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PoetósferaLa BibliotecaCharles Auguste de La Fare

Charles Auguste de La Fare · Ilustración

Lettre du marquis de La Fare, l’abbé Courtin, et M. Rousseau, de Neuilli, en 1707

francés

Du bord paisible où la Seine

Lasse du bruit de Paris,

Ses ondes lentes promene

Dans des prés verds & fleuris ;

De ces lieux que tu chéris,

Que de la docte Neuvaine

Fréquentent les favoris,

Et qui des fruits de ta veine

Reçoivent un nouveau prix,

Cher Abbé, je t’avertis

Que les figues par douzaine,

Les melons les plus exquis

Vont rafraîchir ma bedaine ;

Et qu’ainsi le temps préfix

Auquel doit finir la peine

Où ton absence m’a mis,

Étant expiré du dix,

Je compte que la semaine

Mettra fin à mes ennuis.

C’en est assez d’une haleine ;

Courtin prend la plume, & puis

Rousseau fermera la scene.

* * *

Entre deux fameux Poëtes,

Tels que la Fare & Rousseau,

Faut-il mêler les sornettes

Qui partent de mon cerveau,

Et qu’au nombre des cadettes

Ma Muse encor au berceau,

S’ose mettre de niveau

Pour vous chanter vos goguettes ?

Ma foi vivent les Sonnings,

À la Ville, à la Campagne,

Où les plaisirs, les bons vins,

Le Morachet, le Champagne,

Tour à tour dans leurs festins,

Cher Abbé, les accompagne ;

Et même ces Dieux badins

Dont tu connois bien la Mere,

Et que jusqu’en ses confins

Bouillon mene de Cythere ;

N’est-ce pas t’en dire assez ?

Que si tu veux davantage

De ces Vers entrelassés,

Rousseau va finir l’Ouvrage.

* * *

Tant qu’a duré l’influence

D’un Astre propice & doux ;

J’ai senti de ton absence

Plus d’ennui que de courroux.

Je disois : je lui pardonne

De préférer les beautés

De Palès & de Pomone

Au tumulte des Cités.

Ainsi l’Amant de Glycere

Épris d’un repos obscur,

Cherchoit l’ombre solitaire

Des rivages de Tibur.

Mais, aujourd’hui qu’en nos plaines

Le chien brûlant de Procris

De Flore aux douces haleines

Desseche les dons chéris :

Veux-tu d’un astre perfide

Risquer les âpres chaleurs,

Et dans ton jardin aride

Sécher ainsi que tes fleurs ?

Crois-moi ; suis le doux exemple

De tes amis Casaniers,

Er reviens chercher au Temple

L’ombre de tes marronniers.

La nous trouverons sans peine

Avec toi le verre en main,

Cet homme que Diogene

Chercha si long-temps envain ;

Et dans la douce allégresse

Dont tu sais nous abreuver,

Nous puiserons la sagesse,

Qu’il cherchoit, sans la trouver.

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Por su autor
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La Biblioteca

Réponse du marquis de La Fare, à l’abbé de Chaulieu, en 1701 →

Expediente

Autor
Charles Auguste de La Fare
Título
Lettre du marquis de La Fare, l’abbé Courtin, et M. Rousseau, de Neuilli, en 1707
Lengua
francés
Época
Ilustración
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-lettre-du-marquis-de-la-fare-labbe-courtin-et-m--charles-auguste-de-la-fare-8072f7
Cita recomendada
Charles Auguste de La Fare, «Lettre du marquis de La Fare, l’abbé Courtin, et M. Rousseau, de Neuilli, en 1707», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-lettre-du-marquis-de-la-fare-labbe-courtin-et-m--charles-auguste-de-la-fare-8072f7.html

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