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PoetósferaLa BibliotecaAmable Tastu

Amable Tastu · Modernismo

Madame Amable Tastu

francés

Ayant d’une tendresse étrange

Et qui vient peut-être de loin,

Fidèlement aimé les anges

Dont l’âme humaine a tant besoin,

Comment donc serais-je capable

De résister à la vertu

De cette poétesse aimable

Qui se nomme Amable Tastu ?

Non seulement on nous assure

Que vers neuf ans — presque un bébé ! —

Elle commença ses lectures

Par l’Homère de Bitaubé ;

Non seulement son front de nacre,

Qui pâlissait sur tant de vers,

Abrita « Les Oiseaux du Sacre »

Qui volèrent sur l’univers ;

Non seulement son âme neuve

N’épuisa jamais sa clarté ;

Et non seulement Sainte-Beuve

Désira la complimenter,

Mais c’est elle, certain Dimanche,

Qui composa pour notre bien,

La cantilène bleue et blanche

Qui s’appelle L’Ange gardien.

Dans tous les Trésors Poétiques

On voit ce poème charmant

Mêlant sa petite musique

À de grands accompagnements.

Près de Musset, de La Fontaine,

De Lamartine et de Hugo,

Il est là, respirant à peine,

Entre le Chêne et le Roseau…

Et ma mémoire la première

Avait retenu son frisson,

Car c’était presque une prière

Et c’était presque une chanson !

Veillez sur moi quand je m’éveille,

Bon ange, puisque Dieu l’a dit ;

Et chaque nuit, quand je sommeille,

Penchez-vous sur mon petit lit.

Ayez pitié de ma faiblesse,

À mes côtés marchez sans cesse,

Parlez-moi le long du chemin ;

Et, pendant que je vous écoute,

De peur que je ne tombe en route,

Bon ange, donnez-moi la main.

Déjà la rapide journée

Fait place aux heures du sommeil,

Et, du dernier fils de l’année,

S’est enfui le dernier soleil.

Près du foyer, seule, inactive,

Livrée aux souvenirs puissants,

Ma pensée erre, fugitive,

Des jours passés aux jours présents.

Ma vue au hasard arrêtée,

Longtemps de la flamme agitée

Suit les caprices éclatants,

Ou s’attache à l’acier mobile

Qui compte, sur l’émail fragile,

Les pas silencieux du temps.

Un pas encore, encore une heure,

Et l’année aura, sans retour,

Atteint sa dernière demeure ;

L’aiguille aura fini son tour.

Pourquoi de mon regard avide

La poursuivre aussi tristement,

Quand je ne puis d’un seul moment

Retarder sa marche rapide ?

Du temps qui vient de s’écouler

Si quelques jours pouvaient renaître,

Il n’en est pas un seul, peut-être,

Que ma voix daignât rappeler !

Mais des ans la fuite m’étonne ;

Leurs adieux oppressent mon cœur ;

Je dis : c’est encore une fleur

Que l’âge enlève à ma couronne

Et livre au torrent destructeur.

C’est une ombre ajoutée à l’ombre

Qui déjà s’étend sur mes jours ;

Un printemps retranché du nombre

De ceux dont je verrai le cours !

Écoutons !… le timbre sonore

Lentement frémit douze fois ;

Il se tait… je l’écoute encore,

Et l’année expire à sa voix.

C’en est fait : en vain je l’appelle,

Adieu !…

Adieu !… Salut, sa sœur nouvelle,

Salut ; quels dons chargent ta main ?

Quel bien nous apporte ton aile ?

Quels beaux jours dorment dans ton sein ?

Que dis-je ?… à mon âme tremblante

Ne révèle point tes secrets.

D’espoir, de jeunesse, d’attraits,

Aujourd’hui tu parais brillante,

Et ta course insensible et lente

Peut-être amène les regrets.

Ainsi chaque soleil se lève,

Témoin de nos vœux insensés ;

Ainsi toujours son cours s’achève,

En entraînant, comme un vain rêve,

Nos vœux déçus et dispersés.

Mais l’espérance fantastique,

Répandant sa clarté magique

Dans la nuit du sombre avenir,

Nous guide d’année en année

Jusqu’à l’aurore fortunée

Du jour qui ne doit pas finir !

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Por su autor
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Expediente

Autor
Amable Tastu
Título
Madame Amable Tastu
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-madame-amable-tastu--amable-tastu-fa119b
Cita recomendada
Amable Tastu, «Madame Amable Tastu», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-madame-amable-tastu--amable-tastu-fa119b.html

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