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PoetósferaLa BibliotecaÉlisabeth-Sophie Chéron

Élisabeth-Sophie Chéron · Ilustración

Mademoiselle Chéron

francés

Par quel étonnant prodige

Me vois-je ici transporté ?

Surpris, je m’égare ; où suis-je ;

Mon œil est-il enchanté ?

Est-ce en ce lieu qu’on révère

La déesse de Cythère ?

Est-ce Baye aux claires eaux ?

De Tibur est-ce l’ombrage ?

Tempe, sur ce verd rivage,

Voit-il couler ses ruisseaux ?

Ici, des tapis barbares

Les ornements précieux,

Sur leurs figures bizarres

Sçavent arrêter les yeux.

Ici, le vase fragile

De la transparente argile

Eclate de toutes parts ;

Et tout ce que l’Inde envoye,

En ces lieux devient la proye

De nos avides regards.

Magnifique galerie

Où je me trouve conduit !

Cause de ma rêverie,

Quel charme en vous me séduit ?

Répondez-moi, Néréides,

De vos demeures humides.

Par quels prodiges nouveaux

Vois-je vos fontaines vives.

Loin de leurs sources captives,

Prodiguer ici leurs eaux ?

Cent colonnes de porphyre

Font un cercle spacieux,

Où cent jets d’eau , qu’on admire,

S’élèvent ambitieux.

Mille sources amassées,

Ici courent empressées

Former un mont de cristal ;

Et là d’un chêne immobile

L’eau goutte à goutte distille,

Et rentre en son lit natal.

Comme de jeunes bergères

Qu’on voit danser aux chansons,

Bondissez, ondes légères,

Formant d’agréables sons ;

Sur une pompeuse scène,

Brillez, sources d’Hippocrène ,

Et par des arcs élevés.

Consacrez à la victoire,

Immortalisez la gloire

Du héros que vous servez.

La rose de Cythérée,

Sur son buisson florissant.

D’or et de pourpre parée,

Ouvre son bouton naissant.

Ici, la magnificence

Du lys, ami de la France,

Fait le plus riche ornement.

Tandis qu’en fleur convertie,

La trop constante Clitie

Veut suivre encor son amant

Fleuris, ô tendre hyacinthe,

Dans ces parterres divers,

Où tu peux braver sans crainte

Les plus rigoureux hivers.

Déjà, sur ce beau rivage,

Narcisse, pour son image,

Renouvelle ses ardeurs ;

Et la durable anémone,

De l’éclat qui l’environne

Embellit les autres fleurs.

Quel est ce nouveau spectacle,

Pour moi si rempli d’appas ?

Qu’aperçois-je ? quel miracle

Produit les fleurs sous mes pas ?

Ainsi qu’un autre Protée,

Sous une forme empruntée,

La terre s’offre à mes yeux !

La main de la jeune Flore,

D’un nouvel émail colore

Ces jardins délicieux.

Vives eaux, dont l’abondance

Forme un canal spacieux,

Vantez au loin la puissance

Qui vous rassemble en ces lieux.

Sur ces plaines azurées,

Volez, galères dorées,

Coupant l’eau de cent façons ;

Tandis qu’effleurant la rive,

Le cygne, à la voix plaintive,

Fait entendre ses chansons.

Grand Roi, c’est par ta prudence,

Qu’à l’ombre de ces lauriers,

Ton active vigilance

Fait vaincre ailleurs nos guerriers ;

Là, suspendant ton tonnerre,

Pour le repos de la terre,

Tu sçais borner tes désirs ;

Et c’est là que tu médites

La paix qui, dans nos limites,

Doit ramener les plaisirs.

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Por su autor
Élisabeth-Sophie Chéron · 1 pieza más en la casa
Dónde vive
La Biblioteca

← 2 — 2 septembre

Expediente

Autor
Élisabeth-Sophie Chéron
Título
Mademoiselle Chéron
Lengua
francés
Época
Ilustración
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-mademoiselle-cheron--elisabeth-sophie-cheron-e69950
Cita recomendada
Élisabeth-Sophie Chéron, «Mademoiselle Chéron», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-mademoiselle-cheron--elisabeth-sophie-cheron-e69950.html

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