Près de la crèche où l’homme vient au monde,
Pour se traîner vers le mal ou le bien,
Satan envoie un ange au cœur immonde,
Et l’Éternel place un ange gardien ;
Alors que l’un, guidé par la colère,
Sur l’innocent fait peser un fléau,
L’autre soudain, de l’enfant au berceau,
Porte les cris droit au cœur d’une mère.
.mw-parser-output .ws-mpom-strophe{display:inline-block;page-break-inside:avoid;break-inside:avoid}Dans sa bonté le divin Créateur
A mis un baume auprès d’une douleur.
Mais bientôt l’homme aborde le théâtre
Où s’accomplit le drame de ses jours,
Aux durs labeurs son bras opiniâtre
Arrache à peine un passager secours.
Quand sous le faix des travaux mercenaires,
L’ange du mal le tourmente et l’abat,
L’ange du bien couronne son grabat
De frais pavots et de douces chimères.
Dans sa bonté, le divin Créateur
A mis un baume auprès d’une douleur.
Quand l’âge vient frapper à sa demeure,
L’Enfer sourit aux maux qu’il sait aigrir ;
À son chevet l’Ange fait accourir
L’enfant qui rit et l’amitié qui pleure.