Un jour à la Croix-Rouge,
Nous étions dix à douze,
Tous pègres de renom[xⅶ 1] ;
Nous attendions la sorgue[xⅶ 2]
Voulant poisser des bogues[xⅶ 3]
Pour faire du billon[xⅶ 4].
Partage ou non partage.
Tout est à notre usage.
N'épargnons le poitou[xⅷ-1 1];
Poissons avec adresse[xⅷ-1 2]
Mézières et gonzesses[xⅷ-1 3]
Sans faire de regout[xⅷ-1 4].
Dessus le pont au Change
Certain agent de change
Se criblait au charon[xⅷ-2 1],
J'engantais sa tocquante[xⅷ-2 2],
Ses attaches brillantes[xⅷ-2 3]
Avec ses billemonts[xⅷ-2 4].
Quand douze plombes crossent[xⅷ-3 1],
Les pègres[xⅷ-3 2] s'en retournent
Au tapis de Montron[xⅷ-3 3].
Montron ouvres ta lourde[xⅷ-3 4],
Si tu veux que j’aboule[xⅷ-3 5]
Et pionce en ton bocson[xⅷ-3 6].
Montron drogue à sa largue[xⅸ-1 1],
Bonnis-moi donc girofle[xⅸ-1 2]
Qui sont ces pègres-là[xⅸ-1 3]?
Des grinchisseurs de bogues[xⅸ-1 4],
Esquinteurs de boutogues[xⅸ-1 5].
Les connobres-tu pas[xⅸ-1 6]?
Eh vite, ma culbute[xⅸ-2 1],
Quand je vois mon affure[xⅸ-2 2]
Je suis toujours paré[xⅸ-2 3].
Du plus grand cœur du monde
Je vais à la profonde[xⅸ-2 4]
Pour vous chercher du frais.
Mais bientôt la patraque[ⅹⅹ-1 1],
Au clair de la moucharde[ⅹⅹ-1 2],
Nous reluque de loin[ⅹⅹ-1 3].
L’aventure est étrange !
C’était l’agent de change
Que suivaient les roussins[ⅹⅹ-1 4].
Bien des fois on rigolle[ⅹⅹ-2 1],
Ou bien l’on pavillon lie[ⅹⅹ-2 2],
Qu’on devrait lansquiner[ⅹⅹ-2 3],
Railles, griviers et cognes[ⅹⅹ-2 4],
Nous ont pour la cigogne[ⅹⅹ-2 5]
En partie tous paumés[ⅹⅹ-2 6].
Sans paffes, sans lime, plein de crotte[ⅹⅺ-1 1],
Aussi rupin qu’un plongeur[ⅹⅺ-1 2],
Un soir un gouèpeur en ribotte
Tombe en frime avec un voleur[ⅹⅺ-1 3].
Eh bien ! lui dit-il d’un ton aigre,
Paie-tu le canon de rigueur ?
— Un canon, lui répond le pègre,
Fais-toi voleur. (bis.)
Comme moi gagne de la pièce[ⅹⅻ-1 1],
Tu pourras picter[ⅹⅻ-1 2] des canons,
Et sans aller fumer sans cesse
Te lâcher le fin rigaudon.
Ne crains pas le pré[ⅹⅻ-1 3], que je brave,
Car de la bride[ⅹⅻ-1 4] je n’ai pas peur ;
Dans une tôle[ⅹⅻ-1 5] enquille[ⅹⅻ-1 6] en brave,
Fais-toi voleur. (bis.)
Quoi ! tu voudrais que je grinchasse
Sans tracquer[ⅹⅻ-2 1] de tomber au plan[ⅹⅻ-2 2],
J’ doute qu’à grinchir on s’enrichisse,
J’aime mieux gouèper, c’est du flan[ⅹⅻ-2 3].
Viens donc remoucher nos domaines,
De nos fours goûter la chaleur[ⅹⅻ-2 4];
Crois-moi, balance tes halènes[ⅹⅻ-2 5],
Fais-toi gouèpeur. (bis.).
Moi, je suis toujours de la fête[ⅹⅹⅲ-1 1],
J’ai toujours bogue et bon radin[ⅹⅹⅲ-1 2],
Partout je puis lever la tête,
En manteau je m’lâche du jardin ;
Souvent, dans ma prout, si je tracque,
Si j’éprouve quelque malheur, ·
Je me console avec ma largue,
Fais-toi voleur. (bis.)
D’être pègre tu te fais gloire,
Mais tu ne sais donc pas, hélas !
Qu’au pré finira ton histoire,
Et que là l’on n’y fait plus pallas[ⅹⅹⅲ-2 1].
Content de sorguer[ⅹⅹⅲ-2 2] sur la dure,
Va, de la bride je n’ai pas peur.
Ta destinée est trop peu sûre,
Fais-toi gouèpeur. (bis.)
Quand marquent dix plombes sans crosse
Je raplique au flacus[ⅹⅹⅲ-2 3] qui m’attend.
Et moi, à petites journées[ⅹⅹⅳ-1 1],
Chez Dufour je rabats à l’instant.
Du grand prévôt j’crains la chicane,
Adieu, pègre ; adieu, du bonheur !
Va, crois-moi, balance ta canne[ⅹⅹⅳ-2 1],
Fais-toi voleur. (bis.)
C’est dans la rue du Mail
Où j’ai été coltigé[ⅹⅹⅴ-1 2],
Maluré,
Et trois coquins de railles[ⅹⅹⅴ-1 3],
Lirlonfa malurette,
Sur mésigue ont foncé[ⅹⅹⅴ-1 4],
Lirlonfa maluré.
Sur mésigue ont foncé,
Maluré,
ils m’ont mis la tortouse[ⅹⅹⅴ-2 1],
Lirlonfa malurette,
Grand Meudon est aboulé[ⅹⅹⅴ-2 2],
Lirlonfa maluré.
Ma largue j’entiflerai[ⅹⅹⅷ-1 1],
Lirlonfa maluré.
J’li ferai porter fontange,
Lirlonfa malurette,
Et souliers galuchés[ⅹⅹⅷ-1 2].
Lirlonfa maluré.
Et souliers galuchés,
Maluré.
Mais grand dabe qui s’fâche[ⅹⅹⅷ-2 1],
Lirlonfa malurette,
Dit : par mon caloquet[ⅹⅹⅷ-2 2],
Lirlonfa maluré ;
J’ly ferai danser une danse,
Lirlonfa malurette,
Où il n’y a pas de plancher[ⅹⅹⅷ-2 3].
Lirlonfa maluré.
J’ai roulé de vergne en vergne[ⅹⅹⅸ-1 1]
Pour apprendre à goupiner[ⅹⅹⅸ-1 2],
J’ai rencontré Marcandière[ⅹⅹⅸ-1 3],
Lonfa malura dondaine,
Qui du pivois solisait[ⅹⅹⅸ-1 4],
Lonfa malura dondé.
J’ai rencontré marcandière
Qui du pivois solisait,
Je lui jaspine en bigorne[ⅹⅹⅸ-2 1],
Lonfa malura dondaine,
Nas-tu rien à morfiller[ⅹⅹⅸ-2 2],
Lonfa malura dondé.
Je lui jaspine en bigorne :
Nas-tu rien à morfiller ?
J’ai du bon pivois sans lance[ⅹⅹⅹ-1 1],
Lonfa malura dondaine,
Et du larton savonné[ⅹⅹⅹ-1 2],
Lonfa malura dondé.
J’ai du bon pivois sans lance
Et du larton savonné,
Une lourde, une tournante[ⅹⅹⅹ-2 1],
Lonfa malura dondaine,
Un tremblant pour rivancher[ⅹⅹⅹ-2 2],
Lonfa malura dondé.
J’enquille dans la cambriolle[ⅹⅹⅹ-3 1],
Un couillé j’ai remouché[ⅹⅹⅹ-3 2];
Je remouche au coin du rifle[ⅹⅹⅹ-3 3],
Lonfa malura dondaine,
Un sinve qui roupillait[ⅹⅹⅹ-3 4],
Lonfa malura dondé.
Je remouche au coin du rifle
Un sinve qui roupillait,
J’ai sondé dans ses profondes[ⅹⅹⅺ-1 1],
Lonfa malura dondaine,
Son auber j’ai enganté[ⅹⅹⅺ-1 2],
Lonfa malura dondé.
J’ai sondé dans ses profondes,
Son auber j’ai enganté,
Son auber et sa tocquante[ⅹⅹⅺ-2 1],
Lonfa malura dondaine,
Et ses attaches de cé[ⅹⅹⅺ-2 2],
Lonfa malura dondé.
Son auber et sa tocquante,
Et ses attaches de cé,
Ses tirans et sa montante[ⅹⅹⅺ-3 1],
Lonfa malura dondaine,
Et son combre galuché[ⅹⅹⅺ-3 2],
Lonfa malura dondé.
Ses tirans et sa montante,
Et son combre galuché,
Son frusque, aussi sa lisette[ⅹⅹⅻ-1 1],
Lonfa malura dondaine,
Et puis j’ai défouraillé[ⅹⅹⅻ-1 2],
Lonfa malura dondé.
Son frusque, aussi sa lisette,
Et puis j’ai défouraillé ;
Farre, farre, la marcandière[ⅹⅹⅻ-2 1].
Lonfa malura dondaine,
Car nous serions béquillés[ⅹⅹⅻ-2 2],
Lonfa malura dondé.
Farre, farre, la marcandière,
Car nous serions béquillés,
Sur la placarde au quart-d’œil[ⅹⅹⅻ-3 1],
Lonfa malura dondaine,
Rigaudons faut gambiller[ⅹⅹⅻ-3 2],
Lonfa malura dondé.
Sur la placarde au quart-d’œil,
Rigaudons faut gambiller,
Allumés de toutes ces largues[ⅹⅹⅹⅲ-1 1],
Lonfa malura dondaine,
Et de ces petits couillés[ⅹⅹⅹⅲ-1 2],
Lonfa malura dondé.
Allumés de toutes ces largues
Et de ces petits couillés,
Et de ces charlots bons drilles[ⅹⅹⅹⅲ-2 1]
Lonfa malura dondaine,
Qui viennent y goupiner[ⅹⅹⅹⅲ-2 2],
Lonfa malura dondé.
Un seul sentiment t’animera,
Celui de grinchir gourdement[ⅹⅹⅹⅳ-1 1].
Jorne et sorgue tu poisseras[ⅹⅹⅹⅳ-2 1]
Boucart et baïte chenument[ⅹⅹⅹⅳ-2 2].
Le morceau tu ne mangeras[ⅹⅹⅹⅴ-1 1]
De crainte de tomber au plan[ⅹⅹⅹⅴ-1 2].
Chenâtre fourgat litreras[ⅹⅹⅹⅴ-2 1]
Afin de solir sûrement[ⅹⅹⅹⅴ-2 2].
Du grand pré tu te cramperas[ⅹⅹⅹⅴ-3 1]
Pour rabattre à Pantin lestement[ⅹⅹⅹⅴ-3 2].
Cambriolle tu maquilleras[ⅹⅹⅹⅴ-4 1]
Par carouble et esquintement[ⅹⅹⅹⅴ-4 2].
La raille, maron, te serviras[ⅹⅹⅹⅵ-1 1]
Pour un deuxième gerbement[ⅹⅹⅹⅵ-1 2].
Dans le nez toujours tu auras[ⅹⅹⅹⅵ-2 1]
Macarons et cabestans[ⅹⅹⅹⅵ-2 2].
Pour grinchir tu préféreras[ⅹⅹⅹⅵ-3 1]
Les fêtes aux turbinemens[ⅹⅹⅹⅵ-3 2].
Jamais tu ne rengracieras[ⅹⅹⅹⅵ-4 1],
Plutot caner en goupinant[ⅹⅹⅹⅵ-4 2].
Les fêtes tu t’empoiveras[ⅹⅹⅹⅶ-1 1]
Avec ta largue au tapis franc[ⅹⅹⅹⅶ-1 2].
Les dimanches tu grincheras[ⅹⅹⅹⅶ-2 1]
Dans les toles bogues et ployans[ⅹⅹⅹⅶ-2 2].
Paumé, point tu ne mangeras[ⅹⅹⅹⅶ-3 1]
Dans le taffe du gerbement[ⅹⅹⅹⅶ-3 2].
Mercure seul tu adoreras
Comme dabe de l’entrollement[ⅹⅹⅹⅷ-1 1].
En bachasse tu pegrenneras[ⅹⅹⅹⅷ-2 1].
Jusqu’au jorne du décarement[ⅹⅹⅹⅷ-2 2].
Tous les reluits tu poisseras[ⅹⅹⅹⅷ-3 1]
Pour vivre et picter chenument[ⅹⅹⅹⅷ-3 2].
Je suis ce fameux argotier,
Le grand Coësré de ces mions[ⅼⅳ-2 1].
J’enterve truche et doubler[ⅼⅳ-2 2],
Dedans les boules et frimions[ⅼⅳ-2 3].
Qui veut rouscailler[ⅼⅳ-3 1]
D’un appelé du grand Coësré,
Dabusche[ⅼⅳ-3 2] des argotiers,
Et des trucheurs[ⅼⅳ-3 3] le grand maître,
Et aussi de tous ses vassaux.
Vive les enfans de la truche[ⅼⅳ-3 4],
Vive les enfans de l’argot.
Premièrement les cagoux[ⅼⅳ-4 1]
Sont ainsi comme les princes,
Et sont honorés de tous ;
Les trucheurs[ⅼⅳ-4 2] de leurs provinces,
Comme aussi les archi-suppots[ⅼⅳ-4 3].
Vive les enfans de la truche,
Vive les enfans de l’argot.
Les drilles ou les narquois[ⅼⅴ-1 1]
En revenant de la grive[ⅼⅴ-1 2],
En trimardant[ⅼⅴ-1 3] quelquefois,
Basourdissent les ornies
On quelque chenastre castros[ⅼⅴ-1 4].
Vive les enfans de la truche,
Vive les enfans de l’argot.
Puis aussi les orphelins[ⅼⅴ-2 1]
Trouvant des picouses fleuries[ⅼⅴ-2 2],
Entrollent souvent des misquins,
Ou quelques limes jolies[ⅼⅴ-2 3],
Pour attraper quelque rabat[ⅼⅴ-2 4].
Vive les enfans de la truche,
Vive les enfans de l’argot.
Suivent après les malingreux[ⅼⅵ-1 1]
En les rifodés[ⅼⅵ-1 2] qui truchent,
Les marcandiers[ⅼⅵ-1 3] avec eux,
Et ont chacun une lucque[ⅼⅵ-1 4],
Ce qui leur est d’un grand rapport.
Vive les enfans de la truche,
Vive les enfans de l’argot.
Les hubins, les coquillards[ⅼⅵ-2 1],
Et sabouleux[ⅼⅵ-2 2] triment ensembles,
Mais ces coquins de millards[ⅼⅵ-2 3]
Ne veulent suivre la bande,
Aimant mieux basourdir les gaux[ⅼⅵ-2 4].
Vivent les enfans de la truche,
Vivent les enfans de l’argot.
Reste encore les chappons
Et les francs mitoux qui tremblent[ⅼⅶ-1 1],
Les piètres et les polissons[ⅼⅶ-1 2],
Et les courtaud de Boutanche[ⅼⅶ-1 3],
Les convertis et les callots[ⅼⅶ-1 4].
Vivent les enfans de la truche,
Vivent les enfans de l’argot.
Leurs plus cruels ennemis
Qui les mettent en grande peine,
Leur font happer le taillis[ⅼⅶ-2 1],
Ambyer à perdre haleine ;
Ce sont les sacres et les rouaulx[ⅼⅶ-2 2].
Vivent les enfans de la truche,
Vivent les enfans de l’argot.
Le grand haure[ⅼⅷ-1 1] il faut prier
Qu’il conserve tous ses pauvres,
Qui les voudrait offenser
Que le glier[ⅼⅷ-1 2] les entrolle ;
Ceux qui troubleront leur repos.
Vivant les enfans de la truche,
Vivent les enfans de l’argot.
Rupins et rupines[ⅼⅷ-2 1],
Marpauts et marquises[ⅼⅷ-2 2],
Rupins et rupines,
Marpauts et marquises,
Et les marques et les mions[ⅼⅷ-2 3]
Entervez une chanson
De ces enfans de la truche,
Qui sont chenastres mions[ⅼⅷ-2 4].
Pour raconter l’ordre
Rouscaillons bigorne,
Pour raconter l’ordre
Rouscaillons bigorne,
Qui enterve le saura,
A part sezière en rira,
Mais les rupins de la vergne
Ne sont dignes de cela.
Les premiers en liste
Sont appelés drilles,
Les premiers en liste
Sont appelés drilles,
Qui truchent aux entifflés
La flambe[ⅼⅸ-1 1] dessous le bras,
Battant en ruine haut et bas,
Par tous les creux de ces vergues[ⅼⅸ-1 2]
Et dessus les grands trimards[ⅼⅸ-1 3].
Les marcandiers marchent
Aux côtés de la hane,
Les marcandiers marchent
Aux côtés de la hane,
Rupins veuillez ficher
A ces pauvres marcandiers,
Qui ont grand forest de piolle,
Ont été dévalisés.
Les millards ensuivent
Qui ont des ponifles,
Les millards ensuivent
Qui ont des ponifles,
Sur l’andosse qui font trotter,
L’empave pour leur peausier.
Qui, étendu sur la fertille,
S’en vont dessus roupiller.
Aussi les malingreux
Qui font triste mine,
Aussi les malingreux
Qui font triste mine,
Appuyés sur un bâton
Vont demandant du michon ;
Mais quand ils sont dans les piolles
Ils morfient bien l’ornichon.
Mais, oh ! quelle angoisse.
C’est quand le gris boisse[ⅼⅺ-1 1],
Mais, oh ! quelle angoisse,
C’est quand le gris boisse,
Pour les piètres et les capons,
Et les pauvres polissons,
Qui n’ont point frusquins vaille[ⅼⅺ-1 2]
Pour mieux attrimer le rond[ⅼⅺ-1 3].
Puis ceux du doublage,
Les casseurs de hane[ⅼⅺ-2 1],
Puis ceux du doublage,
Les casseurs de hane,
Faisaient les meilleurs butins,
Si ce n’étaient les rouins
Qui leur fait ficher le tappe[ⅼⅺ-2 2],
Quand à quelqu’un ils ont prins.
Puisque l’angluche[ⅼⅻ-1 1], qui estoit égaré,
Contraint par la faim a esté attrimé[ⅼⅻ-1 2],
Il entre du repos et plus de grive en France,
Il faudra des ornies pour trainer la potence.
Sus donc, frères argotiers, selon notre musique
Faut chanter gourdement au haure ce cantique ;
Honorons son saint nom qui a béni les armes.
Commencez rastichons, rupins et marcandiers,
Sabouleurs, vignerons, et tous les argotiers,
Entremellez vos chants, ne faisant qu’une langue,
Afin de rouscailler la divine louange.
O chenastre Seigneur ! qui, d’une forte louche,
A fait humilier cette vergne farouche
Dessous les paturons du dabusche Louis,
T’aquigeant triompha dessus ses ennemis,
Nouzailles t’en rendons mille grâces immortelles,
Et à tezière soit gloire sempiternelle.
Que le ciel et la dure, les sabris, et campagnes,
Les cavernes, rochers, et superbes montagnes,
Te bénissent à jamais, accordant leur silence,
Oy le sont de nos vœux pour grande réjouissance ;
En le priant aussi de toujours conserver
La noble fleur de lys, et de vouloir foncer,
Pour comble de bonheur et bénédictions,
A son oint bien aimé de beaux petits mions ;
Et généralement le prions pour les princes
Et chenastres pharos[ⅼⅻ-1 3] des vergnes de province ;
Et ceux qu’on a cosni, basourdy à la grive,
Qu’à tezière seigneur gloire éternelle vive :
A parouart le grand maistre gaubie
Qu’a collez sont dupes et noircis,
Et par les anges suivant la sacherie,
Sont empouez et greffis cinq ou six.
Là, sont beflures ou plus haulx assis,
Pour louagir et bien haulx mis au vent.
Eschequz moy tost ces coffres massifs,
Car vendangeurs des ances circoncis,
S’en brouent du tout à néant,
Eschec, eschec, pour le fardis.
Brouëz moy sur ces gros passans,
Rebignez moy bien tost le blanc,
Et pictonnez au large sur les tirans,
Qu’a mariage ne soyez sur le blanc,
Puis qu’ung sac n’est de pasture blanc,
Si grupez estes des carieux
Rebignez moy ces entreveux,
Et leur monstrez le prois le bis,
Qu’en clouez ne soient deux à deux.
Eschec, eschec, pour le fardis.
Plantez aux hurmes vos picens,
De paour des pisans si très-durs,
Et aussi d’être sur les joncz,
Emmanchez en coffre et gros murs,
Escarissez, ne soyez point durs,
Que le grant can ne vous face essorer,
Songears ne soient pour dorer,
Et rebignez tous jours aux ys,
Des sires pour les desboufer.
Eschec, eschec, pour le fardis.
Prince roart dis arques petits,
L’ung des sires si ne soit endormis,
Levez au bec que ne soyez greffis,
Et que vos emps n’en ayent du pis.
Eschec, eschec, pour le fardis.
Spelicans.
Qui en tous temps,
Avancez dedans les pougeois.
Gourde piarde,
Et sur la tarde,
Debousez les povres niais,
Et pour soustenir voz pois.
Les dupes sont privez de faire
Sans faire haire,
Ne hault braire,
Mais plantez y sont comme joncz
Pour les sises qui sont si longs.
Souvent aux arques
A leurs marques,
Se laissent tous debouser
Pour ruer,
Et enterver,
Pour leur conte que lors font,
La face, la arques vous respond :
Et rue deux coups ou troys
Aux gallois,
Deux ou trois
Mineront trestout au sons,
Pour les sires qui sont si longs.
Et pour ce bernardz
Coquillars
Rebequez-vous de la montjoye,
Qui desvoye
Vostre proye,
Et vous fera du tout brouer,
Pour joncher
Et enterver.
Qui est aux pignons bien cher
Pour rifller,
Et placquer,
Les angles du mal tous ronds
Pour les sises qui sont si longs.
De peur des hurmes
Et des grumes,
Rassurez vous en droguerie,
Et faeric.
Et ne soyez plus sur les joncz
Pour les sires qui sont si longs.