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PoetósferaLa BibliotecaCatherine Durand

Catherine Durand · Ilustración

Madame Durand

francés

Quel est le dieu qui m’inspire

De chanter l’auguste roy

Qui, de tout ce qui respire,

Cause l’amour ou l’effroy :

Est-ce le dieu de la Thrace,

Dont Louis, suivant l’audace,

Nous fit trembler tant de fois ?

Est-ce Thémis ou Minerve,

Dont sans relasche il observe

Et les vertus et les loix ?

Non, c’est le dieu du Permesse

Qui, m’agitant à son gré

Par sa sainte et douce yvresse,

Me transporte au mont sacré.

J’y vois ce fils de Latone,

Sa docte cour l’environne.

O qu’ils ont un noble employ !

Ils enchantent les oreilles,

Par les brillantes merveilles

Qu’ils racontent de mon roy.

Qu’il est grand, fier, redoutable,

Dit le chantre souverain ;

Que son œil est formidable

Quand la foudre est en sa main !

Qu’il est humain, qu’il est sage !

La justice est son partage,

Respondent les doctes sœurs.

Qui de nous, dieux que nous sommes,

Mieux que lui pourroit des hommes

Connoistre et gagner les cœurs ?

Ainsi, sur la docte rive

Ils célèbrent ses exploits ;

De la nature attentive

Leurs chants suspendent les loix.

Aquilon est sans haleine,

Les claires eaux d’Hippocrène

S’écoulent sans murmurer,

Écho doucement respire.

Et près de Flore, Zéphire

N’ose même souspirer.

Ma seule voix, plus hardie,

Trouble, par ses foibles sons,

La céleste mélodie

De leurs divines chansons.

Le dieu, daignant me sourire,

Baisse le ton de sa lyre,

Pour s’accorder avec moy :

Nous chantons d’intelligence.

Dans le héros de la France,

L’honneste homme et le grand roy.

L’Équité tient sa balance

Quand il punit les forfaits,

L’auguste Magnificence

Esclate dans ses bienfaits.

Le célèbre dieu du Tage,

Dans le sang d’un roy si sage,

Cherche et trouve son appuy ;

Jaloux rivaux de sa gloire,

Tremblez, je vois la Victoire

Preste à voler après luy.

Lorsque l’affreuse Bellonne

Fait flotter ses estendars,

A pleines mains il moissonne

Les lauriers du champ de Mars.

Il n’est remparts, il n’est digues,

Il n’est complots, il n’est ligues

Capables de l’arrester.

Veut-il tout réduire en poudre ?

Un moment le voit résoudre,

Entreprendre, exécuter.

L’amitié, la confiance,

La bonne foy, la candeur,

Sans nuire à sa prévoyance,

Trouvent place dans son cœur.

Dans le calme ou dans l’orage,

Vit-on jamais son courage

S’endormir ou se troubler ?

N’eut-il pas, dès son aurore,

Les vertus que l’on adore

Et celles qui font trembler ?

Tel que, d’un bras invincible,

Il abbat les nations,

Tel, plus grand et moins terrible,

Il dompte ses passions.

L’impénétrable Prudence,

L’héroïque Patience

Le rendent maistre de tout ;

Et la fière Destinée,

Par luy soumise, enchaisnée,

Ne veut que ce qu’il résout.

L’esclatante Renommée,

Attentive à nos concerts,

D’un nouveau zèle animée,

S’eslance au milieu des airs.

Son vol est noble et rapide,

La Vérité qui la guide

Dans tous les cœurs lui fait jour ;

Et, des lieux les plus sauvages,

Elle attire des hommages

A l’objet de nostre amour.

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Por su autor
Catherine Durand
Dónde vive
La Biblioteca

Expediente

Autor
Catherine Durand
Título
Madame Durand
Lengua
francés
Época
Ilustración
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-madame-durand--catherine-durand-c0f96f
Cita recomendada
Catherine Durand, «Madame Durand», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-madame-durand--catherine-durand-c0f96f.html

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