CADA PIEZA VIVE EN UNA DIRECCIÓN · NADA VIVE EN UNA SOLA SALA  

PoetósferaLa BibliotecaIsabelle Kaiser

Isabelle Kaiser · Vanguardias / s. XX

Luna (Isabelle Kaiser)

francés

C’est en levant les yeux que j’ai trouvé l’Amie

Qu’ici-bas mon regard rechercha vainement ;

Elle est venue à moi quand j’étais endormie

Et mon rêve a grandi sous son rayonnement.

Vous la voyez passer, bruissantes feuillées,

Elle répand sur vous son sourire indulgent,

Et durant les combats des nocturnes veillées

Pour elle tous mes pleurs sont des perles d’argent.

Elle porte un habit tissé de clartés blanches

Et traîne dans ses plis d’indicibles douceurs,

Elle connaît les nids blottis au sein des branches

Et les noms fabuleux des étoiles, ses sœurs.

Elle incline sur moi la tendresse touchante

D’une mère qui berce un enfant favori,

Et quand, dans la douleur, comme un cygne je chante

Elle écoute en silence et n’a jamais souri.

Lorsqu’elle vient à moi sur les vagues houleuses,

La grande paix des eaux lui conte son secret ;

Son cortège est l’essaim des pâles nébuleuses

Et l’ombre m’envahit lorsqu’elle disparaît.

Elle est la sœur du rêve et l’idéale amie

Qui ne me parle pas d’un monde que je fuis

Et laisse retomber mes heures d’insomnie

Comme des gouttes d’or dans la coupe des nuits.

Loin d’elle, chaque soir je guette sa venue,

Quand elle ne vient pas j’ai des pleurs dans la voix,

Et les chaudes lueurs d’une flamme inconnue

S’allument dans mes yeux lorsque je la revois.

Je ne croiserai point ses pas sur cette terre,

Car le Maître éternel a tracé son chemin,

Elle doit en tout temps graviter, solitaire,

Et jamais, non jamais, je n’étreindrai sa main.

Quand loin de sa clarté j’ai la mélancolie,

Elle vient, à pas lents, au cours de mon sommeil,

Jeter, en souvenir du pacte qui nous lie,

Dans les sentiers d’azur son anneau d’or vermeil.

Dans l’ombre de l’exil, où j’ai vécu, farouche,

Son regard infini partout me poursuivait,

Et lorsqu’elle venait prier près de ma couche,

J’ai cru voir la Patrie assise à mon chevet.

Fidèle jusqu’au bout à sa tendresse fière,

Elle seule viendra dans la nuit de l’oubli

Traîner ses voiles blancs au fond du cimetière

Et baiser sur la croix mon petit nom pâli.

Sigue explorando

Por su autor
Isabelle Kaiser · 2 piezas más en la casa
Dónde vive
La Biblioteca

← Les Morts (Isabelle Kaiser)Nuages →

Expediente

Autor
Isabelle Kaiser
Título
Luna (Isabelle Kaiser)
Lengua
francés
Época
Vanguardias / s. XX
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-luna-isabelle-kaiser--isabelle-kaiser-4d2a81
Cita recomendada
Isabelle Kaiser, «Luna (Isabelle Kaiser)», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-luna-isabelle-kaiser--isabelle-kaiser-4d2a81.html

Las obras de dominio público se reproducen íntegras, con atribución y en la ortografía de su impreso. ¿Ves una errata o conoces una fuente mejor? Escríbenos desde Sobre la casa.