habit dont son époux voulut parer ses charmes,

Quand, aux yeux des Hébreux, s’avançant à l’autel,

Tous deux se sont jurés un amour éternel.

Qu’un soin bien différent l’agite et la dévore !

Ah ! ce n’est pas pour plaire à l’objet qu’elle adore,

Que Judith a recours à ces vains ornemens :

Elle entend tout-à-coup de longs gémissemens ;

Son bras avec effroi comme enchaîné s’arrête ;

Elle frémit, soupire et détourne la tête :

D’un nuage confus son ceil est obscurci ;

D’un tremblement soudain tout son corps est saisi.

À la pâle lueur d’une sombre lumière,

Un fantôme effrayant vient frapper sa paupière :

C’est Manassés qui s’offre à son cœur attendri,

Tel que ses yeux l’ont vu, quand cet époux chéri

Exhala dans ses bras son ame fugitive.

Il se cherche lui-même et ne se trouve plus.

Moi-même pour tout fruit de mes soins superflus,

Maintenant je me cherche et ne me trouve plus.

L’absence de Judith dure trop longuement,

Et chaque heure est un siècle à ce nouvel amant.

Son courage redouble ; un feu divin l’embrase.

Ce n’est plus cet objet dont le charme vainqueur

Du farouche Holopherne avait séduit le cœur :

Sa démarche et ses traits n’ont rien d’une mortelle,

Une sombre fureur en ses yeux étincelle,.

Ses cheveux sur son front semblent se hérisser,

Un pouvoir inconnu la force d’avancer.

Elle voit sur le lit la redoutable épée,

Qui dans le sang hébreu devait être trempée ;

Elle hâte ses pas, et prend entre ses mains

Ce fer victorieux, la terreur des humains,

Observe avec horreur ce conquérant du monde,

S’applaudit en voyant son ivresse profonde ;

Puis soulève le fer, l’arrache du fourreau,

Et le cœur enflammé par an transport nouveau,

Croit entendre la voix du ciel qui l’encourage :

« Tu le veux, Dieu puissant, acheve ton ouvrage. »

Elle dit, et d’un bras, par Dieu même affermi,

Frappe d’un for tranchant son superbe ennemi…

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Autor
Marie le Pech de Calages
Título
Mademoiselle de Calage
Lengua
francés
Época
Barroco
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-mademoiselle-de-calage--marie-le-pech-de-calages-f7a872
Cita recomendada
Marie le Pech de Calages, «Mademoiselle de Calage», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-mademoiselle-de-calage--marie-le-pech-de-calages-f7a872.html

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