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Gabriel Monavon · Modernismo

Le Sentier (Monavon)

francés

Sentier charmant et solitaire,

Où chaque jour, d’un pas rêveur,

Je viens chercher avec mystère

Des mots pour la langue du cœur,

Que j’aime ta verte parure,

Ton silence, ô mon frais sentier !

Et ta printanière ceinture

Que brode la fleur d’églantier !

À côté de toi, dans la mousse,

Coule en paix un humble ruisseau

Dont l’onde murmurante et douce

Chante avec la feuille et l’oiseau.

Sous tes riants voiles d’ombrage,

L’air circule plus parfumé,

Et semble imprégné davantage

De la pure haleine de mai.

Plus belle est pour moi la nature,

Quand je la vois en écartant

Son mouvant rideau de verdure

Qui, sur mon front, tombe flottant ;

Et lorsque errant sous le feuillage,

J’écoute le petit oiseau,

Qui chaque jour, à mon passage,

Me salue en un chant nouveau…

Oh ! quelles ravissantes choses,

Oh ! quel charme intime et vainqueur,

Ta fraîcheur, ton onde et tes roses,

Me versent à flots dans le cœur !

Que de fois bercé par des songes

Au reflet brillant et doré,

Discret sentier ! leurs doux mensonges,

Sous tes berceaux m’ont enivré !

Que de fois, — gracieux fantômes,

Souriantes illusions, —

J’ai vu, devant moi, sous tes dômes,

Passer de blanches visions !

Mon cœur épris de rêveries,

Suit mieux, sous ton doux clair-obscur,

L’essor de leurs ailes chéries,

Leur sillon de rose et d’azur…

L’enchantement qui se respire

Dans ton parcours délicieux,

Entr’ouvrant ma lèvre au sourire,

Fait poindre une larme en mes yeux.

Avec des élans de tendresse,

Avec des soupirs de regrets

Mon âme rappelle l’ivresse

De ses souvenirs les plus frais,

De ses heures les plus légères,

De ses plus amoureux printemps,

De ses plus aimables chimères,

De ses espoirs les plus constants…

Et la Muse à mes vœux propice,

Perdue en tes méandres verts,

Sous mes pas sème avec délice

Des bouquets de fleurs et de vers !…

Sentier qui me vois solitaire

Revenir ainsi chaque jour,

Sentier créé pour le mystère,

Pour la poésie et l’amour.

Ô mon sentier de confidence,

Que ton ombrage bien-aimé

Garde toujours la souvenance

Des rêves d’or qui m’ont charmé !

Ô sentier, doux sentier que j’aime,

Plein d’ombre et de riants détours,

Puisses-tu demeurer l’emblème

Du chemin que suivront mes jours !…

Ah ! comme toi, puisse ma vie

Être paisible et sans écueil,

Et, par une trace fleurie,

Conduire mes pas au cercueil !

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Por su autor
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Expediente

Autor
Gabriel Monavon
Título
Le Sentier (Monavon)
Lengua
francés
Época
Modernismo
Sala
La Biblioteca
Identificador
ws-fr-le-sentier-monavon--gabriel-monavon-328ea7
Cita recomendada
Gabriel Monavon, «Le Sentier (Monavon)», Poetósfera, poetosfera.com/p/ws-fr-le-sentier-monavon--gabriel-monavon-328ea7.html

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