CADA PIEZA VIVE EN UNA DIRECCIÓN · NADA VIVE EN UNA SOLA SALA  

PoetósferaLa BibliotecaGabriel Monavon

Gabriel Monavon · Modernismo

Les Deux Voix (Monavon)

francés

Aux jours de mon enfance, il m’en souvient, l’été,

Cherchant des bois touffus l’ombre et la volupté,

Souvent j’allais m’asseoir au bord d’une fontaine,

Qui, limpide et fuyant d’une course incertaine,

Sous un abri formé par des berceaux épais,

Semblait s’environner de mystère et de paix.

Et là, le front penché sur ma main qui l’appuie,

Comme un lys que l’aurore a courbé sous sa pluie,

Laissant flotter mes yeux sur le cristal dormant,

Écoutant des rameaux le bruit vague et charmant,

J’effeuillais ma pensée en mille rêveries,

Et, suspendant mon âme à ces ondes chéries,

Je voyais tour-à-tour, sur les flots embaumés,

Passer en souriant mes beaux songes aimés…

Heures d’insouciance ! heures de paix profonde !

Ah ! j’ignorais alors que fuyant comme l’onde,

Le temps sait nous ravir, hélas et sans retour,

Ces fleurs de nos matins, la candeur et l’amour !

Tandis que savourant ces molles quiétudes,

Livrant mon âme vierge aux vents des solitudes,

Je me laissais ainsi bercer par le courant

Des rêves enchantés et du flot murmurant,

Souvent il me semblait distinguer, ô merveille !

Deux voix qui tour-à-tour caressaient mon oreille,

Et dont le charme tendre ou l’ascendant vainqueur

Tour à tour pénétrait ou subjuguait mon cœur.

....................

La première était pure, et suave, et plus douce

Que la brise du soir frissonnant dans la mousse ;

La seconde était noble et fière, et ses accents

Comme un chant de victoire électrisaient mes sens,

Et, réveillant en moi des transports pleins de flamme,

Faisaient, ainsi qu’un luth, vibrer toute mon âme.

C’étaient tantôt des sons immenses, glorieux,

Et tantôt des accords furtifs, mystérieux

Comme un soupir tombé de la bouche d’un ange.

Voilà de ses deux voix le dialogue étrange :

PREMIÈRE VOIX

PREMIÈRE VOIX

DEUXIÈME VOIX

DEUXIÈME VOIX

Ainsi chantaient ces voix, et moi naïf encor

Je me laissais bercer à cet étrange accord…

Mais bien souvent depuis, sur mon âme oppressée,

J’ai senti le fardeau d’une haute pensée,

Et la nuit et le jour des rêves merveilleux,

Fantômes séducteurs, ont ébloui mes yeux.

Gabriel Monavon.

Sigue explorando

Por su autor
Gabriel Monavon · 49 piezas más en la casa
Dónde vive
La Biblioteca

← Les Cordes de la lyreLes seins →

Expediente

Autor
Gabriel Monavon
Título
Les Deux Voix (Monavon)
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-les-deux-voix-monavon--gabriel-monavon-a5a051
Cita recomendada
Gabriel Monavon, «Les Deux Voix (Monavon)», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-les-deux-voix-monavon--gabriel-monavon-a5a051.html

Las obras de dominio público se reproducen íntegras, con atribución y en la ortografía de su impreso. ¿Ves una errata o conoces una fuente mejor? Escríbenos desde Sobre la casa.